Le président américain Donald Trump s’exprime lors d’une rencontre avec le président libanais Joseph Aoun dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche, à Washington, le 21 juillet 2026. Photo Saul Loeb/AFP
Trois mois après avoir évoqué la possibilité de rétablir les liaisons aériennes directes entre le Liban et les États-Unis, le président Donald Trump a officiellement levé les restrictions qui pesaient depuis plusieurs décennies sur les vols entre les deux pays, franchissant ainsi une étape importante vers leur éventuelle reprise. Une décision saluée par le président Joseph Aoun, qui y voit « un signe de confiance dans les mesures prises par l’État libanais pour garantir la sécurité de l’aviation civile ».
Dans un mémorandum présidentiel signé le 30 septembre et publié au Federal Register, le locataire de la Maison Blanche estime que les restrictions instaurées par quatre décisions présidentielles adoptées en 1985, 1992, 1998 et 2007 ne sont « plus nécessaires pour assurer la sécurité des aéronefs effectuant des vols à destination ou en provenance du Liban contre toute prise de contrôle illégale ».
Les vols américains vers le Liban avaient été suspendus en 1985 après le détournement, par des militants présumés du Hezbollah, du vol 847 du transporteur américain TWA (Trans World Airlines), qui reliait Athènes à Rome, avant d'être contraint d'atterrir dans la capitale libanaise. Au cours de cette prise d'otages de 17 jours, un plongeur de la marine américaine avait été assassiné.
Des restrictions progressivement assouplies
Les restrictions remontent à 1985, lorsque l'administration de Ronald Reagan avait suspendu les liaisons aériennes avec le Liban pour des raisons de sécurité, notamment face aux risques de détournement d'avions. Les mesures interdisaient aux compagnies américaines de desservir le Liban, y compris indirectement, et suspendaient les droits de transport vers les États-Unis des compagnies libanaises Middle East Airlines (MEA) et Trans Mediterranean Airways (TMA). Elles avaient ensuite été progressivement assouplies : en 1992, sous George H. W. Bush, les compagnies étrangères avaient été autorisées à acheminer des marchandises vers le Liban ; en 1998, sous Bill Clinton, la vente de billets à destination du Liban et les trajets avec correspondance avaient été autorisés ; puis, en 2007, sous George W. Bush, certaines dérogations avaient été accordées aux transporteurs américains opérant sous contrat avec le gouvernement américain, notamment pour le transport de passagers, de marchandise et de matériel humanitaire. Malgré ces assouplissements, les restrictions continuaient de faire obstacle à la reprise des liaisons aériennes commerciales directes entre les deux pays.
La décision abroge intégralement ces quatre textes et charge le secrétaire américain aux Transports de mettre immédiatement en œuvre cette mesure, en supprimant toute réglementation ou décision qui lui serait contraire.
Le président Aoun a salué cette décision, y voyant une « marque de confiance dans les mesures prises par les autorités libanaises » pour garantir la sécurité de l’aviation civile. Il a remercié Donald Trump, qui avait répondu « favorablement » à sa demande de lever ces restrictions lors de leur rencontre à la Maison Blanche en juillet dernier. Le chef de l’État libanais a également remercié le secrétaire d’État américain Marco Rubio pour son « suivi du dossier », réaffirmant « l’engagement du Liban à respecter les normes internationales de sécurité aérienne ». Il a enfin exprimé l’espoir que cette décision ouvre la voie à un « renforcement de la coopération entre Beyrouth et Washington ». De son côté, l’ambassadrice du Liban à Washington, Nada Hamadé Mouawad, a exprimé sa « gratitude » envers Donald Trump pour cette décision, qui « ouvre la voie à la reprise des vols directs entre le Liban et les États-Unis ».
La levée de ces restrictions ne signifie toutefois pas une reprise immédiate des vols directs entre les deux pays. Selon des sources de la MEA et de l’aviation civile libanaise interrogées jeudi par L’Orient-Le Jour, plusieurs obstacles réglementaires, sécuritaires et opérationnels restent à surmonter. Beyrouth et Washington devront notamment travailler à l’élaboration d’un nouvel accord de transport aérien, celui actuellement en vigueur remontant à 1972 et étant considéré comme « obsolète ». Plusieurs autorisations américaines restent également nécessaires, ainsi qu’un audit préalable, notamment en matière de sécurité aérienne et de sûreté aéroportuaire. La MEA, qui doit réceptionner huit nouveaux appareils entre la mi-novembre et la fin juin 2027, dont quatre Airbus A330neo adaptés aux vols long-courriers, pourrait ainsi reprendre ses liaisons directes « vers la fin de l’année 2027 ou en 2028 », selon une source au sein de la compagnie.

