Une vue du spectacle sur les marches du Musée national. Photo fournie par le CLES
Par la danse, le théâtre et la musique, le Centre libanais pour l’éducation spécialisée (CLES) a transformé, samedi après-midi, les marches du Musée national de Beyrouth en scène à ciel ouvert pour célébrer la 12e édition de « 10.10.DYS », Journée des troubles spécifiques des apprentissages. Devant ce bâtiment qui préserve la mémoire du Liban, l’avenir était au premier plan.
Le spectacle allait au-delà de la simple célébration. Les troubles spécifiques des apprentissages, de la dyslexie, de la dysgraphie et de la dyscalculie aux troubles du langage, de la coordination motrice et de l’attention, ne sont pas visibles ni dus à un manque d’intelligence. Ils touchent pourtant, selon les estimations du CLES, jusqu’à un élève sur cinq, et laissent souvent les enfants qui y sont confrontés relégués au fond de la classe. Dans ce lieu hautement symbolique, le CLES a voulu rendre ces troubles visibles et rappeler que le diagnostic précoce et le soutien spécialisé, qu’il propose gratuitement depuis sa création, peuvent changer toute la trajectoire d’un enfant.
Les enfants du programme « Dance by CLES » et son équipe ont interprété les tableaux chorégraphiques. Le CLES a lancé ce programme en 2017 en partenariat avec le National Dance Institute (New York), pour introduire la danse dans les écoles publiques et privées et rassembler des enfants aux capacités d’apprentissage différentes. Les monologues ont été signés par l’équipe de la pièce de sensibilisation Shu Bene Mama ? (« « Qu’est-ce que j’ai, maman ? »), dont le titre reprend la question d’un enfant qui ne comprend pas pourquoi il rencontre des difficultés.
La musique a eu sa place : l’un des talents primés au concours « Let’s Music », organisé par le CLES en 2022 avec Virgin Radio Lebanon, a joué du violon. Deux jeunes talents se sont produits au chant et au qanoun.
Carmen Chahine Debbane, fondatrice et présidente du CLES, a prononcé un mot dans lequel elle a décrit les enfants avec lesquels le centre travaille : « Il y a des enfants qui voient et écrivent les lettres et les mots différemment, il y a des enfants dont les idées arrivent toutes en même temps, qui ont du mal à faire la distinction et à se concentrer, il y a des enfants dont les mots ne disent pas ce qu’ils pensent et il y a des enfants qui ont du mal à comprendre les quantités et le calcul. Ces enfants ne valent pas moins, ils sont différents. »
Elle a résumé aussi la mission du CLES : « Ne laisser aucun enfant de côté ni aucun enfant affronter seul ses difficultés. On aide chaque enfant à réaliser tout son potentiel, quelles que soient ses capacités. Quand on apprend à nos enfants à comprendre la différence, à l’accepter et à la respecter, on ne construit pas seulement une meilleure école… on construit une société plus juste et un pays plus proche de la paix. » « La paix ne commence pas seulement quand la guerre s’arrête. La paix commence par l’éducation, elle commence par nos enfants. Et nos enfants… ce sont eux, le monde », a-t-elle conclu.