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LIVRES - Signature, ce soir, à la Librairie Antoine (Hamra) « Duende. Visages et voix du flamenco », une histoire de sincérité et de passion

CHRONOLOGIE
12/07/2007
C’est un ouvrage de passion. Par le thème qu’il aborde d’une part. Parce qu’il a été élaboré avec ardeur et sincérité, ensuite, par un duo de fervents amateurs de flamenco, Christian et Ariane Delacampagne. Lesquels ont, respectivement, signé le texte et les photographies de ce beau livre intitulé « Duende. Visages et voix du flamenco », qui vient de paraître aux éditions L’Archange Minotaure. Duende ? Un terme étrange qui signifierait « cet esprit, ce démon ; cet ange qui opère sur le corps des danseuses, dans le gosier des “cantaores” ou la cape du torero comme le vent sur le sable... ». «C’est à Séville, le dernier dimanche d’avril 1973, que le flamenco, sans crier gare, s’est glissé dans ma vie. » C’est par ces mots que s’ouvre le texte de Christian Delacampagne, qui va entraîner le lecteur, à sa suite, dans un univers âpre et captivant de gitans, de musiques mêlées, de danses et de chants venus de loin. Un univers artistique « où la douleur de vivre et la douceur d’exister » cohabitent en une sombre beauté. Philosophe et écrivain, ce Français qui a longtemps vécu en Espagne – où il a été successivement directeur de l’Institut de Barcelone et de Madrid – s’était pris d’engouement pour le flamenco. Une passion qu’il avait communiquée à sa compagne Ariane Atechian Delacampagne (née au Liban, où elle a vécu jusqu’en 1984). Tout comme il avait eu envie de la partager avec les amateurs de cet art, à la fois populaire et exigeant. D’où la conception de ce bel ouvrage à quatre mains, réalisé en commun avec sa femme. Un projet, longtemps rêvé, dont il ne verra malheureusement pas l’aboutissement, étant décédé juste avant sa publication. Une question de duende Dans ce livre, qui dévoile, dès lors, les accents sincères d’un legs testamentaire passionné, l’auteur explore les véritables origines du flamenco (un terme qui, bizarrement, signifie en espagnol flamand !), raconte son évolution jusqu’à nos jours, évoque les caractéristiques d’un spectacle de qualité et tord le cou, au passage, à nombre d’idées reçues. Accompagnant les pérégrinations de l’écrivain à travers les siècles, les régions mais aussi les genres du flamenco, les photos d’Ariane se font l’écho, en ombres et lumières, en scènes et mouvements, des mots simples mais néanmoins inspirés – par le duende ?! – de son compagnon. Des images en noir et blanc « pour mieux exprimer la pureté et l’intensité du sujet, indique la photographe. Des images prises sur le vif, avec une caméra argentique et sans aucune utilisation de flash, entre 2004 et 2006, en Espagne – où nous avons écumé les tablaos (tavernes typiques incluant une petite scène) et les peña (les associations privées, chères aux puristes du flamenco) d’Andalousie –, mais aussi aux États-Unis – où de fameux studios ont remis au goût du jour les cours de flamenco –, en France – notamment en Camargue, aux Saintes-Maries-de-la-Mer où se retrouvent chaque année en mai les gitans en pèlerinage et même au Japon, où les similitudes modales du flamenco avec la musique nippone en font un art très apprécié. » Photos, glossaire, liste d’artistes Des photographies qui alternent des performances d’anonymes avec d’autres de stars connues, tels « Diego el Cigala, Farruco, Belén Maya ou encore la danseuse montante Mercedes Ruiz ». Des images qui, pour reprendre les termes de Christian Delacampagne, « illustrent particulièrement cette vérité qu’il ne faut jamais perdre de vue : avant d’être un spectacle ou un objet de consommation marchande (...), le flamenco est avant tout une manière d’être ». Une manière d’expression « sincère » de sentiments forts, à la fois personnels et universels, condition absolue et unique critère de qualité d’une performance. Accompagné d’un glossaire complet des termes espagnols du flamenco et d’une liste des artistes – anciens et nouveaux – de qualité ainsi que d’une discographie sélective, ce bel ouvrage se révèle une indispensable référence, en textes et images, à tous les férus de flamenco. Zéna ZALZAL De passage à Beyrouth, la photographe se prêtera à une séance de signature, ce soir, de 17h00 à 19h00, à la Librairie Antoine (Hamra).

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