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Politique - Diplomatie

Raggi appelle « l’Iran et ses alliés à arrêter leurs attaques contre les pays du Golfe »

Le ministre libanais des Affaires étrangères s’exprimait dimanche en Irak à la 52e session du conseil des ministres des Affaires étrangères des États membres de l’Organisation de la coopération islamique.

Raggi appelle « l’Iran et ses alliés à arrêter leurs attaques contre les pays du Golfe »

Le ministre libanais des Affaires étrangères Joe Raggi lors de son intervention au cours du conseil des ministres des Etats membres de l’Organisation de la coopération islamique, en Irak, le 18 octobre 2026. Photo ANI

Le ministre libanais des Affaires étrangères Joe Raggi a appelé dimanche l’Iran et ses alliés « à mettre fin à leurs agressions contre les pays du Conseil de coopération du Golfe et la Jordanie », réaffirmant « la solidarité totale du Liban avec ces pays ». Il a rappelé « l’attachement du Liban à la résolution N° 2817 du Conseil de sécurité des Nations unies », qui appelle à la cessation immédiate de ces agressions. Le ministre a par ailleurs souligné son refus de toute restriction à la liberté de passage dans les détroits internationaux, notamment le détroit d’Ormuz (Iran) et celui de Bab al-Mandeb (mer Rouge, Yémen). Ces voies maritimes sont fermées, partiellement ou totalement, du fait des attaques iraniennes et houthies.

M. Raggi représente le Liban à la 52e session du conseil des ministres des Affaires étrangères des États membres de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) qui se tient en Irak. Son intervention se réfère au front entre les houthis yéménites et l’Arabie saoudite, embrasé depuis début octobre. Le ministre, connu pour ses positions anti-iraniennes et hostiles à l’hégémonie du Hezbollah au Liban, avait eu la veille un entretien avec son homologue iranien Abbas Araghchi en Irak. Aucun des deux hommes n’a communiqué sur cette réunion.

Le chef du Palais Bustros n’a pas omis par ailleurs de mentionner la restauration du monopole de l’État libanais sur les armes, ce qui implique un désarmement de facto du Hezbollah pro-iranien, ce à quoi ce parti et Téhéran sont résolument hostiles. « En août 2025, le gouvernement a pris la ferme décision de réserver le port d’armes aux seules institutions de sécurité légitimes et d’étendre l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national en s’appuyant exclusivement sur ses propres forces, convaincu qu’il ne peut y avoir de souveraineté avec une double circulation des armes, ni de stabilité avec des décisions échappant au contrôle des institutions publiques, ni de développement durable sans un État fort et capable », a-t-il martelé.


Il a ajouté que « malgré les avertissements répétés quant aux dangers d’entraîner le Liban dans des guerres absurdes, le Hezbollah a pris le risque de l’entraîner dans deux guerres dévastatrices contre Israël, en octobre 2023 et en mars 2026 ».

Le Hezbollah a ouvert deux fronts ces dernières années contre Israël, l’un en appui à Gaza au lendemain des événements du 7 octobre 2023, et l’autre le 2 mars 2026 en soutien de l’Iran, ciblé par des frappes israélo-américaines. Le résultat a été la destruction et l’occupation de grandes parties du Liban-Sud, tout comme dans d’autres régions, ainsi que près de 10 000 tués dans les deux guerres. Malgré cela, les tensions montent entre le parti chiite et les autorités libanaises, qui ont jusque-là échoué à le désarmer. Il y a quelques jours, la saisie d’un véhicule transportant des explosifs destinés au Hezbollah a provoqué des tensions dans le pays.

Durant son discours dimanche, Joe Raggi a parallèlement exigé de l’Iran « qu’il mette fin à ses ingérences dans les affaires intérieures libanaises, ses contestations des décisions du gouvernement, et l’approvisionnement du Hezbollah en armes et en argent ». Le parti chiite avait récemment annoncé que des fonds iraniens lui étaient parvenus en vue d’indemniser les habitants du Liban-Sud lésés par la guerre. Les États-Unis avaient alors exprimé leur scepticisme et dénoncé des « allégations trompeuses » du fait des difficultés économiques en Iran en raison du blocus américain frappant ce pays.

L’importance du dialogue et de la diplomatie

Le ministre libanais n’en a pas moins dénoncé la « guerre féroce » menée par Israël au Liban-Sud, conduisant à l'occupation de vastes portions du territoire libanais. Il a réitéré sa « condamnation des atteintes successives à la souveraineté et à l'intégrité territoriale du Liban », estimant que ces violations constituaient « une infraction aux dispositions du droit international et du droit international humanitaire ».

Le Liban est engagé depuis avril dans des pourparlers avec l’État hébreu, et a signé un accord en juin devant mener à un retrait par étapes de l’armée israélienne, mais cet accord est gelé depuis plusieurs mois, sur fond d’accusations israéliennes contre « l'incapacité de l’armée libanaise à désarmer efficacement le Hezbollah ».

Malgré cela, M. Raggi a répercuté « la conviction du gouvernement quant à l’importance du dialogue et des solutions diplomatiques », en référence au cadre d’action tripartite conclu avec les États-Unis et Israël en juin. Selon lui, cet accord « conduira au retrait complet d’Israël du Liban, au retour des déplacés dans leurs villages, au lancement du processus de reconstruction, à la libération des prisonniers, au désarmement de tous les groupes armés, à la restriction du port d’armes aux seules forces légitimes libanaises et à l’extension de l’autorité de l’État sur l’ensemble de son territoire, par ses propres moyens exclusivement ».

Le ministre des Affaires étrangères a enfin réaffirmé son attachement à la résolution 1701 des Nations unies, qui selon lui reste le cadre le plus large pour répondre aux exigences de la situation actuelle, aux côtés de la déclaration de cessation des hostilités de juin 2024, de l’accord d'armistice de 1949, ainsi que de l’initiative de paix arabe de 2002.


Le ministre libanais des Affaires étrangères Joe Raggi a appelé dimanche l’Iran et ses alliés « à mettre fin à leurs agressions contre les pays du Conseil de coopération du Golfe et la Jordanie », réaffirmant « la solidarité totale du Liban avec ces pays ». Il a rappelé « l’attachement du Liban à la résolution N° 2817 du Conseil de sécurité des Nations unies », qui appelle à la cessation immédiate de ces agressions. Le ministre a par ailleurs souligné son refus de toute restriction à la liberté de passage dans les détroits internationaux, notamment le détroit d’Ormuz (Iran) et celui de Bab al-Mandeb (mer Rouge, Yémen). Ces voies maritimes sont fermées, partiellement ou totalement, du fait des attaques iraniennes et houthies.M. Raggi représente le Liban à la 52e session du conseil des ministres des...
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