Les avis divergent quant à savoir s’il a vraiment inventé la sucette à boule, mais il assurait en avoir eu l’idée en voyant les enfants se poisser les doigts et les vêtements à force de manipuler des bonbons. Une chose est sûre, Enric Bernat a lancé en 1958 la fabrication de la Chupa-Chups (nom bâti sur le verbe « chupar », sucer) qu’il a su protéger par une patente et faire habiller par un génie : Salvador Dali, créateur de son logo en forme de fleur.
L’autre talent de Bernat a été de créer un système de distribution permettant de fournir en sucettes 300 000 points de vente grâce à une flottille de Fiat 600 frappées de sa marque. Dès que s’entrouvre l’Espagne fermée à double tour du dictateur Franco, dans les années 70, Bernat se lance dans une expansion internationale qui le conduira à ouvrir des usines en France, au Mexique, au Brésil, en Chine et en Russie.
La sucette voyagera même en 1995 jusqu’à la station spatiale Mir dont les habitants l’emportent pour pallier le manque de tabac. Pour la même raison, elle reste liée à l’image de Johan Cruyff, entraîneur du FC Barcelone et tabagique repenti après un problème cardiaque.
L’expansion de Chupa Chups ne s’est ralentie que tout récemment. En 2002, le groupe accuse un recul de 17% de ses ventes et doit resserrer son activité internationale : fermeture de l’usine du Brésil, de l’une des deux unités en France, réduction de la production au Mexique, externalisation des activités de l’usine de Shanghai et vente d’actifs comme sa pâtisserie industrielle de Saint-Pétersbourg à Danone. Dans le même temps, pour réduire sa dette, estimée à 110 millions d’euros par la presse espagnole, Chupa Chups obtient un prêt important grâce à l’hypothèque d’un bijou architectural, la Casa Batllo à Barcelone, œuvre de Gaudi.
Chupa Chups, qui continue de réaliser à l’étranger 90% de son chiffre d’affaires (343,6 millions d’euros en 2002), a attribué ses difficultés à des facteurs «exogènes», tels que le déclin de la confiserie traditionnelle au profit des bonbons sans sucre, segment sur lequel Enric Bernat avait cependant pris pied dès 1995, avec le lancement de Smint.
L’entrepreneur connaîtra en outre l’échec dans ses ambitions de diversification vers le monde de la finance, lorsque capoteront ses projets de créer une grande banque catalane à partir de sa compagnie d’assurances, Iberia de Seguros.


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