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Les accusés du lynchage de Ramallah devant le tribunal militaire d’Israël

CHRONOLOGIES
06/02/2001
Le procès de deux Palestiniens accusés d’avoir participé au lynchage de deux soldats réservistes de l’armée israélienne le 12 octobre à Ramallah s’est ouvert hier devant le tribunal militaire israélien de Beit El, en Cisjordanie. Raad el-Cheikh, 26 ans, un chauffeur de la police palestinienne, est jugé pour «homicide volontaire» pour avoir battu à mort avec une barre de fer un des deux soldats à l’intérieur du poste de police de Ramallah. Ali Hamdan, 23 ans, est, lui, accusé «d’atteinte à la sécurité de la zone» pour être entré avec la foule dans le commissariat et avoir frappé un des soldats qui était étendu sur le sol. La première journée d’audience était consacrée à la lecture de l’acte d’accusation. L’avocat des deux Palestiniens, Me Jawad Boulos, a plaidé non coupable pour Raad el-Cheikh, exigeant également une enquête sur les pratiques des services de sécurité lors de son interrogatoire. Raad el-Cheikh «a fait ses aveux après avoir été torturé», a affirmé Me Boulos, refusant d’apporter des détails. Quant à Ali Hamdan, il a démenti également avoir pris part au lynchage, arguant que ce jour-là, il ne se trouvait pas à Ramallah. L’avocat a requis un nouvel examen psychiatrique approfondi de son client, indiquant qu’il n’était pas «mentalement stable». Les deux accusés font partie d’une dizaine de suspects capturés lors d’une opération conjointe d’unités spéciales de l’armée et du Shin Beth, le service intérieur de sécurité. Les autres suspects sont toujours interrogés. Les plus hauts responsables israéliens, à commencer par le Premier ministre Ehud Barak, avaient affirmé que les auteurs du lynchage des deux militaires Yossi Abrahami et Vadim Norzich seraient poursuivis et punis. Selon les aveux de Raad el-Cheikh, les deux soldats se sont aventurés par erreur dans la ville de Ramallah. À proximité du commissariat, ils ont été arrêtés par des policiers palestiniens, qui les ont emmenés à l’intérieur du bâtiment sous la menace de leurs armes. L’accusé a avoué être sorti dans la rue pour empêcher la foule énervée, qui commençait à se masser devant le commissariat, d’entrer dans le bâtiment. Il leur a alors dit, selon l’acte d’accusation, qu’ils devaient attendre que les soldats soient sortis du poste et qu’alors «ils pourraient les assassiner». Mais plusieurs Palestiniens ont forcé les portes du commissariat et sont entrés dans la salle où se trouvaient les soldats. Là, l’accusé s’est «emparé d’une barre de fer de 40 cm, s’est approché de Vadim Norzich qui se tenait debout, l’a frappé quatre ou cinq fois à la tête et dans d’autres parties du corps jusqu’à ce que le soldat pousse des cris d’agonie et commence à saigner». L’accusé «a alors quitté l’endroit pour aller se laver les mains pour ne pas être soupçonné d’avoir pris part au meurtre du soldat». Selon ses aveux, «le commandant du poste de police de Ramallah, Halil Hassan, a rassemblé ses hommes et leur a donné l’ordre de dire que les deux soldats avaient été tués par des civils seulement, si jamais ils étaient arrêtés et interrogés».

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