Un panneau d'affichage géant représentant des membres du groupe paramilitaire Kataëb Hezbollah tués lors d'une frappe aérienne à al-Qaïm ; la photo a été prise le 21 septembre 2026 dans le quartier de Sadr City, dans l'est de Bagdad. Photo Ahmad al-Rubaye/AFP
Les Kataëb Hezbollah, l'une des milices armées irakiennes pro-iraniennes, a annoncé jeudi la suspension de ses activités militaires en Irak, à l’exception des actions visant des « aéronefs hostiles », au lendemain de l'annonce du retrait des dernières troupes américaines d’Irak.
Le chef du groupe, Ahmad al-Hamidawi, a appelé ses combattants à mettre fin à leurs activités militaires, « à l’exception du ciblage des aéronefs hostiles violant l’espace aérien du pays », a rapporté l’agence Associated Press. Cette annonce intervient alors que plusieurs factions proches de Téhéran célèbrent depuis mercredi à travers l'Irak le départ des forces américaines, tout en refusant de renoncer à leurs armes.
Date butoir pour le désarmement
Cette annonce du chef des Kataëb Hezbollah intervient en parallèle de discussions entre le gouvernement irakien et les milices pro-iraniennes du pays sur leur désarmement, alors que Bagdad s'efforce de s'arroger le monopole des armes, sous forte pression américaine.
À son retour des États-Unis, où se tenait la semaine dernière l'Assemblée générale des Nations unies, le Premier ministre irakien Ali al-Zaïdi a ainsi fixé au 30 juin 2027 l’échéance pour achever ce processus, lui qui s'était préalablement engagé auprès de Washington à obtenir ce désarmement d'ici à la fin de l'année. « Le 1er octobre doit marquer le point de départ pour s'attaquer au problème des armes échappant au contrôle de l'État (...) selon une feuille de route claire et une échéance le 30 juin 2027 au plus tard », a déclaré le chef du gouvernement irakien dans un communiqué, alors que Bagdad avait initialement fixé la date au 30 septembre 2026.
Le président américain Donald Trump a déclaré que les États-Unis laissaient l'Irak entre les mains du « formidable » Premier ministre irakien, un dirigeant qui, selon lui, « saura, espérons-le, très bien gérer la situation », a-t-il écrit dans une publication sur Truth Social.
La veille, le ministre irakien des Affaires étrangères, Fouad Hussein, a annoncé mercredi que le gouvernement avait préparé un projet en ce sens, qui doit être présenté dans les prochains jours et comporter un calendrier précis de mise en œuvre.
La « Résistance islamique en Irak », coalition de groupes armés pro-iraniens à laquelle appartiennent les Kataëb Hezbollah, a de son côté rétorqué que ces discussions en cours avec le gouvernement sur le monopole des armes n’avaient pas permis d’aboutir à un accord. Son porte-parole, Jaafar al-Husseini, a affirmé que les factions n’étaient liées par « aucun calendrier de désarmement » imposé par Bagdad et que « les armes de la Résistance resteront confiées aux mains des combattants, assurant qu’elles continueraient d’être dirigées « contre tout ennemi qui viserait l’Irak et son peuple ».
Retrait américain d'Erbil
La question du désarmement des factions pro-iraniennes constitue l’un des principaux défis sécuritaires pour Bagdad après le départ, mercredi, des dernières forces américaines stationnées en Irak. Déployées depuis 2014 dans le pays et dans la Syrie voisine pour combattre le groupe État islamique (EI), les dernières troupes de la coalition antijihadiste menée par les États-Unis ont quitté la base aérienne d’Erbil, au Kurdistan irakien.
Après avoir défait le groupe djihadiste en 2017 en Irak puis en 2019 en Syrie, la coalition internationale, qui comprenait des effectifs de plus de 80 pays, était restée sur place pour en combattre les derniers éléments restants. Bagdad et Washington ont décidé en 2024 de mettre fin à cette mission, bien que des poches de djihadistes demeurent dans certaines zones désertiques.
« Cette journée est une victoire pour les États-Unis, une victoire pour l'Irak et une victoire décisive sur l'EI », a salué Donald Trump sur son réseau Truth Social pour l'occasion. Le Pentagone a cependant assuré qu'il continuerait « à fournir une formation ciblée et un soutien en matière de renseignement » à l'Irak.
Le groupe jihadiste avait perdu l’essentiel de son territoire en Irak en 2017, puis son dernier réduit territorial en Syrie en 2019, mais des cellules de l’organisation restent actives dans la région. Les forces américaines avaient progressivement quitté la majeure partie de l’Irak à partir de 2025, avant de concentrer leur présence à Erbil.
Les États-Unis avaient également achevé au printemps 2026 le retrait de leurs dernières bases en Syrie. La structure de commandement de l’opération internationale contre l’EI demeure toutefois active depuis la Jordanie, Washington affirmant vouloir continuer à soutenir ses partenaires régionaux face à une éventuelle résurgence du groupe jihadiste.

