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Monde - France

Accusations d'antisémitisme : cerné par de nouvelles révélations, Bardella continue de nier


Le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, assiste à une conférence de presse le 6 octobre 2026. Photo Mehdi Fedouach / AFP

Jordan Bardella espérait tourner la page d'une « affaire dont tout le monde se moque ». Mais de nouveaux éléments publiés vendredi par plusieurs médias mettent à mal la défense du président du Rassemblement national face aux accusations d'écrits antisémites dont il persiste à nier être l'auteur.

Depuis dix jours, il jure n'avoir « jamais tenu ces propos ignobles », répète qu'on veut « l'assassiner politiquement », dénonce une « hystérie généralisée ». Mais à en croire le Canard enchaîné, dès les premières révélations de Mediapart, Jordan Bardella a fait le ménage dans un de ses anciens comptes Facebook.

Pas celui, personnel, à partir duquel il est accusé d'avoir échangé en 2013, à peine âgé de 17 ans, des messages sans équivoque sur « les banques toutes détenues par des Juifs », ou encore « un sioniste forcément est juif, et en profondeur ».

Mais un second compte, utilisé en tant que jeune militant au Front national - pas encore devenu Rassemblement national - et dont « toutes les données ont été effacées entre le 28 septembre et le 2 octobre », selon l'hebdomadaire satirique, qui assure « disposer d'extractions de conversations privées » prouvant ce nettoyage précipité.

Une « information fausse », s'est empressé de démentir le parti d'extrême droite, annonçant « une nouvelle plainte en diffamation » contre le journal - venant s'ajouter à celle déjà déposée contre Mediapart.

Les dénégations s'efforcent de rester cohérentes : mardi lors d'une conférence de presse, Jordan Bardella affirmait qu'il n'avait « pas de compte Facebook » et qu'il « n'utilis(ait) plus depuis très longtemps » ce réseau social. Trois jours plus tard le RN maintient donc que son chef « ne s'est jamais connecté à aucun compte Facebook ni (n'a) supprimé aucun message ».

En interne aussi, on refuse d'y croire. « Il faudrait que ce soit une vidéo ou un son de lui, mais il est lisse de chez lisse. Ca ressemble de plus en plus à une manipulation », se persuade un proche de Marine Le Pen.

Des réseaux et des doutes

La candidate à l'Elysée n'a pas encore réagi aux derniers rebondissements - « pour ne pas y donner de l'importance », explique son entourage. Mercredi, elle avait tout de même renouvelé sa « confiance à 1.000% » envers celui qu'elle entend nommer Premier ministre en cas de victoire au printemps prochain. Et fustigé une « manœuvre infâme de la part de Mediapart ».

Ce qui n'a pas empêché le site d'investigation de publier de nouveaux éléments vendredi, censés attester d'un « lien direct » entre l'ancien compte Facebook personnel de Jordan Bardella et son compte X (à l'époque Twitter) officiel et toujours actif.

En croisant les archives, sont ressortis des messages similaires, fautes d'orthographe incluses, à quelques heures d'intervalle sur les deux réseaux sociaux. Par exemple au sujet de ce « conseiller économique de François Hollande », en l'occurrence Emmanuel Macron, « employé par la banque Rotschild » - le célèbre patronyme juif étant à chaque fois écorché de la même manière.

Ou encore à l'encontre de « la gauche », puis « les socialistes », coupables d'avoir « voté les pleins pouvoirs à Pétain ». Des allégations que l'entourage de M. Bardella a également rejetées, jugeant que « ce nouvel article est grotesque ».

La veille sur LCI, le numéro un du RN avait longuement mis en cause Mediapart et ses journalistes, et indiqué « préparer » une plainte pour faux et usage.

Il aurait pourtant un autre moyen de démontrer sa bonne foi: le journal Libération a retrouvé vendredi une adresse mail dont Jordan Bardella « se servait au début des années 2010 » et « toujours associée à un compte Facebook ».

Le patron du parti à la flamme « pourrait donc techniquement demander au réseau social l'historique de ses anciennes conversations », et les confronter aux données déjà divulguées. Histoire de dissiper les doutes chez les 61% de Français « pas convaincus » par ses arguments, selon un sondage Ifop.

Pour l'heure il s'accroche à la thèse du complot et « laisse à chacun la possibilité d'apprécier ce qui est en train de se passer, d'(en) apprécier le timing, les méthodes et de se faire son propre jugement », convaincu que « le temps révélera sans doute la vérité ».


Jordan Bardella espérait tourner la page d'une « affaire dont tout le monde se moque ». Mais de nouveaux éléments publiés vendredi par plusieurs médias mettent à mal la défense du président du Rassemblement national face aux accusations d'écrits antisémites dont il persiste à nier être l'auteur.Depuis dix jours, il jure n'avoir « jamais tenu ces propos ignobles », répète qu'on veut « l'assassiner politiquement », dénonce une « hystérie généralisée ». Mais à en croire le Canard enchaîné, dès les premières révélations de Mediapart, Jordan Bardella a fait le ménage dans un de ses anciens comptes Facebook.Pas celui, personnel, à partir duquel il est accusé d'avoir échangé en 2013, à peine âgé de 17 ans, des messages sans équivoque sur « les banques toutes détenues par...
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