Des partisans du Hezbollah tenant un portrait de l'ancien chef du parti, Hassan Nasrallah, lors d'une commémoration de son assassinat, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 27 septembre 2026. Photo REUTERS/Zohra Bensemra

Le Hezbollah a annoncé un nouveau programme d’aide au relogement des déplacés et des familles dont les habitations ont été détruites ou rendues inhabitables par les bombardements israéliens. Ce dispositif prévoit des aides pouvant atteindre 14 000 dollars à Beyrouth et dans sa banlieue sud, et 12 000 dollars dans les autres régions, a précisé le président du conseil exécutif du parti, le cheikh Ali Daamouch. Cette annonce a été faite une semaine après que des informations de Reuters avaient fait état de la réception par le parti chiite de 200 millions de dollars en provenance d'Iran pour venir en aide aux déplacés. Le cheikh Daamouch n’a pas précisé l’enveloppe globale consacrée au nouveau programme. Les sommes seront versées aux bénéficiaires durant un an.
Le programme concerne les personnes touchées par les deux guerres successives notamment les habitants des villages frontaliers occupés ou devenus inaccessibles, même lorsque leur logement est intact. L’aide au relogement est réservée aux familles privées de leur résidence principale et ne disposant pas d’un autre toit. Le responsable au sein du parti-milice a assuré que les versements seraient effectués sans distinction politique ou confessionnelle
Pourquoi c'est important
Si ces aides sont effectivement versées, elles constitueront un nouveau soutien financier d'ampleur apporté par le parti à ses partisans depuis le début des deux guerres successives dévastatrices l'ayant opposé à Israël, après que des promesses d'aides, en 2024, avaient finalement été partiellement versées avant d'être suspendues. Le parti s'est vu privé d'une grande partie de ses apports financiers, en perdant son approvisionnement en espèces provenant d'Iran avec la chute du régime Assad en décembre 2024, et donc la fermeture des routes terrestres via la Syrie, et la suspension des vols entre Téhéran et Beyrouth, depuis février 2025. Ces aides visent principalement la base populaire du Hezbollah, qui a payé un lourd tribut au conflit, les régions où le parti étant majoritaire, à savoir le Sud, la Békaa et la banlieue sud de Beyrouth, ayant été les plus touchées par l'offensive israélienne. La guerre depuis 2023 a fait plus de 9 000 morts et les autorités libanaises estiment que la facture de la reconstruction pourrait avoisiner les 27 milliards de dollars.
Par ailleurs, Washington conteste la possibilité d'un versement de 200 millions de dollars de l'Iran au Hezbollah et accuse la formation de chercher à masquer ses difficultés financières. Les Etats-Unis font pression sur Beyrouth pour qu'il mène rapidement à bien le désarmement du parti chiite, condition sine qua non américaine à toute aide à la reconstruction.

La présidente du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Mirjana Spoljaric, a appelé à des efforts urgents de « désescalade » au Moyen-Orient, avertissant qu'une intensification des hostilités serait « désastreuse » pour des dizaines de millions de personnes. « Les civils paient un prix inacceptable en raison des opérations militaires au Moyen-Orient », a-t-elle déclaré dans un communiqué. Elle a notamment déploré « l'ampleur des pertes en vies humaines » au Yémen, ainsi que les morts, blessés et destructions en Arabie saoudite, alors que le front s'est rallumé entre Riyad et les rebelles yéménites houthis ces dernières semaines.
Par ailleurs, le Haaretz a rapporté qu'Israël essaie, par l'intermédiaire des États-Unis, d'obtenir le feu vert de l'Arabie saoudite pour rejoindre la campagne militaire contre les houthis. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu est à l'initiative de cette requête, qui est jusqu'à présent refusée par le prince héritier saoudien, Mohammad ben Salmane (MBS), dirigeant de facto du royaume. Le quotidien a indiqué que le Premier ministre israélien veut renforcer ses liens avec Riyad et « paver la voie à un futur accord de normalisation » entre les deux pays. L'Arabie saoudite a en revanche réclamé, jusqu'à présent sans succès, le soutien des États-Unis dans ses frappes contre les rebelles yéménites. Les combattants pro-iraniens ont mis en garde Washington contre toute intervention.

- Trois ans depuis la mort de Issam Abdallah : Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a exhorté la communauté internationale à faire pression sur Israël pour identifier et punir les militaires responsables d'une attaque contre des journalistes il y a trois ans au Liban. Le 13 octobre 2023, une double frappe contre un groupe de journalistes se trouvant à Alma el-Chaab avait tué un vidéaste de l'agence Reuters, Issam Abdallah, et blessé six reporters. Plusieurs enquêtes indépendantes ont conclu qu'il s'agissait de deux tirs d'obus de char israéliens de 120 mm provenant de la zone de Jordeikh dans le nord d'Israël, frontalière du sud du Liban.
- Un engin explosif dans la Békaa : L’armée libanaise a annoncé avoir neutralisé, dans la nuit, un « ancien engin explosif » camouflé et prêt à être déclenché dans la région de Kfar Zabad, dans le caza de Zahlé. Selon notre correspondante dans la Békaa, Sarah Abdallah, l’engin se présentait sous la forme d’une boîte dont dépassait un fil électrique, découverte par les forces de sécurité entre Kfar Zabad et Aïn Kfar Zabad, près de la frontière libano-syrienne.
- Un nouveau système anti-drones pour Israël : Israel Aerospace Industries (IAI) a présenté HawkGuard, un nouveau système de protection contre les drones d’attaque. L'annonce a été faite dans la foulée de nombreuses autres similaires au cours des derniers mois, alors que le Hezbollah avait fait des dégâts importants dans les rangs israéliens avec ses drones kamikazes. Depuis samedi, l'armée israélienne a déclenché à deux reprises des alertes suite à des infiltrations présumées d'engins aériens à sa frontière nord, et alors que les attaques se poursuivent sur le Liban-Sud.
- Des prévisions de croissance à la baisse : Le Fonds monétaire international (FMI) a fortement abaissé ses prévisions de croissance pour le Moyen-Orient et l'Asie centrale en 2026, les économies du Golfe subissant de plein fouet les répercussions du conflit dans la région. Dans son dernier rapport, l'institution prévoit désormais une contraction de 0,3% dans la zone en 2026, alors qu'elle tablait il y a six mois sur une croissance positive de 1,9%. Cette révision reflète « une fermeture du détroit d'Ormuz plus longue » que prévu, explique le Fonds, qui s'attend à un net rebond en 2027 en pariant sur la réouverture progressive de cette voie maritime essentielle pour les Etats pétroliers et gaziers de la région.




