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Une voix libanaise au cœur du Parlement allemand

Georgia Melhem, jeune étudiante de 22 ans, passionnée par les relations internationales et la politique, raconte son expérience marquante : un stage de « rêve », comme elle le décrit, au sein du Parlement allemand, le Bundestag.

Une voix libanaise au cœur du Parlement allemand

Georgia Melhem. Photo DR

Étudiante en deuxième année de master en histoire et relations internationales à l’Université Saint-Joseph de Beyrouth (USJ), Georgia Melhem s’intéresse depuis son plus jeune âge aux questions de souveraineté et de sécurité, en particulier en Europe. « L’été dernier, lors d’un événement organisé par la Fondation Friedrich Naumann (FNF) à Beit Beirut, j’ai eu la chance de rencontrer l’ancien ambassadeur d’Allemagne. Nous avons échangé sur mon séjour Erasmus en Allemagne en 2024, entre autres sujets. Il a été surpris par ma maîtrise de la langue », se souvient-elle. Impressionné par la jeune étudiante, il lui a proposé de candidater à la bourse parlementaire internationale (IPS) organisée chaque année en Allemagne. Ce programme permet à des jeunes du monde entier de découvrir de l’intérieur le système parlementaire de l’Allemagne. Il inclut généralement une immersion directe dans le bureau d’un député allemand. « Très surprise, à ce moment-là, je me suis dit que c’était une blague ! Moi, Libanaise, partir au Parlement allemand ! » s’exclame-t-elle. « J’avais un niveau B1 (intermédiaire), alors qu’il fallait un niveau B2 (avancé). » Déterminée, Georgia s’est aussitôt mise au travail pour atteindre le niveau requis : « Ça m’a pris à peu près cinq mois pour passer d’un B1 à un B2 ! C’était vraiment stressant. Je voulais à tout prix être prise. Ce n’était pas une simple candidature, c’était un rêve », ajoute-t-elle.« Mon histoire avec la langue allemande a commencé très tôt. Il est parfois difficile d’expliquer pourquoi j’aime l’allemand », confie-t-elle. « Je ne voulais pas apprendre une langue simplement parce que tout le monde la parle. » Elle a donc choisi un chemin peu emprunté par les Libanais.Son choix académique était très clair : l’histoire et les relations internationales. Georgia cherche à comprendre les coulisses et les rouages de la vie politique : comment les dirigeants parviennent-ils à jongler avec les crises et à garder la maîtrise de la situation ? « À la télévision, on voit un événement, mais derrière, il y a un travail qui nécessite des mois, parfois des années, de préparation et de coordination », lance-t-elle.Tout a commencé par le dépôt de sa candidature en ligne, suivi d’un entretien en présentiel avec des membres de l’ambassade d’Allemagne au Liban. « L’attente a été longue. Les quelques mois avant de recevoir la lettre d’acceptation m’ont paru des années ! J’attendais cette chance avec impatience, et je ne voulais à aucun prix la laisser passer », confie-t-elle.À Berlin, le programme comprenait deux phases : une phase théorique, consacrée à la présentation générale du travail parlementaire, puis une phase pratique au Parlement. « J’ai été très bien accueillie dans le bureau du député. Je me suis vraiment sentie intégrée à l’équipe », insiste-t-elle. « J’ai eu la chance de l’accompagner à la commission des Affaires étrangères. J’ai aussi eu accès à deux autres commissions et à divers événements auxquels il participait. Le Bundestag est une véritable ville fermée, composée de plusieurs bâtiments. C’est un monde en soi, et y avoir accès n’était pas évident ! », raconte Georgia. « La journée au bureau commençait par la lecture de la presse. J’avais de petites discussions, parfois de vrais débats, avec les membres de l’équipe. Je n’hésitais jamais à donner mon avis : je n’avais pas peur, et j’étais là pour ça », explique la jeune fille, marquée par cette expérience multiculturelle. « L’assistant parlementaire chargé de la recherche et de l’information m’a demandé de rédiger en allemand un document de 60 pages sur le Liban, afin qu’un public non libanais, notamment allemand, puisse mieux comprendre le mode de vie des Libanais et la crise que traverse le pays. Je l’ai ensuite présenté devant l’une des commissions parlementaires », se réjouit-elle, fière et honorée de ce travail.


Ambassadrice du Liban

Cette expérience a permis à Georgia d’élargir son réseau et de nouer des contacts diplomatiques de haut niveau : « J’ai eu l’occasion de rencontrer l’ambassadeur du Liban en Allemagne et d’échanger avec lui sur la situation du pays lors de réunions consacrées au Liban au Bundestag », raconte-t-elle.Patriote et fière de ses origines, Georgia tenait à faire découvrir aux députés et au personnel du

Bundestag un autre visage de son pays. « Les Libanais ne se résument pas à l’image qu’en donnent les médias. Je me suis battue pour faire connaître l’héritage cosmopolite du Liban », lance-t-elle. « J’ai appris à entrer dans leur univers et à voir la politique sous un nouvel angle. Elle ne se construit pas seulement au sein des institutions, mais aussi par l’écoute, le dialogue et les échanges avec des personnes venues des quatre coins du monde. »Émue par cette aventure, Georgia mesure l’importance de cette voix intérieure qui guide sa passion. Elle insiste aussi sur la nécessité d’oser : « Sans risque, il n’y a pas de belle aventure. » Puis elle s’interrompt, cherche ses mots et montre la tasse en porcelaine que son bureau lui a offerte en souvenir. Elle conclut : « C’était un rêve devenu réalité. »

Étudiante en deuxième année de master en histoire et relations internationales à l’Université Saint-Joseph de Beyrouth (USJ), Georgia Melhem s’intéresse depuis son plus jeune âge aux questions de souveraineté et de sécurité, en particulier en Europe. « L’été dernier, lors d’un événement organisé par la Fondation Friedrich Naumann (FNF) à Beit Beirut, j’ai eu la chance de rencontrer l’ancien ambassadeur d’Allemagne. Nous avons échangé sur mon séjour Erasmus en Allemagne en 2024, entre autres sujets. Il a été surpris par ma maîtrise de la langue », se souvient-elle. Impressionné par la jeune étudiante, il lui a proposé de candidater à la bourse parlementaire internationale (IPS) organisée chaque année en Allemagne. Ce programme permet à des jeunes du monde entier de découvrir de l’intérieur...
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