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Actualités - Chronologie

Des centaines de milliers de martyrs pour obtenir la liberté le 5 juillet 1962 L’Algérie célèbre sans éclat quarante ans d’indépendance acquise dans la douleur(photos)

L’Algérie célèbre vendredi le quarantième anniversaire de son indépendance acquise au terme d’une guerre féroce de près de huit ans contre l’ancienne puissance coloniale, la France. Cet anniversaire sera commémoré sans cérémonie particulière, avec les habituels hommages aux moudjahidine (combattants) et des recueillements sur les lieux des batailles avec l’armée française. L’indépendance a été chèrement arrachée, en 1962, au prix de centaines de milliers de morts. Les historiens estiment les pertes en vies humaines entre 200 000 et 400 000, tandis que le Front de libération nationale (FLN, ex-parti unique), qui a déclenché en 1954 cette guerre d’indépendance, avance le chiffre de 1,5 million de martyrs. Celle-ci est venue couronner la signature des accords d’Évian (est de la France), vite tombés en désuétude, le 18 mars 1962, fixant le cadre des relations entre la France et l’Algérie. Un cessez-le-feu sera appliqué sur le terrain le 19 mars. Un référendum sur l’autodétermination, le 1er juillet, a apporté la touche finale à cette indépendance voulue par les Algériens par 5 994 000 « oui » sur 6 034 000 votants. L’ex-président français, Charles de Gaulle, a reconnu le 3 juillet, par une déclaration officielle, l’indépendance du pays que les Algériens ont proclamée le 5. La politique de la terre brûlée de l’Organisation armée secrète (OAS), un mouvement d’extrémistes pieds-noirs rejetant la séparation avec la France, a entraîné le départ massif d’un million d’Européens qui ont rejoint, dans la précipitation, la métropole au cours de l’été. L’OAS avait assassiné au cours des mois précédents, sans discernement, des milliers de musulmans, alors que des Européens ont été également tués par des bandes armées notamment à Oran, la grande ville de l’ouest. Ce départ massif a laissé l’Algérie sans cadres pour assurer la prise en main du pays par ses habitants, dont peu avaient été formés par les Français. Il allait précipiter le choix d’une option socialiste par le premier président algérien Ahmed Ben Bella, qui nationalise notamment les terres et les biens des colons. Cette option sera amplifiée par son successeur, le colonel Houari Boumediène, chef d’état-major de l’armée et ministre de la Défense, qui a renversé Ben Bella le 19 juin 1965 et a dirigé d’une main de fer le pays pendant 13 ans. Ce choix va entraîner la nationalisation des hydrocarbures (gaz et pétrole) et des mines. Sous l’ère Boumediène, l’Algérie va devenir l’un des pays phares du tiers-monde dont la politique étrangère sera appliquée par le chef de la diplomatie, Abdelaziz Bouteflika, devenu président en avril 1999. L’Algérie a notamment soutenu le Polisario, disputant au Maroc le Sahara occidental, dont elle abrite le gouvernement à Tindouf (extrême sud algérien), depuis la proclamation de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) en 1975. Après l’effondrement des cours du pétrole, en 1986, auquel se sont ajoutés les effets néfastes de la bureaucratie étatique, l’Algérie est entrée dans une profonde crise économique, sociale et politique. Elle s’est traduite par les émeutes d’octobre 88 à Alger et dans des grandes villes, marquant la fin du socialisme dirigiste et la faillite économique du pays. Cette crise a été mise à profit par les islamistes qui ont tenté de s’emparer du pouvoir après l’ouverture au multipartisme en 1989. Devant la fermeté de l’armée qui a annulé les législatives de décembre 1991, remportées par le Front islamique du salut (FIS, dissous), les islamistes ont déclenché une guérilla qui a fait, depuis, plus de 100 000 morts. La crise a eu également des répercussions en Kabylie (est d’Alger), même si la revendication principale est identitaire. De sanglantes émeutes ont éclaté dans cette région au printemps 2001. Elles se poursuivent de manière sporadique. 18 mars 1962 : la signature des accords d’Évian Il y a quarante ans, le 18 mars 1962, sont signés les accords d’Évian entre les représentants français, menés par Louis Joxe, et ceux du Gouvernement provisoire de la république algérienne (GPRA), dont le chef est Krim Belkacem, colonel de l’armée de libération nationale. Le cessez-le-feu est décrété le lendemain 19 mars à midi, après sept ans et quatre mois d’un conflit qui ne portait pas le nom de guerre. Les combats de rue vont pourtant se poursuivre et l’été 1962 sera encore très meurtrier. Il aura fallu plusieurs mois de négociations difficiles pour faire aboutir un processus enclenché par le général de Gaulle, qui avait proclamé dès le 16 septembre 1959 le droit des Algériens à l’autodétermination. « Une montagne de méfiance », dira le général de Gaulle, évoquant le climat de la conférence d’Évian, ouverte le 20 mai 1961. La tentative de prise du pouvoir par un « quarteron de généraux » avait échoué le mois précédent.
L’Algérie célèbre vendredi le quarantième anniversaire de son indépendance acquise au terme d’une guerre féroce de près de huit ans contre l’ancienne puissance coloniale, la France. Cet anniversaire sera commémoré sans cérémonie particulière, avec les habituels hommages aux moudjahidine (combattants) et des recueillements sur les lieux des batailles avec l’armée française. L’indépendance a été chèrement arrachée, en 1962, au prix de centaines de milliers de morts. Les historiens estiment les pertes en vies humaines entre 200 000 et 400 000, tandis que le Front de libération nationale (FLN, ex-parti unique), qui a déclenché en 1954 cette guerre d’indépendance, avance le chiffre de 1,5 million de martyrs. Celle-ci est venue couronner la signature des accords d’Évian (est de la France), vite tombés en...