Des partisans des autorités houthies brandissent leurs armes lors d’une manifestation contre l’intervention saoudienne au Yémen, à Sanaa, le 9 octobre 2026. Photo Mohammed Huwais / AFP
L'info du jour
Des dizaines de personnes ont été blessées samedi à l’aéroport international de Riyad, dont au moins cinq ressortissants saoudiens placés en soins intensifs, après un tir de missile opéré par les houthis et signalé par une source diplomatique citée par l’AFP. Certains blessés ont été transportés vers un hôpital par hélicoptère, selon une source médicale. Une évacuation de l’aéroport de la capitale saoudienne était par ailleurs en cours, tandis que les autorités appelaient les passagers à vérifier le statut de leur vol avant de s’y rendre. L’incident survient dans un contexte d’escalade entre l’Arabie saoudite et les rebelles houthis pro-iraniens du Yémen, qui ont revendiqué plusieurs attaques contre l’aéroport ces derniers jours, sans néanmoins revendiquer dans l’immédiat celle de samedi. Parallèlement, les forces gouvernementales yéménites soutenues par Riyad affirment gagner du terrain face aux rebelles aux abords du détroit stratégique de Bab el-Mandeb.
Des sources militaires du camp gouvernemental ont fait savoir que les rebelles yéménites, qui avaient pris le contrôle du détroit lors d'une offensive éclair début septembre, tiennent toujours l'île de Mayyoun, au cœur du passage maritime. Les combattants antigouvernementaux ont « refoulé les concentrations de troupes alliées de l'Arabie saoudite qui tentaient d'avancer depuis Lahj en direction de Bab el-Mandeb, sans réaliser aucun progrès » a écrit pour sa part sur Telegram le porte-parole militaire des houthis, Yahya Saree.
Pourquoi c'est important
Cette nouvelle escalade intervient alors que l’Arabie saoudite intensifie son engagement militaire au Yémen, en appui aux forces gouvernementales qui tentent de reconquérir les territoires passés sous contrôle des houthis. Au cœur des combats figure le détroit stratégique de Bab el-Mandeb, qui relie la mer Rouge au golfe de Aden et constitue un passage essentiel pour le commerce maritime entre l’Europe et l’Asie via le canal de Suez. Son importance s’est encore accrue depuis le blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran, qui perturbe les exportations pétrolières du Golfe. En prenant le contrôle de positions stratégiques autour de Bab el-Mandeb, notamment l’île de Mayyoun, les houthis ont ainsi renforcé leur capacité à menacer une autre voie majeure d’acheminement des hydrocarbures. Pour Riyad, l’enjeu est donc autant de contenir la progression des rebelles pro-iraniens que de sécuriser ses propres infrastructures énergétiques et ses voies d’exportation, alors que les frappes de missiles et de drones contre le royaume se multiplient. Malgré les avancées revendiquées par les forces gouvernementales, le contrôle du détroit reste disputé.
Ce sur quoi il faut garder un œil
Mahmoud Abbas reporte les élections législatives palestiniennes de près d’un an, invoquant des « obstacles israéliens ». Le président de l’Autorité palestinienne a annoncé que les élections législatives et présidentielle se tiendraient simultanément le 11 septembre 2027, alors que les premières étaient initialement prévues le 28 novembre prochain. Pour justifier ce report, la présidence palestinienne a invoqué des « obstacles imposés par les mesures israéliennes », notamment les restrictions d’accès à Jérusalem-Est et à la bande de Gaza, ainsi que la nécessité de garantir les conditions d’un scrutin « libre, équitable et inclusif ». Cette décision intervient alors que le Fateh et le Hamas étaient convenus mercredi dans des discussions au Caire d’engager un dialogue national. Les dernières élections législatives palestiniennes remontent à 2006 et avaient été remportées par le Hamas. Mahmoud Abbas, élu en 2005, est quant à lui resté au pouvoir malgré l’expiration de son mandat en 2009.
Dans le reste de l'actualité
- Fin du mandat la Finul : une délégation parlementaire saisit l’ONU pour réclamer un réexamen de la résolution 2790. Une délégation de huit députés libanais a rencontré le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU, Jean Arnault, auquel elle a remis un mémorandum juridique adressé au secrétaire général et aux membres du Conseil de sécurité. Le document réclame un réexamen de la résolution 2790 (2025), qui prévoit la fin du mandat de la Finul. Cette démarche prolonge une initiative soutenue par 86 députés, qui avaient déjà remis une étude juridique au président Joseph Aoun et au président du Parlement Nabih Berry. Estimant que la situation au Liban-Sud a profondément évolué depuis l’adoption de la résolution, les parlementaires appellent à revoir ses modalités d’application afin de préserver la souveraineté du Liban et d’éviter tout « vide sécuritaire » après le départ des Casques bleus.
- Plusieurs arrestations après deux opérations de l’armée dans la Békaa. L’armée libanaise a effectué une perquisition à Riha (Baalbeck), au cours de laquelle elle a arrêté M.Z., frère du trafiquant de drogue surnommé « Abou Sallé », tué lors d’une opération militaire l’an dernier. Plusieurs autres personnes recherchées ont également été interpellées et des armes ainsi que des objets prohibés saisis, selon notre correspondante dans la Békaa, Sarah Abdallah. Par ailleurs, l’armée a annoncé avoir détruit une plantation de cannabis de 60 000 m2 à Kneissé (Baalbeck), où 17 ouvriers syriens dépourvus de documents de séjour en règle ont été arrêtés.
- Aoun : « Il faut se sacrifier pour le Liban, et non sacrifier le Liban pour les autres ». Le président Joseph Aoun appelé vendredi soir les Libanais à faire preuve d’unité et à renforcer leur attachement à leur pays, au cours de l’avant-première d’un film consacré à Saint Charbel. Qualifiant le dévot de « symbole national et humain » transcendant les appartenances confessionnelles, le chef de l’État a estimé que « l’amour et la foi » constituaient les valeurs essentielles capables de rassembler les Libanais. « Nous devons tous nous sacrifier pour le Liban, et non sacrifier le Liban pour les autres, quels qu’ils soient », a-t-il insisté dans une allusion apparente aux deux guerres dans lesquelles le Hezbollah a entraîné le pays depuis octobre 2023.
- Nouvelles frappes israéliennes au Liban-Sud. Après une nuit marquée par des tirs d’artillerie israéliens quasi continus sur plusieurs secteurs du Sud, l’armée israélienne a poursuivi samedi ses bombardements, menant plusieurs frappes aériennes, notamment dans la région dite de Jarmak, dans le caza de Jezzine, située en dehors de la « zone tampon » instaurée par l'État hébreu. Cette zone a été visée par une attaque de drone ainsi que par deux obus d’artillerie.
- Aoun et Rassamny condamnent les attaques contre l’Arabie saoudite. Le chef de l’État Joseph Aoun a condamné les attaques visant le royaume wahhabite, dénonçant une « menace pour sa sécurité et sa stabilité, ainsi que pour toute la région ». Il a réaffirmé « l’entière solidarité du Liban avec l’Arabie saoudite », soulignant que la sécurité du royaume était indissociable de celle du Moyen-Orient. Le ministre des Travaux publics et des Transports, Fayez Rassamny, a aussi condamné les attaques contre les aéroports saoudiens, réaffirmant le soutien de Beyrouth à Riyad.


