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Cinema- - Entre Parenthèses

Filmez-le avec des fleurs

Alors que le printemps fleurit et que les arbres bourgeonnent dans les monts et vallées, le langage des fleurs s'étiole. Pratique romantique, utilisée dans l'Empire ottoman, importée en Occident au XVIe siècle, mais qui devra attendre le XIXe siècle pour être un langage romantique. « Dites-le avec des fleurs » tend aujourd'hui à disparaître.
Les fleurs qui symbolisent dans le monde entier la jeunesse, la joie de vivre et la victoire (provisoire) de la vie sur la mort n'ont cependant pas eu, selon les civilisations, la même importance ni la même symbolique. Tandis que pour les chrétiens, le floral représente ce qui est agréable à Dieu, la joie simple devant la nature et le caractère éphémère de la beauté terrestre, il représente dans la civilisation aztèque les attributs de la déesse de la fécondité et de la sexualité, et ceux du dieu appelé « Prince des fleurs » ou gardien divin du « rêve fleuri ». La fleur est le symbole divinatoire par excellence.
De nos jours, donc, les fleurs sont toujours aussi appréciées pour leur beauté et leur parfum, mais c'est le langage des fleurs qui a été rejeté aux oubliettes. Nostalgie du romantisme ? Les titres des films continuent par contre à emprunter aux fleurs leurs noms et leur forte symbolique. Fanfan la Tulipe, La Tulipe noire, Le Dahlia noir, mais aussi Belle de jour, Magnolia, La Rose pourpre du Caire ou Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran. Autant d'arômes et de senteurs désuètes qui se dégagent de ces bouquets.

Outre les essences, il y a le sens que charrie le nom de chaque fleur.
Ainsi, Magnolia, de Paul Thomas Anderson, parlerait, tout comme la fleur du magnolia, de la fierté dans l'amour, alors que La Tulipe noire, de Christian-Jacque (1964), mettant en scène Alain Delon, ou Fanfan la Tulipe, du même réalisateur - mais une décennie plus tôt et avec Gérard Philippe - évoqueraient le caprice (ainsi que les voltiges) du feu ardent. Quant au Dahlia noir (2006), polar sombre de Brian de Palma, il pourrait suggérer la tendresse que cette fleur, qui n'est pourtant pas noire, retient dans ses pétales.
La légende de l'amour qui lutte contre l'inéluctabilité de la mort est parfaitement traduite dans La Vallée des fleurs du cinéaste indien Nalin Pan (2007), alors que Belle de jour (1967) de Buñuel aborde avec pudeur des interrogations sur le bien et le mal, sur la recherche ambiguë du plaisir masochiste et sur le conflit entre le plus tendre amour et l'exigence implacable des sens.
C'est grâce à La Rose pourpre du Caire (1985), signé Woody Allen, que l'actrice Mia Farrow sort de sa monotonie quotidienne. Comme quoi, les fleurs ça fait des miracles. Mais elles sont aussi cause de dissensions. Qui se souvient de cette Guerre des Rose, campée à l'époque par deux fougueux caractères du cinéma, Michael Douglas et Kathleen Turner, et qui, tout en évoquant la fleur, faisait en fait allusion au nom de famille du couple ?
Si donc le langage fleuri a disparu au quotidien, il demeure bien « vivace » et ses corolles continuent à s'épanouir à l'écran. 
Alors que le printemps fleurit et que les arbres bourgeonnent dans les monts et vallées, le langage des fleurs s'étiole. Pratique romantique, utilisée dans l'Empire ottoman, importée en Occident au XVIe siècle, mais qui devra attendre le XIXe siècle pour être un langage romantique. « Dites-le avec des fleurs » tend aujourd'hui à disparaître. Les fleurs qui symbolisent dans le monde entier la jeunesse, la joie de vivre et la victoire (provisoire) de la vie sur la mort n'ont cependant pas eu, selon les civilisations, la même importance ni la même symbolique. Tandis que pour les chrétiens, le floral représente ce qui est agréable à Dieu, la joie simple devant la nature et le caractère...
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