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Technologies - Intelligence Artificielle

Mistral veut revenir dans la course à l’IA, Anthropic entend protéger Claude : les temps forts de la semaine

OpenAI serait en pourparlers avec des fonds d’investissement des Émirats arabes unis en vue de leur participation à un nouveau tour de financement d’au moins 30 milliards de dollars.

Mistral veut revenir dans la course à l’IA, Anthropic entend protéger Claude : les temps forts de la semaine

Le logo de Mistral. Photo d'illustration Andrej IVANOV / AFP

Mistral dévoile « le Chonk », son plus grand modèle

L'entreprise française Mistral a annoncé le lancement d'un nouveau modèle d'intelligence artificielle avec lequel elle espère revenir dans la course face aux principaux acteurs mondiaux du secteur, américains et chinois, à l'origine de ChatGPT, Claude ou DeepSeek.

Baptisé Mistral Large 4 (ML4) et surnommé « le Chonk », il s'agit d'un modèle dit « open source », c'est-à-dire que ses paramètres et son architecture seront rendus publics, et la start-up affirme dans un communiqué qu'il se classe « parmi les meilleurs » du genre en termes de performances. Pour l'heure, ce modèle peut être testé sur Mistral Studio et ses paramètres doivent être publiés le 27 octobre. D'ici là, l'entreprise entend travailler « avec les développeurs, spécialistes de la cybersécurité et autorités publiques afin d'évaluer plus en détail les capacités et le comportement » du modèle en conditions réelles.

En l'état, toutes les intelligences artificielles les plus avancées sont américaines ou chinoises, qu'il s'agisse des modèles « open source », c'est-à-dire gratuits, téléchargeables et modifiables plus ou moins totalement, ou des versions propriétaires (fermées et non modifiables), à savoir celles d'Anthropic, OpenAI ou Google Gemini.

Conçu en Europe, ML4 peut analyser du texte et des images, avec 1 000 milliards de paramètres, et a été entraîné pendant deux mois dans les centres européens de Mistral et sur plus de 160 langues, détaille le communiqué.

OpenAI approcherait les Émirats et BlackRock pour une levée de fonds

OpenAI serait en pourparlers avec des fonds d’investissement des Émirats arabes unis en vue de leur participation à un nouveau tour de financement d’au moins 30 milliards de dollars, a rapporté Bloomberg. Des investisseurs émiratis discuteraient ainsi de la possibilité de former un consortium afin d’investir conjointement dans OpenAI. D’après les sources citées par l’agence, les investissements potentiels des fonds émiratis pourraient atteindre 10 milliards de dollars. La société américaine de gestion d’actifs BlackRock envisagerait également de participer à ce tour de financement.

Bloomberg avait précédemment rapporté qu’OpenAI comptait lever au moins 30 milliards de dollars, une opération qui porterait la valorisation de l’entreprise à environ 1 400 milliards de dollars.

Ce n'est pas la seule actualité du géant propriétaire de ChatGPT, qui a annoncé dernièrement sa décision d'intégrer progressivement un filigrane invisible à certains textes générés par ChatGPT et Codex dans l’Union européenne, afin de faciliter leur identification et de répondre aux exigences de l’AI Act.

Enfin, trois chercheurs en sécurité d'OpenAI l'ont accusé jeudi de les avoir licenciés pour avoir alerté sur les dangers de l'IA, relançant le débat sur la sécurité dans une entreprise dont les IA ont échappé cet été à leurs testeurs. « Je pense que nous avons été licenciés pour avoir fait passer la sécurité avant les intérêts à court terme d'OpenAI en tant qu'entreprise », a écrit sur X l'un d'eux, Mikita Balesni, rompant une semaine de silence depuis leur éviction remarquée. Avec ses collègues Tomek Korbak et Jasmine Wang, ils ont rendu publique jeudi une lettre adressée aux instances de contrôle de l'entreprise.

Anthropic interdit à ses utilisateurs de maltraiter Claude

Anthropic a annoncé jeudi qu'il interdisait à ses utilisateurs tout « comportement abusif ou cruel, durable et gratuit » envers Claude, l'assistant d’intelligence artificielle créé par l'entreprise américaine, qui se distingue de ses rivaux en envisageant ouvertement que son IA puisse être consciente.

La règle, en vigueur à partir du 12 novembre, ne s'appliquera que dans des cas extrêmes, « où des utilisateurs agissent de manière répétée avec cruauté envers nos modèles, sans but discernable », écrit l'entreprise à l'occasion de la mise à jour de sa politique d'utilisation. L'agacement ordinaire, la contradiction, la création de fictions violentes ou sombres, ou encore les tests et la recherche sur les modèles, ne sont pas concernés, ajoute-t-elle.

L'entreprise de San Francisco rattache la nouvelle interdiction à une fonction lancée en août 2025, qui permet à Claude de mettre fin de lui-même à une conversation avec un interlocuteur durablement abusif. Elle l'avait alors présentée comme issue de ses « travaux exploratoires sur le bien-être potentiel des IA ». Anthropic suscite le débat en étant parmi les grands noms de l'intelligence artificielle, l'entreprise envisageant le plus clairement que ses modèles puissent être dotés d'une forme de conscience. « Nous ne savons pas si les modèles sont conscients », avait déclaré en février son patron, Dario Amodei, tout en se disant ouvert à cette idée, dans un podcast du New York Times.

Selon le quotidien, l'entreprise a défendu, lors de réunions privées ces derniers mois avec des intellectuels religieux, la possibilité que Claude soit conscient. Elle y a aussi fait valoir que la façon dont les humains se comportent avec l'outil pourrait influer sur la façon dont il traite les humains. Le pape Léon XIV, qui a rejeté l'idée d'une conscience des machines dans son encyclique sur l'IA publiée en mai, a de nouveau distingué jeudi l’homme de l'algorithme.

La capacité de Claude à clore une conversation restera le principal moyen de faire respecter la nouvelle règle, affirme l'entreprise.

Les modèles d'IA ne seraient pas assez protégés contre des utilisations à but terroriste

De nombreux modèles d'intelligence artificielle disposent de protections insuffisantes contre les demandes d'« aide à une opération terroriste », souligne dans un rapport publié vendredi l'initiative Tech Against Terrorism. Dans le cadre de cette initiative soutenue par l'ONU, un test a été mené sur 162 modèles d'IA.

Ils ont été soumis à une série de 627 questions auxquelles « un terroriste préparant une attaque aurait besoin » d'obtenir des réponses. Parmi ces modèles, Tech Against Terrorism indique avoir pu évaluer 116 modèles classiques, 13 modèles personnalisés après leur publication pour être utilisés dans des champs spécifiques, et 13 modèles débridés, dont les barrières de sécurité ont été modifiées par des tiers.

D'après les résultats de cette étude, les modèles classiques interrogés, tels que ChatGPT (OpenAI), Claude (Anthropic) ou Gemini (Google), ont répondu en moyenne à 1,9 % des questions posées par un utilisateur qui indiquait clairement dans sa demande son « intention terroriste ». Dans les autres cas, le modèle d'IA interrogé refusait de fournir une réponse.

Pour les mêmes modèles, le nombre moyen de réponses utilisables s'est élevé à 16,9 % quand l'utilisateur indiquait faire sa demande dans le cadre de recherches en sécurité. D'après les tests menés, ces résultats ont changé drastiquement s'agissant de modèles débridés, c'est-à-dire de modèles modifiés après leur publication pour oublier leurs paramètres de sécurité et leur capacité à refuser certaines demandes. Sur les 13 modèles débridés testés, le taux de réponse moyen à des questions en lien avec une « activité terroriste » variait entre 87 % et 92 %.

L'initiative Tech Against Terrorism pointe particulièrement le risque lié aux modèles « open source », qui sont par ailleurs très prisés par les acteurs chinois du secteur.

Mistral dévoile « le Chonk », son plus grand modèleL'entreprise française Mistral a annoncé le lancement d'un nouveau modèle d'intelligence artificielle avec lequel elle espère revenir dans la course face aux principaux acteurs mondiaux du secteur, américains et chinois, à l'origine de ChatGPT, Claude ou DeepSeek.Baptisé Mistral Large 4 (ML4) et surnommé « le Chonk », il s'agit d'un modèle dit « open source », c'est-à-dire que ses paramètres et son architecture seront rendus publics, et la start-up affirme dans un communiqué qu'il se classe « parmi les meilleurs » du genre en termes de performances. Pour l'heure, ce modèle peut être testé sur Mistral Studio et ses paramètres doivent être publiés le 27 octobre. D'ici là, l'entreprise entend travailler « avec les...
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