Des combattants fidèles aux autorités houthis participent à un rassemblement destiné à recruter de nouveaux combattants, à Sanaa, le 7 octobre 2026. Photo Mohammed HUWAIS / AFP
L'info du jour
L’Arabie saoudite a connu jeudi l’un de ses épisodes les plus violents depuis le début de la guerre au Moyen-Orient : des missiles houthis ont visé à plusieurs reprises Riyad et son aéroport international, tandis que des débris issus de l’interception d’un missile balistique ont causé des dégâts à une maternelle et à un complexe médical, sans faire de victimes. Des diplomates et des élèves d’écoles internationales ont été mis à l’abri et plusieurs vols ont été reportés ou annulés. Les rebelles yéménites ont également appelé le personnel des installations pétrolières saoudiennes à quitter les lieux, tandis que les combats se poursuivaient au Yémen, où plus de 200 000 personnes ont été déplacées depuis la reprise des hostilités.
Pourquoi c'est important
Le Yémen est devenu l’un des principaux fronts de la guerre régionale, alors que les combats directs entre Washington et Téhéran se sont globalement tus. Soutenus par l’Iran, les houthis affrontent désormais directement les forces gouvernementales yéménites soutenues par Riyad et cherchent à mettre sous pression l’Arabie saoudite, notamment ses infrastructures énergétiques et aéroportuaires. Leur contrôle renforcé du littoral de la mer Rouge et du détroit de Bab el-Mandeb, passage stratégique entre l’Asie et l’Europe via le canal de Suez, donne à cette confrontation une dimension qui dépasse largement le Yémen. Pour Riyad, l’enjeu est donc à la fois sécuritaire, énergétique et commercial, alors que le royaume wahhabite tente de reprendre le contrôle de son voisin du sud tout en évitant une extension du conflit à son territoire.
Ce sur quoi il faut garder un oeil
- « Regardez ce que le Hezbollah fait de nous » : la colère d’un habitant de Haret Hreik après le retrait de son kiosque. Un habitant de la banlieue sud de Beyrouth a accusé le Hezbollah d’avoir détruit ses moyens de subsistance et sa maison après le retrait de son kiosque par la municipalité de Haret Hreik. « Nous avons sacrifié pour le Hezbollah. J’ai perdu mes moyens de subsistance et ma maison », affirme-t-il dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux. La municipalité a démenti toute implication politique, affirmant que le kiosque avait été installé sur le domaine public et retiré après plusieurs plaintes de riverains. Elle précise qu’aucun parti politique ni aucune personnalité n’a été impliqué dans l’opération.
- Israël ouvre pour la première fois un pavillon de défense au Maroc. Le ministère israélien de la Défense a annoncé l’ouverture d’un pavillon national au Marrakech Airshow, une première au Maroc et un nouveau signe du rapprochement entre les deux pays. Israël et le Maroc, qui ont normalisé leurs relations en décembre 2020 dans le cadre des accords d’Abraham, doivent par ailleurs ouvrir prochainement des ambassades respectives. Cette coopération, notamment militaire et sécuritaire, intervient alors que des manifestations pro-palestiniennes ont encore eu lieu cette semaine à Rabat pour dénoncer la normalisation avec Israël.
Dans le reste de l'actualité
- Accord-cadre : Salam réitère la nécessité d’un calendrier et d’un mécanisme de vérification. Le Premier ministre Nawaf Salam a reçu le sénateur républicain américain James Lankford, en présence de l’ambassadeur des États-Unis à Beyrouth, Michel Issa. Les discussions ont notamment porté sur la situation dans le Sud et la mise en œuvre de l’accord-cadre entre Israël et le Liban. Salam a insisté sur la nécessité d’un calendrier clair pour les engagements réciproques, ainsi que d’un mécanisme permettant d’en vérifier l’application. Il a également appelé au maintien du soutien américain à l’armée libanaise, ainsi qu’au soutien au retour des habitants, au relèvement et à la reconstruction des zones touchées par la guerre.
- Zouk et Jiyé pourraient fournir 1h30 de courant supplémentaire pendant un mois et demi. Le ministre de l’Énergie Joe Saddi a reçu le président d’Électricité du Liban (EDL), Nassib Nasr, qui l’a informé des efforts en cours pour remettre en service les centrales de Zouk et de Jiyé. Leur redémarrage permettrait d’assurer environ une heure et demie d’alimentation électrique supplémentaire pendant un mois et demi, compte tenu des quantités de carburant actuellement disponibles.
- Université libanaise : le gouvernement reconduit Bassam Badran malgré les contestations. Le Conseil des ministres a renouvelé jeudi le mandat de Bassam Badran à la présidence de l’Université libanaise, malgré les contestations de plusieurs députés qui avaient dénoncé une éventuelle reconduction et invoqué une décision du Conseil constitutionnel invalidant la prolongation de son mandat. Les députés Michel Douaihy, Waddah Sadek et Mark Daou avaient appelé à éviter « les compromis politiques et le clientélisme », tandis que Halimé Kaakour avait estimé qu’une nouvelle nomination porterait atteinte « à la loi, à la gouvernance et aux réformes ».
- Le Hezbollah annonce de nouvelles aides aux déplacés. Au lendemain des révélations de l'agence Reuters faisant état d’un transfert de 200 millions de dollars de l’Iran au Hezbollah (une information démentie par Washington), destinés notamment à soutenir les Libanais déplacés par la guerre, le bloc parlementaire de la Fidélité à la Résistance a affirmé que le parti-milice « est sur le point de mettre en œuvre une nouvelle étape pour verser des aides au logement aux personnes déplacées ». Dans un communiqué, il ne précise cependant ni le montant de ces aides ni leur source de financement.
- En Syrie, des filières désormais interdites aux étudiantes. Une décision du ministère syrien de l'Éducation d'interdire certaines filières aux étudiantes provoque de vives critiques dans le pays, certains dénonçant de nouvelles restrictions imposées par les autorités islamistes aux droits des femmes. À l'Université nationale des sciences de la défense, les sciences juridiques et sociales, la gestion et l'économie entre autres sont ainsi réservées aux étudiants masculins. À Idleb, les étudiantes ne sont plus admises dans les filières de production télé et radio.


