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Société - Liban-Sud

Trois ans après l'attaque contre des journalistes à Alma el-Chaab, le CPJ appelle à faire pression sur Israël

Sara Qudah, directrice régionale du CPJ pour le Moyen-Orient, plaide pour la suspension de l'accord d'association UE-Israël, trois ans après la frappe qui a tué Issam Abdallah et blessé six reporters.

Le cortège funèbre pendant les funérailles du journaliste de Reuters, Issam Abdallah, le 14 octobre 2023, à Khiam. Photo Mohammad Yassine / L'Orient-Le Jour

Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a exhorté mardi la communauté internationale à faire pression sur Israël pour identifier et punir les militaires responsables d'une attaque contre des journalistes il y a trois ans au Liban.

Le 13 octobre 2023, une double frappe contre un groupe de journalistes se trouvant à Alma el-Chaab a tué un vidéaste de l'agence Reuters, Issam Abdallah, et blessé six reporters, dont deux de l'Agence France-Presse (AFP), Dylan Collins et Christina Assi. Une enquête indépendante menée par l'AFP a conclu qu'il s'agissait de deux tirs d'obus de char israéliens de 120 mm provenant de la zone de Jordeikh dans le nord d'Israël, frontalière du sud du Liban. Ces conclusions ont été corroborées par d'autres investigations internationales, notamment de Reuters, du CPJ, de Human Rights Watch, d'Amnesty International et de Reporters sans frontières.

« Face à l'échec patent d'Israël à rendre des comptes, nous appelons la communauté internationale à faire pression sur les responsables israéliens afin qu'ils mènent une enquête identifiant les unités et les individus responsables de ces attaques délibérées contre des journalistes », a déclaré Sara Qudah, directrice régionale du CPJ pour le Moyen-Orient. Ne pas punir les responsables contribuerait à maintenir une forme d' « impunité », ce qui « met en danger d'autres journalistes », a-t-elle poursuivi dans un communiqué, appelant l'Union européenne (UE) à envisager des sanctions. La suspension de l'accord d'association UE-Israël, qui encadre les relations économiques et politiques, « est l'une des rares options restantes qui pourraient exercer une pression significative pour briser ce cercle d'impunité », a déclaré Sara Qudah.

Interrogée par l'AFP, l'armée israélienne a affirmé que l'attaque contre les journalistes faisait l'objet d'un « examen approfondi », sans toutefois donner de précisions sur la durée de cette procédure, trois ans après les faits. « L'armée israélienne ne cible pas les journalistes. Elle met tout en œuvre pour réduire au minimum les atteintes aux civils non impliqués tout en préservant la sécurité de ses troupes », a-t-elle insisté. Elle « regrette tout préjudice causé à des journalistes, respecte la liberté de la presse et leur rôle essentiel, et ne cible pas les journalistes en raison de leur profession », a ajouté l'armée.

« Besoin de savoir »

La frappe contre le groupe de journalistes en octobre 2023 a fait l'objet de multiples condamnations et d'appels à établir des responsabilités, sans succès jusque-là.

En juin dernier, l'ambassadeur d'Israël en France, Joshua Zarka, avait reconnu que l'armée israélienne avait commis une « erreur » en frappant les reporters, ce qui constituait la première admission publique de la part d'un responsable israélien. Les reporters « n'ont pas été ciblés parce qu'ils étaient journalistes » mais parce que « les soldats sur place pensaient que c'étaient des terroristes », avait affirmé M. Zarka dans un épisode de l'émission « Complément d'enquête » sur France Télévisions.

Interrogée par le CPJ, Christina Assi, qui a dû être amputée d'une jambe après l'attaque, a elle aussi souligné l'importance de demander des comptes aux responsables. « Nous avons besoin de savoir qui nous a fait cela », a-t-elle déclaré.

L'attaque contre les journalistes s'est produite dans un contexte de début d'embrasement régional, quelques jours après les attaques menées par le Hamas le 7 octobre 2023, les plus meurtrières jamais commises sur le sol israélien et l'ouverture par le Hezbollah d'un « front de soutien » avec Gaza, le lendemain le 8 octobre. Deux guerres s'en sont suivies entre le parti-milice libanais et l'Etat hébreu : la première, jusqu'à novembre 2024 et un cessez-le-feu conclu sous égide de Washington, et la seconde, ouverte en solidarité avec l'Iran le 2 mars 2026, après 15 mois d'attaques israéliennes persistantes sur le Liban-Sud. Depuis juin, le Hezbollah n'a plus revendiqué d'attaques, dans le cadre du protocole d'accord conclu entre Washington et Téhéran, mais l'armée israélienne continue d'occuper plus de 600 km2 du territoire libanais et d'y mener des tirs et frappes quotidiennement.

Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a exhorté mardi la communauté internationale à faire pression sur Israël pour identifier et punir les militaires responsables d'une attaque contre des journalistes il y a trois ans au Liban. Le 13 octobre 2023, une double frappe contre un groupe de journalistes se trouvant à Alma el-Chaab a tué un vidéaste de l'agence Reuters, Issam Abdallah, et blessé six reporters, dont deux de l'Agence France-Presse (AFP), Dylan Collins et Christina Assi. Une enquête indépendante menée par l'AFP a conclu qu'il s'agissait de deux tirs d'obus de char israéliens de 120 mm provenant de la zone de Jordeikh dans le nord d'Israël, frontalière du sud du Liban. Ces conclusions ont été corroborées par d'autres investigations internationales, notamment de...
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