Lors des ateliers de la Semaine du bien-être, les étudiants ont découvert des outils concrets pour mieux gérer leur stress au quotidien. Photo UA
La 5e édition de la Semaine du bien-être et de la santé mentale de l’Université Antonine (UA) vient rappeler que l’épanouissement de ses étudiants, au-delà de leur performance académique, reste au centre de ses priorités. Au programme de cet événement, 20 sessions réparties entre conférences, ateliers pratiques et témoignages, ainsi que des compétitions et un Salon du bien-être au cours de laquelle plus de dix-huit organisations ont présenté leurs services en matière de santé mentale. Organisée par le vice-rectorat au développement humain intégral de l’UA, sous le patronage du ministère libanais de la Santé publique et en collaboration avec le Bureau régional de l’Unesco à Beyrouth, cet événement vise d’abord l’instauration « d’une culture du bien-être », comme l’affirme le père Jean al-Alam, secrétaire général et vice-recteur au développement humain intégral de l’UA. Marie-Joe Mansour, 25 ans, retient de cet événement « que le bien-être commence par l’écoute de soi ». Les huit sessions auxquelles elle a participé lui ont « rappelé que prendre soin de sa santé mentale est tout aussi important que prendre soin de sa santé physique ».Bien au-delà de la sensibilisation, la finalité de cette Semaine singulière est de permettre aux jeunes « de mieux identifier (leurs) besoins », de travailler sur « la connaissance de soi, la gestion de la pression, la qualité des relations, la capacité à identifier ses limites », mais aussi « d’adapter certains comportements », et « de solliciter un accompagnement lorsqu’il devient nécessaire », selon le père al-Alam. De la sorte, plusieurs ateliers ont proposé aux étudiants des outils qu’ils pourront utiliser de manière concrète dans leur quotidien. Il s’agit de leur permettre de « mieux reconnaître les mécanismes du stress, de travailler la régulation émotionnelle, de renforcer certaines habitudes protectrices, d’améliorer la qualité des relations ou d’apprendre à identifier les signes qui indiquent qu’un soutien professionnel serait utile », poursuit-il. Au cours de cette Semaine, les étudiants ont d’ailleurs pu découvrir les dispositifs permanents que l’UA met à leur disposition, tel le service de counseling ou le programme UA Plus. L’enjeu, selon le secrétaire général, est non seulement « de rendre ces ressources plus visibles et plus accessibles », mais aussi qu’un étudiant sache quand recourir à une aide « et vers qui se tourner, et qu’il puisse le faire sans considérer cette démarche comme un aveu de faiblesse ».

L’espoir demande un effort conscient
Intitulée The Power of Hope : Let Your Mind and Heart Bloom (Le pouvoir de l’espoir : laissez votre esprit et votre cœur s’épanouir), cette 5e édition a revisité la notion d’espoir à la lumière des défis actuels du pays, répondant aux multiples besoins des étudiants, dans leur vie personnelle, universitaire et sociale. Il a été question de proposer aux jeunes différentes pistes pour préserver leur capacité à se projeter dans un avenir incertain. « Dans un tel environnement, l’espoir ne peut être réduit à une disposition positive de l’esprit. Il désigne plutôt la faculté de maintenir un horizon lorsque les circonstances tendent à le rétrécir. Il permet de continuer à choisir, à entreprendre, à se relever après une épreuve et à préserver une orientation lorsque les repères deviennent moins stables », affirme le père Jean al-Alam. « Même dans les moments difficiles, l’espoir peut nous aider à avancer », observe Marie-Joe Mansour, qui est en 2e année de master à la faculté de musique et musicologie, avec un parcours en musicothérapie. Articulés autour du passage de l’espoir à l’action, les ateliers de cette édition ont été animés, sur le campus et en ligne, par des experts nationaux et internationaux venus du Canada, du Royaume-Uni, du Japon, des États-Unis, d’Allemagne et du Liban. Ces sessions ont été consacrées aux huit dimensions du bien-être, telles que définies par la roue du bien-être de l’UA, soit les dimensions physique, académique, émotionnelle, spirituelle, environnementale, financière, professionnelle et sociale. « Chaque activité a abordé un aspect différent de la santé mentale et a eu un impact particulier sur les participants », affirme Hassan Ghtaimy, 21 ans. Pour cet étudiant en 3e année de marketing et management, « chacune a contribué, à sa manière, à sensibiliser, à encourager des échanges enrichissants et à nous rappeler l’importance du bien-être psychologique ». Marie-Joe Mansour confie avoir été particulièrement touchée par le message de la psychologue clinicienne Nada Koussa : « L’espoir se construit, l’espoir s’apprend, l’espoir se choisit », que la praticienne a évoqué lors de sa session intitulée L’architecture de l’espoir : renforcer sa force psychologique en période d’instabilité. « Elle m’a rappelé que, même dans les moments d’incertitude ou de difficulté, nous avons la possibilité de construire notre espoir, de le renforcer et de choisir de ne pas abandonner. Elle m’a également fait comprendre que l’espoir demande un effort conscient et qu’il peut devenir une véritable source de force et de résilience. » L’étudiante compte se souvenir de ce message non seulement sur le plan personnel, mais aussi dans sa future pratique professionnelle. « L’espoir est un choix que nous pouvons renouveler chaque jour, non seulement pour nous-mêmes, mais aussi pour les personnes que nous accompagnons », assure Marie-Joe Mansour.
Au-delà de l’événement
En plus des sessions animées par les experts, certains formats ont permis aux étudiants « de devenir acteurs de la réflexion et de la réponse elle-même », indique le père Jean al-Alam.C’est dans cette perspective que s’est inscrit le Hackathon Designing Hope in Action, durant lequel des étudiants venant de plusieurs universités libanaises ont conçu et développé des solutions technologiques qui répondent à des enjeux de santé mentale et de bien-être en milieu universitaire. Au programme également de cette Semaine, la journée Wellness Youth Day, organisée en partenariat avec la faculté des sciences du sport et le bureau des activités sportives de l’UA, a invité les lycéens à considérer la santé comme un engagement à long terme, et ce à travers des activités pratiques. De même, organisée en collaboration avec le centre SEED de l’UA, l’Entrepreneurial Youth Day s’est adressée aux élèves de première et de terminale, les invitant à concevoir une solution entrepreneuriale fondée sur le sport, favorisant la résilience et la gestion du stress. Si l’UA consacre un événement universitaire au bien-être et à la santé mentale de ses étudiants, c’est que cet établissement croit en une « éducation au service de l’épanouissement personnel », selon le père al-Alam, qui précise que l’université ne doit pas se limiter à la transmission de compétences académiques, mais contribuer à la construction personnelle et relationnelle des étudiants. Marie-Joe Mansour estime que l’organisation de ce type d’initiatives à l’université est indispensable, les étudiants étant souvent « confrontés à une pression académique et à des défis personnels qui peuvent affecter leur équilibre mental et émotionnel ». « Cette Semaine permet de rappeler que nous ne sommes pas uniquement définis par nos résultats ou nos responsabilités, mais aussi par notre bien-être, poursuit-elle. Elle encourage les étudiants à parler plus librement de leurs émotions, à chercher du soutien lorsqu’ils en ont besoin et à faire preuve de bienveillance envers eux-mêmes et envers les autres. » En favorisant la prévention, l’écoute et l’accès aux ressources adaptées, « notre responsabilité éducative porte sur la personne dans sa globalité » et « ne s’arrête pas à la fin de l’événement », souligne, pour sa part, le vice-recteur au développement humain intégral de l’UA.En effet, au-delà de cet événement, l’université « poursuit un objectif institutionnel plus large. Nous souhaitons contribuer à faire du bien-être une composante ordinaire de l’expérience universitaire, et non un sujet périphérique auquel on s’intéresserait ponctuellement ». Hassan Ghtaimy s’appuie sur son expérience à l’UA pour évoquer ce que « la sensibilisation à la santé mentale et l’importance qui lui est accordée » ont contribué à développer chez lui. Pour cet étudiant de 21 ans, il s’agit de se battre, de ne jamais abandonner, même dans les périodes de doute. « L’essentiel est de rester fidèles à vous-mêmes, de continuer à vous construire et de ne jamais avoir peur de recommencer, même si cela signifie repartir à zéro. L’important n’est pas de ne jamais tomber, mais de trouver la force de se relever et de continuer à avancer », résume le jeune homme.
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