« Le scrutin au Metn a été caractérisé par de grosses failles, en particulier le déséquilibre clair dans les urnes de Bourj Hammoud », a-t-il dit.
« Au cours de la semaine qui a précédé le vote, la situation électorale montrait que la liste du "Salut du Metn" était en passe de l'emporter dans sa totalité ou presque, et cela à partir des positions clairement exprimées sur le littoral, dans la montagne et dans toutes les localités du Metn. Que s'est-il donc passé le jour des élections pour que les résultats s'inversent de cette manière ? » s'est-il interrogé.
Selon lui, la réponse se trouve dans le gonflement qu'il considère anormal du total des voix arméniennes dans la circonscription. Il a ainsi rappelé que lors de l'élection partielle de 2007, le vote arménien à Bourj Hammoud et ailleurs avait atteint au total 9 200 voix, 7 366 au candidat du CPL, Camille Khoury, et 1 834 à l'ancien président Amine Gemayel.
Sachant que le nombre total des inscrits arméniens au Metn est de 32 341, le pourcentage de votants de cette communauté était donc à l'époque de l'ordre de 28 %. Sachant aussi que le Tachnag avait mobilisé en ce temps toutes ses forces pour soutenir Camille Khoury et que lors des consultations précédentes, le vote arménien n'avait jamais dépassé le taux de 28 % des inscrits, il aurait donc fallu que le total des voix arméniennes en 2009 se monte à près de 9 300 voix, en tenant compte des 500 inscrits supplémentaires entre 2007 et 2009, a expliqué M. Murr.
Or, a-t-il ajouté, sur la base des déclarations du député Tachnag Hagop Pakradounian, le total des voix arméniennes s'est monté cette fois-ci à 13 700, c'est-à-dire quelque 4 400 de plus que prévu.
Pour M. Murr, la question qui se pose est de savoir d'où sont venues ces voix et avec quels documents le vote a pu avoir lieu. « S'agit-il des cartes d'identité falsifiées dont le dossier a été transmis par le ministre de l'Intérieur à la justice ou bien l'opération est-elle le fait d'électeurs ayant eu les moyens de tricher sur leur identité? » a-t-il demandé.
« Si l'on soustrait ces 4 400 voix douteuses des résultats définitifs et officiels du scrutin, six des membres de la liste du "Salut du Metn" seraient élus contre un seul de la liste aouniste », a-t-il souligné.
« Aussitôt que les données et documents nécessaires pour un recours seront réunies, les candidats du "Salut du Metn" se présenteront devant le Conseil constitutionnel pour invalider les résultats des urnes qui posent problème », a précisé M. Murr, montrant face aux caméras de télévision une série de cartes d'identité qu'il a présentées comme étant falsifiées.
M. Murr a d'autre part expliqué que le vote arménien en sa faveur s'est réduit à quelque 3 200 voix, 1 700 relevant de partis arméniens opposés au Tachnag, tels que le Henchag et le Ramgavar, qui ont voté pour toute sa liste, et 1 500 venant, selon lui, d'associations de bienfaisance arméniennes, du Club de l'Antranik et de certains « amis » en relation avec lui depuis cinquante ans. « Les voix des amis auraient été plus nombreuses sans les menaces dont ils ont fait l'objet avant le scrutin », a-t-il lancé.
Rappelant qu'il avait laissé vacant sur sa liste le siège arménien pour que le candidat du Tachnag soit élu d'office, et qu'en échange, ce parti lui avait affirmé qu'il voterait pour lui, M. Murr a estimé que le Tachnag a fini par « céder à la volonté de Aoun ».
Prié de dire si ce parti l'a contacté après le vote, il a indiqué qu'il y a eu une tentative, mais que lui-même s'était refusé à y répondre positivement. « Quand on me promet 8 000 voix, puis qu'on fait le contraire, pourquoi me rappeler le lendemain ? Cela n'a plus aucun sens. Alors je leur ai dit de ne plus prendre cette peine. Ils ont pris une position en ne votant pas pour moi, et moi je ne vais pas prier pour eux », a-t-il dit.
Par ailleurs, au sujet de l'affaire du curé syriaque sanctionné par son évêque pour avoir mené activement campagne en faveur de la liste du CPL, M. Murr, accusé par ses adversaires d'avoir fait pression sur ce curé, a fait état de « mensonges et de calomnies » et déclaré laisser la justice prendre son cours après la plainte déposée par l'évêque.
Enfin, il a réaffirmé son soutien à la réélection de Nabih Berry à la présidence de la Chambre et à la nomination de Saad Hariri à la présidence du Conseil, et s'est prononcé contre le tiers de blocage « qui a paralysé durant un an le rôle du président de la République et du Conseil des ministres ».

