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Moyen-Orient - Escalade Régionale

L'Iran envisage de frapper des cibles américaines en Europe, selon le Financial Times

Sont notamment évoquées la Bulgarie, où la base aérienne de Bezmer a autorisé son usage pour le ravitaillement d'appareils américains, entre juillet et octobre 2026, et Chypre.

L'Iran envisage de frapper des cibles américaines en Europe, selon le Financial Times

Un navire dans le détroit d'Ormuz, près de la plage de Bandar Abbas, en Iran, le 30 juin 2026. (Photo : Amirhosein Khorgooi/ISNA/via WANA (West Asia News Agency) via REUTERS)

L'Iran ne se contenterait plus de limiter sa riposte au Moyen-Orient et envisagerait de frapper des cibles américaines en Europe en cas de nouvelle escalade militaire américaine, rapporte le Financial Times (FT), qui y voit un signe que Téhéran considère la reprise de la guerre comme inévitable.

Selon deux sources proches du régime citées par le FT, les forces iraniennes ont évalué la possibilité de frapper des installations américaines dans les Balkans et autour de la Méditerranée. Sont notamment évoquées la Bulgarie, où la base aérienne de Bezmer a autorisé son usage pour le ravitaillement d'appareils américains, entre juillet et octobre 2026, et Chypre, où une base britannique avait déjà été visée par un drone en mars. Cette même source a par ailleurs indiqué que l'Iran envisageait, séparément, de s'en prendre aux câbles sous-marins de fibre optique dans le détroit d'Ormuz en cas d'escalade.

Le FT n'évoque pas l'Ukraine comme faisant partie de la liste des cibles potentielles, malgré une menace formulée par Téhéran en juillet dernier. L'Iran avait menacé l'Ukraine de représailles après une attaque de drones ukrainiens contre un cargo iranien en mer Caspienne, soupçonné de transporter du matériel militaire pour la Russie.

Au fil de son enquête, le Financial Times présume d'une volonté croissante iranienne d'attaquer des cibles plus lointaines.

Dans les semaines qui ont suivi le déclenchement de la guerre par les États-Unis et Israël en février dernier, Washington a accusé Téhéran d'avoir tiré plusieurs missiles, sans qu'aucun n'ait atteint sa cible, contre la base américano-britannique de Diego Garcia, localisée dans l'Océan Indien, à quelque 4000 km de l'Iran. « C'était aussi un message adressé à l'Europe : elle peut être la cible de missiles, elle doit donc savoir quelle position adopter dans cette guerre », a déclaré la source proche du régime islamique au FT. « Une très grave erreur, comme celle de frapper nos infrastructures, pourrait faire déborder la guerre hors de la région et l'étendre jusqu'en Europe. »

Pour cette attaque, l'Iran a utilisé des missiles balistiques de moyenne portée Khorramshahr-4, affichant une distance maximale de 2000km.

Cette même source rapporte également que l'attaque menée le mois dernier contre une base américaine en Jordanie, faisant trois morts américains, était « l'attaque à longue portée la plus précise jamais menée par la République islamique, qui a ainsi démontré sa capacité à frapper des cibles situées à de plus grandes distances. »

Des cibles au sud de l'Europe


Sidhart Kaushal, chercheur au Royal United Services Institute, un think-tank basé à Londres, explique au FT que la série de missiles balistiques Shahab couvrant des portées allant de 300km à environ 2000km, pourrait constituer une menace « réelle, mais limitée » pour des cibles situées dans le sud et le sud-est de l'Europe. Selon lui, ces missiles auraient cependant du mal à causer des dégâts à des distances plus longues.

Douglas Barrie, de l'Institut international d'études stratégiques, interroge les capacités et la volonté réelle de l'Iran d'utiliser ses missiles à des fins symbolique. « Le nombre (de missiles balistiques moyenne portée) dont ils disposent réellement est une autre question, et celle de savoir s'ils seraient prêts à en utiliser ne serait-ce qu'une poignée pour faire une déclaration à grand spectacle reste ouverte », précise-t-il.

Ces menaces s'inscrivent dans un contexte où une partie du régime iranien considère désormais la reprise de la guerre comme une question de temps, et non plus d'éventualité. Plusieurs signaux récents alimentent cette dynamique : le protocole d'accord conclu en juin entre Washington et Téhéran s'est effondré le mois dernier ; le guide suprême Mojtaba Khamenei a promu la semaine dernière plusieurs figures de la ligne dure à des postes-clés de sécurité et de l'armée ; et Donald Trump a affirmé mardi qu'il n'y avait « aucune discussion ou conversation en cours, ni prévue » avec Téhéran. Des semaines d'efforts diplomatiques n'ont pas permis de sortir de cette impasse, ni de relancer les négociations plus larges pour mettre fin à cette guerre.

Les menaces iraniennes ajoutent une nouvelle dimension au conflit régional, remettant en question ses frontières directes et impliquant potentiellement de nouveaux acteurs étatiques dans le conflit, qui dure depuis six mois.

Mercredi, un responsable de l’OTAN, interrogé sur les informations rapportées par le FT, a affirmé que l’organisation était « prête à faire face à toute menace » et qu’elle « fera toujours le nécessaire pour défendre l’ensemble de ses alliés ».

L'Iran ne se contenterait plus de limiter sa riposte au Moyen-Orient et envisagerait de frapper des cibles américaines en Europe en cas de nouvelle escalade militaire américaine, rapporte le Financial Times (FT), qui y voit un signe que Téhéran considère la reprise de la guerre comme inévitable.Selon deux sources proches du régime citées par le FT, les forces iraniennes ont évalué la possibilité de frapper des installations américaines dans les Balkans et autour de la Méditerranée. Sont notamment évoquées la Bulgarie, où la base aérienne de Bezmer a autorisé son usage pour le ravitaillement d'appareils américains, entre juillet et octobre 2026, et Chypre, où une base britannique avait déjà été visée par un drone en mars. Cette même source a par ailleurs indiqué que l'Iran envisageait, séparément,...
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