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Moyen-Orient - point actu

Le point à 19h : Aoun refuse le laxisme face au Hezbollah, le Qatar envisage deux centrales au Liban, Gantz jette l’éponge

Après le point de 14h (que vous pouvez retrouver ici), nous faisons le tour de l’essentiel de l’actualité au Liban et dans la région à 19h.

Le point à 19h : Aoun refuse le laxisme face au Hezbollah, le Qatar envisage deux centrales au Liban, Gantz jette l’éponge

Des partisans du Hezbollah regagnent la banlieue sud de Beyrouth quelques heures après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu avec Israël, le 27 novembre 2024. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour

Joseph Aoun durcit le ton face aux armes illégales du Hezbollah. Le président libanais a appelé lundi à interdire les manifestations armées, à saisir les armes et les munitions et à traduire les contrevenants en justice, exigeant une application stricte de la loi et rejetant tout « laxisme ». Cette prise de position intervient après la saisie d’explosifs appartenant au Hezbollah à Dahr el-Baïdar et une perquisition mouvementée dans un entrepôt de médicaments suspects près de la banlieue sud de Beyrouth. Elle fait écho aux déclarations du Premier ministre Nawaf Salam, qui réclame lui aussi des poursuites contre les détenteurs et transporteurs d’armes illégales, au risque d’attiser les tensions avec le parti chiite.

Pourquoi c’est important

Ces déclarations marquent une nouvelle affirmation de l’autorité de l’État face au Hezbollah, dans un contexte de pressions américaines en faveur de son désarmement et de craintes d’une reprise de la guerre avec Israël. Elles interviennent également à la veille d’une réunion tripartite entre des représentants libanais, israéliens et américains à Tampa en Floride, après trois mois de suspension des négociations entre Beyrouth et Tel-Aviv. Selon les informations de L’Orient-Le Jour, Israël et Washington posent toutefois une condition préalable : l’instauration d’une coordination directe entre les armées libanaise et israélienne. Lundi, un porte-parole du département d’État américain a affirmé à la chaîne locale al-Jadeed que le cadre d’action tripartite conclu avec les États-Unis et Israël en juin prévoit « le désarmement complet du Hezbollah sur l’ensemble du territoire libanais ». Le porte-parole a indiqué que Washington « continue d’exhorter le gouvernement libanais à demander des comptes à tous ceux qui ont ordonné, financé et supervisé l’acheminement de la cargaison d’explosifs » saisie.

Le « Davos du désert » reporté. Après le tournoi-exhibition de tennis Six Kings Slam, c’est au tour du « Davos du désert » de subir les répercussions de l’escalade sécuritaire dans la région. Le grand rendez-vous de la finance internationale, organisé par l’institut Future Investment Initiative (FII), devait se tenir à Riyad du 26 au 29 octobre, mais il « n’aura pas lieu aux dates prévues », a indiqué une source à l’AFP, sans qu’une nouvelle date ne soit annoncée dans l’immédiat. Ce report constitue un nouveau revers pour les ambitions économiques du royaume wahhabite, régulièrement confronté à des attaques visant ses infrastructures pétrolières et aéroportuaires.

En parallèle, le Parlement égyptien a reporté à la semaine prochaine le vote sur l’autorisation d’un soutien militaire à l’Arabie saoudite.

Au Yémen, les craintes d’une nouvelle offensive terrestre s’accentuent après une frappe de missiles attribuée aux houthis contre un camp militaire des forces gouvernementales, qui a fait au moins 50 morts et 200 blessés. Il s’agit de l’attaque la plus meurtrière depuis plusieurs semaines, dans un contexte d’intensification des combats entre les rebelles pro-iraniens et le gouvernement yéménite, soutenu par l'Arabie saoudite, depuis la reprise des hostilités en juillet. Selon une source militaire, ces frappes pourraient préluder à une nouvelle offensive, après la prise de contrôle éclair en septembre de Mokha et de plusieurs autres localités du littoral de la mer Rouge, ainsi que du stratégique détroit de Bab el-Mandeb.

  • Le Qatar à la rescousse du Liban avec deux centrales. Selon un document consulté par l'agence Reuters, le Qatar prévoit la construction de deux centrales à gaz de 825 mégawatts chacune, à Deir Ammar, dans le Nord, et à Zahrani, dans le Sud, ainsi qu’un accord d’approvisionnement en gaz naturel liquéfié (GNL) sur vingt ans avec QatarEnergy. Ce programme, destiné à relancer un secteur en crise depuis des décennies, doit encore être approuvé par les gouvernements libanais et qatari. Sa mise en œuvre pourrait prendre trois ans si les autorisations sont obtenues rapidement, selon une source au fait du dossier citée par l’agence. Ces précisions interviennent après la visite à Beyrouth la semaine dernière du Premier ministre qatari. Au cours d’une conférence de presse, son homologue libanais Nawaf Salam avait annoncé que Doha prendrait en charge le financement, la réalisation et l’exploitation d’un projet électrique selon le modèle BOT, prévoyant à terme un transfert de propriété, sans investissement initial du Trésor libanais.
  • Araghchi accuse Washington d'être responsable de « l'insécurité » dans le détroit d'Ormuz. Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a attribué aux États Unis la responsabilité de « l'insécurité » dans le détroit d'Ormuz, au cœur des tensions entre Téhéran et Washington depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient. « La guerre imposée par les États-Unis et le régime sioniste , conjuguée au blocus économique, constitue la principale source d'insécurité dans notre région », a déclaré Abbas Araghchi, après avoir fait référence au « golfe Persique et (au) détroit d'Ormuz », au cours d'une conférence de presse conjointe à Téhéran avec son homologue russe Sergueï Lavrov.
  • Environ 700 000 Syriens rentrés du Liban : la preuve du « succès » de la coordination entre Beyrouth et Damas, selon Sayyed. La ministre libanaise des Affaires sociales Hanine el-Sayyed a affirmé depuis Damas qu’environ 700 000 Syriens étaient rentrés du Liban dans leur pays, estimant que ces retours témoignent « du succès de la coordination entre les deux pays ». Son homologue syrienne a de son côté affirmé que « la Syrie et le Liban entrent dans une nouvelle phase de leurs relations, fondée sur le respect mutuel, le bon voisinage et les intérêts communs ». Elle a exprimé la reconnaissance de son pays envers le Liban pour avoir accueilli des centaines de milliers de familles syriennes au cours des dernières années.
  • Benny Gantz, ancien ministre israélien de la Défense et chef du parti centriste « Bleu et Blanc », a annoncé son retrait des législatives du 27 octobre, à huit jours du scrutin. Sa formation était donnée depuis plusieurs mois sous le seuil électoral dans les sondages, selon plusieurs médias israéliens dont The Times of Israel. « Je ne me présenterai pas aux prochaines élections, mais je continuerai à me battre pour l’unité », a-t-il déclaré, affirmant vouloir poursuivre ses efforts pour former un gouvernement d’union nationale.


Joseph Aoun durcit le ton face aux armes illégales du Hezbollah. Le président libanais a appelé lundi à interdire les manifestations armées, à saisir les armes et les munitions et à traduire les contrevenants en justice, exigeant une application stricte de la loi et rejetant tout « laxisme ». Cette prise de position intervient après la saisie d’explosifs appartenant au Hezbollah à Dahr el-Baïdar et une perquisition mouvementée dans un entrepôt de médicaments suspects près de la banlieue sud de Beyrouth. Elle fait écho aux déclarations du Premier ministre Nawaf Salam, qui réclame lui aussi des poursuites contre les détenteurs et transporteurs d’armes illégales, au risque d’attiser les tensions avec le parti chiite.Pourquoi c’est importantCes déclarations marquent une nouvelle affirmation de l’autorité de...
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