Des équipes de la Défense civile syrienne tentant d'éteindre un incendie sur le site de l'explosion d'un gazoduc à la centrale thermique de Tichrine, près de la ville d'Al-Atiba, dans la région de la Ghouta orientale, dans la périphérie de Damas, le 30 septembre 2026. Photo SANA
Une explosion dans un gazoduc s'est produite mercredi soir près de l'une des principales centrales électriques du pays, à proximité de Damas, ont indiqué les médias d'Etat, deux jours après le sabotage d'un gazoduc dans l'est syrien.
Les autorités enquêtent pour déterminer l'origine de l'incident, qui n'a pas fait de victimes, selon la compagnie pétrolière publique citée par l'agence de presse officielle Sana.
« Une détonation entendue dans la Ghouta orientale, près de Damas, est due à une explosion dans un gazoduc alimentant la centrale (...) de Tichrine », a rapporté dans un premier temps le média d'Etat.
Elle s'est produite au niveau d'une station de réduction de pression à l'entrée de la centrale, a ensuite précisé la compagnie pétrolière publique.
Une source gouvernementale ayant requis l'anonymat a affirmé à l'AFP que l'explosion avait provoqué un « énorme incendie ».
L'explosion a mis hors service trois stations électriques, a indiqué la Société syrienne d'électricité dans un communiqué. « L'arrêt de ces centrales entraînera une baisse des quantités d'énergie électrique produites et une augmentation temporaire des heures de rationnement », a-t-elle ajouté.
Le réseau d'eau affecté
« L'explosion n'a jusqu'à présent causé aucun dégât dans les zones autour du site », a indiqué la chaîne publique Al-Ikhbariya, après l'arrivée sur place des équipes de la défense civile pour maîtriser le feu.
Les répercussions de l'incident ne se limitent plus au secteur de l'électricité, mais s'étendent désormais aux stations de pompage et de purification de l'eau potable, a ensuite précisé un responsable du ministère de l'Énergie, Abdelhamid Sallat, cité par l'agence de presse officielle Sana.
Lundi, une explosion due à un « sabotage » sur un gazoduc dans l'est de la Syrie avait déjà provoqué l'interruption de l'alimentation en gaz vers des centrales électriques.
Ces incidents interviennent alors que des Syriens étaient descendus dans la rue mi-septembre pour protester contre la hausse des prix des carburants, due à la guerre régionale avec l'Iran, selon les autorités.
La production de pétrole, de gaz et d'électricité de la Syrie a été grandement affectée par la guerre civile qui a ravagé le pays entre 2011 et 2024.
Avant la guerre, la Syrie produisait quotidiennement 30 millions de mètres cubes de gaz pour la production d'électricité, contre seulement 8,5 millions aujourd'hui. L'estimation des besoins actuels du pays est comprise entre 22 et 25 millions de mètres cubes de gaz par jour, selon le ministre de l'Energie Mohammad al-Bachir.
La Syrie avait signé en juin un contrat avec le géant américain de l'énergie ConocoPhillips pour développer son secteur gazier, au moment où le pays cherche à attirer les investisseurs afin de moderniser ses infrastructures après la guerre.