X

Le Grand Lycée franco-libanais : un siècle d’histoire

Le Grand Lycée franco-libanais : un siècle d’histoire

Éducation La Mission laïque française, association éducative, commémore cette année le centenaire de son implantation au Liban. Le Grand Lycée franco-libanais de Beyrouth, premier établissement français créé également en 1909, est au cœur des festivités.  

Malak BENNIS | OLJ
30/03/2009
L'année 2009 est pour le Grand Lycée franco-libanais (GLFL) une année symbolique. Créé en 1909, l'un des porte-étendards de la francophonie au Liban fête  son centenaire. Ce qui était au départ une petite école française installée dans la maison Bustros est devenu, au fil du temps, un vaste espace à l'influence certaine.  
En un siècle, cet établissement s'est imprégné de l'histoire du pays. D'abord, l'Empire ottoman, ensuite la Première Guerre mondiale : les débuts sont difficiles. Contrainte de fermer ses portes pendant la guerre 14 -18, l'école parviendra à rouvrir un an plus tard. Cet épisode n'est pas dissuasif : la Mission laïque française (MLF), dont elle dépend, est on ne peut plus ambitieuse. En 1921, l'association décide de construire une première  aile du collège de Beyrouth. Moins de dix ans plus tard, une nouvelle extension donne naissance au lycée, dont la construction s'achèvera en 1960.  Le succès est important : les annexes de Ras Beyrouth, de Beit Méry, de Tripoli sont ouvertes, et deux établissements, dont le lycée Abdel-Kader, sont rachetés.
À Beyrouth, ces démarches sont concluantes. Dès le début des années 80, les constructions d'autres lycées français et franco-libanais sont donc lancées, du nord au sud du pays.

La ligne de démarcation
La période la plus difficile sera celle de la guerre civile. Situé à proximité de la ligne de démarcation, le lycée a été la cible privilégiée des francs-tireurs. Dans un premier temps, il a déployé de grandes bâches protectrices, avant de fermer ses portes durant quelques mois. Mais rapidement, l'administration s'organise. Des cours particuliers sont mis en place pour assurer la continuité de l'enseignement aux élèves et leur éviter des déplacements risqués. Une annexe de l'établissement est également créée à Nahr Ibrahim, zone plus sûre. Attentif à l'évolution du conflit, le lycée retrouvera partiellement ses élèves lors de sessions organisées pendant des trêves matinales, résultat d'une entente entre les belligérants. Menacé à un moment d'une fermeture définitive, il réussira à se maintenir grâce au fort engagement des parents et de son personnel.
Lien fort entre la France et le Liban, le lycée s'est même improvisé en 2006 espace d'évacuation pour les ressortissants français vers leur pays d'origine. L'armée libanaise, très présente, assurait la sécurité avec le soutien de l'armée française, responsable de la logistique. Le Grand Lycée retrouvera néanmoins son fonctionnement normal.

Une présence laïque
C'est, entre autres, à la demande de nombreux Libanais, toutes confessions confondues, que la Mission laïque française (MLF) s'est implantée à Beyrouth. Une véritable opportunité pour Pierre Deschamps, fondateur de cette association qui a pour objet d'exporter son action éducative ainsi que  l'idéal républicain.  En 1910, le jeune professeur de lettres déclarait : «  La France fonde des écoles dans l'intérêt de l'humanité. Il est plus conforme au génie de notre pays d'agir d'une manière désintéressée que de travailler à répandre notre influence. »  
Mais le contexte international imposait une autre réalité. Créée pendant  la période coloniale, la Mission laïque française renforçait également la présence de la France dans les pays où elle se trouvait. Néanmoins, la MLF du Liban gagna en légitimité du fait de la laïcité qu'elle promouvait et de son ouverture  à toutes les communautés. Beyrouth était  déjà une capitale en effervescence, carrefour de groupes  ethniques et religieux, où se côtoyaient  maronites et druzes, grecs-orthodoxes et catholiques, sunnites et chiites. Les écoles n'y manquaient pas : collège américain, collège des jésuites, école de l'Alliance israélite universelle, écoles italiennes et allemandes... Toutes ces écoles  bénéficiaient de structures d'influence confessionnelles. La MLF avait quant à elle  un rôle particulier, celui d'assurer la présence laïque. Son développement fut  perçu comme un moyen d'effacer les rivalités confessionnelles, l'un des obstacles à la paix sociale.
« La MLF peut faire beaucoup de bien en ne s'occupant ni de religion ni de volontés nationales des pays dont elle est l'hôte, tout en étant l'ambassadrice de la culture française », soulignait en résumé Édouard Herriot, ancien président de la Mission. Un siècle plus tard, ces mots  restent une préoccupation quotidienne du corps enseignant et de  l'administration de la MLF.

À la une

Retour au dossier "Le Grand Lycée franco-libanais : un siècle d’histoire"

Dernières infos

Les signatures du jour

Ziyad MAKHOUL

L’édito de Ziyad MAKHOUL

Devoirs de l’homme

Décryptage de Scarlett HADDAD

Aoun déterminé à renvoyer la balle gouvernementale dans le camp du Parlement

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué