Le jardin des donateurs au cœur du campus. Photo fournie par l’ESA
L’ESA est certes une école tournée vers les affaires, mais elle n’est jamais loin de la culture. Depuis sa création, l’établissement s’investit dans la promotion de l’art et de la culture au Liban, un engagement qui traduit à la fois une volonté institutionnelle et une certaine conception du rôle de l’entreprise dans la société.
Car quiconque se penche sur les chiffres sait que la culture est partie intégrante de tout PIB qui se respecte. Une réalité d’autant plus parlante dans un contexte libanais en crise, où la culture demeure un port d’attache et, au-delà, une respiration essentielle.
Au fil du temps, le campus est ainsi devenu un lieu d’exposition à part entière. Les étudiants y côtoient sculptures, toiles et œuvres d’art. Cette ouverture sur la création participe pleinement à la volonté de l’école de former des « leaders responsables, ouverts sur le monde et innovants ».
L’idée est aussi de les sensibiliser à d’autres formes d’expression, à la création et à l’innovation. Des qualités qui ne concernent pas uniquement le monde artistique : la capacité à imaginer, à sortir des cadres établis et à porter un regard différent sur son environnement constitue également l’un des ressorts de l’entrepreneuriat.
Cette année, l’ESA fête les 10 ans du certificat d’Arts Management, créé en collaboration avec Gurr Johns, le cabinet international indépendant spécialisé dans l’art et les objets de valeur, installé au 16 Pall Mall, à Londres. Une formation qui, au fil des années, « même les plus compliquées », a prouvé sa pertinence, précise Hala el-Khazen, responsable de l’Arts Club.
Le certificat répond à une réalité qui dépasse largement la seule connaissance du marché de l’art. Dans un pays comme le Liban, où la création artistique continue de se frayer un chemin malgré les crises, comprendre les rouages de ce secteur, ses acteurs et ses modèles économiques revient aussi à reconnaître la culture comme un domaine professionnel à part entière.
Mais l’ambition de l’ESA ne s’arrête pas à la formation. L’école entend également être une plateforme d’échanges et une fenêtre ouverte sur le monde contemporain, en favorisant les rencontres entre étudiants, professionnels et acteurs de la scène artistique.
Au fil des années, le certificat a également donné naissance à une véritable communauté d’alumni, réunissant aujourd’hui plus de 100 diplômés, unis par une même passion pour l’art et par les liens tissés au sein de l’établissement. Son succès a conduit à la création de l’Arts Club, qui réunit les anciens du programme autour d’activités culturelles. « Certains viennent avec des amis, ce qui permet de faire connaître davantage le certificat et s’inscrit dans le circuit de réseautage cher à l’ESA », explique Hala el-Khazen.
Là encore, la culture rejoint l’une des vocations premières de l’école : créer du lien. En 2025, l’Arts Club a ainsi organisé douze visites en neuf mois, entre fondations, collections privées, galeries, rencontres avec des artistes et conférences. Autant d’occasions de découvrir de nouveaux univers et de rencontrer les acteurs de la scène culturelle libanaise. L’ESA réfléchit désormais à la suite, notamment à la possibilité d’ouvrir le club au public.
Cette volonté de faire du campus un espace de dialogue avec la création contemporaine se traduit également par une programmation régulière. Chaque année, l’école organise différentes manifestations culturelles, participant ainsi, à son échelle, au soutien d’un secteur particulièrement fragilisé par les crises successives. L’enjeu est aussi de contribuer à maintenir Beyrouth comme un lieu de création, de diffusion et d’échanges, fidèle à sa réputation de ville ouverte sur le monde.
Les jardins, qui se prêtent particulièrement bien à ce type d’événements, ont ainsi vu se tenir une exposition des sculptures de Nadim Karam. Le campus présente également des œuvres de Saër Karam, Ayman Baalbaki ou Leila Kazma, parmi d’autres.
Mais il n’a pas seulement abrité des œuvres : il a aussi, à l’occasion, ouvert ses portes aux artistes eux-mêmes, comme les peintres Christoff Baron et Jean-Marc Dallanegra. En 2016, ce dernier y avait installé son atelier, dans les anciennes pièces de l’ancien consulat de France, avant d’y présenter une trentaine de peintures. Un exemple concret de la volonté de faire du campus un lieu où l’art se crée autant qu’il s’expose.
Une démarche qui s’inscrit plus largement dans la vision de l’école. « Maxence Duault, notre directeur général, a toujours été très impliqué dans la culture, il déploie beaucoup d’efforts en ce sens et, avec lui, nous espérons pouvoir mettre en place d’autres certificats dans le même registre », souligne Hala el-Khazen.
Pour l’ESA, le pari n’est donc pas nouveau. L’école a progressivement construit autour de ses formations un véritable écosystème, dont le pôle arts et culture constitue l’une des expressions. La culture y trouve sa place non pas en marge de l’activité économique, mais à son intersection : comme secteur, comme domaine de connaissance, comme espace de création et comme terrain de réseautage.
