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Politique - Conseil Des Ministres

Malgré les récriminations et réserves, Bassam Badran reconduit à la tête de l'Université libanaise

Cette nomination, d'un proche de Nabih Berry, a eu lieu malgré l'annulation par le Conseil constitutionnel d'une loi permettant au président de l'UL de briguer un nouveau mandat.

Malgré les récriminations et réserves, Bassam Badran reconduit à la tête de l'Université libanaise

Le recteur de l'Université libanaise, Bassam Badran à son bureau, en 2023. Photo Anne-Marie el-Hage/L'Orient-Le Jour

Le Conseil des ministres a renouvelé jeudi et pour cinq années le mandat de Bassam Badran à la présidence de l’Université libanaise, à l’issue d’un compromis entre les trois pôles du pouvoir, le président Joseph Aoun, le président du Parlement, Nabih Berry, et le Premier ministre, Nawaf Salam. Ce renouvellement intervient à quelques jours de l’échéance du mandat du président de la seule université publique du Liban, le 12 octobre, malgré les réserves émises lors de la séance et par certaines formations politiques, et alors que le Conseil constitutionnel (CC) avait rejeté la possibilité d'une reconduction de Bassam Badran.

Lors du Conseil des ministres, la ministre de l’Éducation, Rima Karamé et le ministre de la Justice, Adel Nassar, ont soulevé des questions liées à la constitutionnalité de ce nouveau mandat. « La candidature de Bassam Badran a été retenue parmi cinq noms dont des candidats chrétiens, sachant que ce poste revient traditionnellement à un chiite proche de Nabih Berry », précise une source informée dans l’éducation, sous couvert d’anonymat. « Le président de l’UL est aussi proche du chef de l’État », affirme la source, rappelant qu’à l’issue de son élection en janvier 2025, le président libanais avait choisi de se rendre en premier lieu au rectorat de l’UL, place du Musée.

« Atteinte aux réformes »

La question divise au-delà de l'exécutif, et plusieurs députés issus de la contestation populaire, des Forces libanaises et des Kataëb, avaient dénoncé, avant le Conseil des ministres, l'éventualité d'une reconduction de M. Badran, invoquant une décision du Conseil constitutionnel invalidant la prolongation du mandat du recteur. Les députés de la contestation Michel Douaihy, Waddah Sadek et Mark Daou avaient ainsi appelé à éviter « les compromis politiques et le clientélisme », tandis que Halimé Kaakour avait estimé qu’une nouvelle nomination porterait atteinte « à la loi, à la gouvernance et aux réformes ».

Dans la même veine, le député des Forces libanaises (FL) Antoine Habchi, membre de la commission parlementaire de l’éducation, s’était demandé sur quelle base légale peut-on accepter la candidature de Bassam Badran et soumettre son nom au Conseil des ministres, après que le Conseil constitutionnel a annulé, par sa décision n° 8/2026, le texte exceptionnel qui lui permettait de se présenter pour un second mandat. Il a réclamé « une réponse juridique claire, et non un compromis au détriment de la loi ».

En revanche, Edgard Traboulsi, député du Courant patriotique libre (CPL, aouniste), parti qui se dit aujourd’hui de l’opposition, et rapporteur de la commission parlementaire de l'éducation, a salué sur X une décision accordant au président de l’UL qui a « réussi » dans sa mission, « la chance d’un second mandat ». « C’est une raison fondamentale du redressement » de l’institution, a-t-il souligné. Il avait affirmé en juillet à L'OLJ que l'objectif du renouvellement est « la continuité et la stabilité » de l’institution universitaire publique dans un contexte d’incertitude sécuritaire et de conflits à répétition entre Israël et le Hezbollah.

En juillet dernier, le Parlement libanais avait accordé à Bassam Badran le droit de se représenter pour un nouveau mandat de cinq ans non renouvelable, alors que selon le statut de l’université publique, le recteur ne peut cumuler les mandats consécutifs. La perspective avait suscité un tollé, avec plusieurs partis et députés qui avaient dénoncé une procédure « sur mesure » au bénéfice de la communauté chiite. La mesure a finalement été conditionnée par la formation préalable du Conseil de l’université, organisme décisionnel de 38 doyens, professeurs, représentants de l’exécutif, inexistant depuis 2018. Le législatif avait dans ce cadre prorogé de six mois le mandat du recteur. Les récriminations des députés s'étaient matérialisées dans un recours en invalidation de la décision devant le Conseil constitutionnel, qui avait annulé en septembre dernier deux dispositions de la loi votée par le Parlement en juillet, la prorogation de six mois du mandat du président de l’UL, Bassam Badran, et celle lui garantissant (à lui seul) le droit de se présenter pour un second mandat consécutif. En revanche, il a maintenu la disposition qui consiste à fixer la durée du mandat à 5 ans, renouvelable une fois (même si pas de manière consécutive), estimant que cette disposition concerne la fonction et non pas son titulaire, s’appliquant à toute personne qui occupera ce poste, et respectant par là le principe d’égalité.

Le Conseil des ministres a renouvelé jeudi et pour cinq années le mandat de Bassam Badran à la présidence de l’Université libanaise, à l’issue d’un compromis entre les trois pôles du pouvoir, le président Joseph Aoun, le président du Parlement, Nabih Berry, et le Premier ministre, Nawaf Salam. Ce renouvellement intervient à quelques jours de l’échéance du mandat du président de la seule université publique du Liban, le 12 octobre, malgré les réserves émises lors de la séance et par certaines formations politiques, et alors que le Conseil constitutionnel (CC) avait rejeté la possibilité d'une reconduction de Bassam Badran. Lors du Conseil des ministres, la ministre de l’Éducation, Rima Karamé et le ministre de la Justice, Adel Nassar, ont soulevé des questions liées à la constitutionnalité de ce...
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