Cet appel, qui fut le premier mot prononcé dès son élection du haut de la loggia de Saint-Pierre par le pape Jean-Paul II, semble avoir été oublié au Liban, et même par les plus hauts dignitaires supposés imbus de ses paroles, surtout après les dernières visites « ad limina ».
Laissez-moi donc prendre le contre-pied de ces autorités, si respectables soient-elles, et me raccrocher aux mots d’espoir de leur supérieur, répétés tant de fois pendant ses vingt-cinq ans de règne :
– Nous avons un gouvernement investi de la confiance du Parlement, et jouissant de la reconnaissance de la communauté internationale (et de l’estime de celle-ci, exprimée à maintes reprises) ;
– Nous avons des forces armées dont le patriotisme et la discipline sont intangibles ; leur valeur intrépide vient d’être prouvée par l’éradication des terroristes de Nahr el-Bared.
– Pour la première fois, nous allons procéder à une élection présidentielle, qui mettra fin à une longue période de tutelle assortie de prorogations anticonstitutionnelles de mandats ordonnées par les tuteurs.
Pourquoi faut-il que des voix de Cassandre poussent des cris apeurés : « S’il n’y a pas de présidentielle, ce sera un malheur ! » Mais non, Messieurs ! Non, Messeigneurs ! Nous sommes protégés par des lois et vous devez être les premiers à vous en réclamer, et à exiger avec la dernière énergie qu’elles soient respectées. Oubliez-vous que l’entrave qui serait posée à l’exécution de la présidentielle constituerait un coup de poignard donné au Pacte national de 1943 et à l’accord de Taëf qui a arrêté le flot de sang de quinze ans de guerre ? Reprenez un peu de courage en vous rappelant l’exemple du meunier tenant tête à Frédéric II de Prusse qui convoitait son terrain, et lui répliquant : « Il y a des juges à Berlin ! »
Albert SARA
Avocat
Article paru le vendredi 28 septembre 2007
Cet appel, qui fut le premier mot prononcé dès son élection du haut de la loggia de Saint-Pierre par le pape Jean-Paul II, semble avoir été oublié au Liban, et même par les plus hauts dignitaires supposés imbus de ses paroles, surtout après les dernières visites « ad limina ».
Laissez-moi donc prendre le contre-pied de ces autorités, si respectables soient-elles, et me raccrocher aux mots d’espoir de leur supérieur, répétés tant de fois pendant ses vingt-cinq ans de règne :
– Nous avons un gouvernement investi de la confiance du Parlement, et jouissant de la reconnaissance de la communauté internationale (et de l’estime de celle-ci, exprimée à maintes reprises) ;
– Nous avons des forces armées dont le patriotisme et la discipline sont intangibles ; leur valeur intrépide vient d’être prouvée par...
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