Le contingent italien de la Force intérimaire des Nations unies est déployé dans le village de Aïn Ebel, au Liban-Sud, le 6 juin 2026, pour désamorcer des munitions non explosées. Photo Lucile Wassermann/L’Orient-Le Jour
L'info du jour
Un homme a été tué lundi matin dans l'explosion d'une mine, alors qu'il inspectait son terrain à la périphérie de Aïn Ebel, l'un des rares villages encore peuplés au cœur de la zone d'occupation israélienne dans le sud du Liban. La victime, Edgard Jillo, était un agent des Forces de sécurité intérieure et travaillait aussi comme agriculteur, selon le président du conseil municipal de la localité à majorité chrétienne, Ayoub Khoreiche. L'armée israélienne a par ailleurs annoncé avoir « lancé un intercepteur vers une cible aérienne suspecte repérée dans l'espace aérien » au Liban-Sud, après une alerte similaire lancée dimanche soir, sans plus de détails sur la nature de la cible repérée.
Pourquoi c'est important
Il s'agit de la troisième victime en deux jours à déplorer dans le sud du Liban, où deux autres personnes ont été tuées dimanche dans des conditions similaires, alors qu'elles s'étaient rendues dans leurs champs, en pleine saison de récolte des olives. Dimanche, un militaire à la retraite a été tué par un tir d'artillerie israélien à Yater, quelques heures après qu'un autre homme avait péri des suites de l'explosion d'un engin explosif à Froun, deux villages du caza de Bint Jbeil situés aux abords de la zone occupée, qui s'étend sur plus de 600 km². Ces décès, ainsi que les alertes consécutives ces derniers jours à la frontière nord d'Israël et les frappes d'artillerie et de drone qui se poursuivent à travers la zone occupée, ont lieu alors que la tension semble au plus haut entre le Hezbollah, qui reconstitue ses forces, et Israël, à quelques semaines des élections législatives. Ces tensions, exacerbées également par la possibilité d'une reprise de la guerre entre l'Iran et les Etats-Unis, font craindre une reprise des affrontements au Liban.
Ce sur quoi il faut garder un œil
Le Premier ministre Nawaf Salam a commenté l'incident de Dahr el-Baïdar, où deux membres du Hezbollah ont été arrêtés le 5 octobre par les forces de sécurité alors qu'ils conduisaient un camion chargé de centaines de kilos d'explosifs. Le chef du gouvernement a notamment assuré lundi qu'il n'y aura « ni indulgence ni laxisme » dans le traitement de ce dossier. « Je comprends l'inquiétude suscitée chez les Libanais par la nouvelle de cette interception et par la nature des matières transportées, d'autant plus que le C-4 a été utilisé dans plusieurs assassinats politiques tristement célèbres de l'histoire moderne du Liban », a déclaré Nawaf Salam sur X.
Il s'agit de la première réaction officielle d'un des deux chefs de l'exécutif depuis le début de l'affaire qui a vivement relancé le débat autour de l'arsenal du parti chiite, que le Liban s'est engagé à désarmer, tout en menant des négociations directes avec Israël. Une affaire qui ravive également le spectre des attentats et autres projets d'assassinats politiques qui ont secoué le pays par le passé, notamment entre 2004 et 2008.
Dans le reste de l'actualité
- Cinq Palestiniens ont été tués dans deux frappes israéliennes menées dimanche soir et lundi matin dans le sud de la bande de Gaza, selon des sources médicales palestiniennes citées par Reuters et Al Jazeera. Lundi matin, une attaque israélienne de drone a fait deux morts et trois blessés graves près de Rafah, quelques heures après qu'une autre frappe a tué trois autres personnes dans une tente située dans le camp de déplacés d'al-Mawassi, près de Khan Younès. L'armée israélienne a affirmé avoir visé des combattants dans cette zone, sans fournir davantage de précisions.
- La dernière attaque ayant visé dimanche l'aéroport King Khalid à Riyad a fait un mort, de nationalité pakistanaise, et 11 blessés, selon les autorités saoudiennes, qui ont annoncé lundi la prolongation de la suspension des opérations de l'aéroport, sans préciser la date de reprise du trafic.
- De nouvelles frappes saoudiennes ont par ailleurs été rapportées dans des zones tenues par les houthis au Yémen par des médias locaux. À Sanaa, des frappes aériennes attribuées à l'Arabie saoudite par les médias houthis ont visé plusieurs secteurs de la capitale dans la nuit de dimanche à lundi. Selon l'agence Associated Press, qui cite le ministère de la Santé contrôlé par les houthis, une personne a été tuée et douze autres blessées. À Taëz, dans le sud-ouest du Yémen, les forces gouvernementales yéménites ont annoncé lundi avoir bombardé plusieurs positions houthies.
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