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Moyen-Orient - point actu

Le point à 19h : Le Liban ne veut pas être une « arène » pour les conflits régionaux, dit Salam à Pezeshkian ; le discours de Netanyahu attendu à l’ONU

Que retenir de l’actualité au Liban et dans la région ce jeudi ? L’Orient-Le Jour fait le point.

Le point à 19h : Le Liban ne veut pas être une « arène » pour les conflits régionaux, dit Salam à Pezeshkian ; le discours de Netanyahu attendu à l’ONU

A droite, le Premier ministre libanais Nawaf Salam et le ministre libanais des Affaires étrangers Joe Raggi. A gauche, le président iranien Massoud Pezechkian et le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Raghchi, le 24 septembre 2026 au siège de l'Onu à New York. Photo tirée du compte X du Grand Sérail.

L’info du jour

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam et le ministre des Affaires étrangères Joe Raggi ont rencontré jeudi à New York le président iranien Massoud Pezeshkian et le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies. « Le Liban a payé un prix fort en termes de sécurité, de stabilité et d'économie, et il ne souhaite pas servir de terrain d'affrontement pour les conflits régionaux ni d'arène pour les échanges de messages », a notamment déclaré M. Salam.

Pourquoi c'est important

Evoquée depuis plusieurs jours par plusieurs médias, cette rencontre a finalement eu lieu après avoir été sollicitée par la délégation iranienne, puis acceptée par la partie libanaise. Il s’agit de la première rencontre officielle entre des responsables libanais et iraniens depuis la reprise de la guerre, le 2 mars dernier, lorsque le Hezbollah avait affirmé relancer ses attaques contre Israël « en représailles » à la mort de l’ancien guide suprême iranien, Ali Khamenei, tué le 28 février lors de l’offensive israélo-américaine contre l’Iran.

Cette rencontre entre Beyrouth et Téhéran intervient alors que l’État libanais cherche à réaffirmer son autorité sur le plan sécuritaire face au Hezbollah, dont le désarmement sur l’ensemble du territoire fait toujours l’objet de longues négociations. Alors qu’Israël occupe toujours plus de 600 km² dans le sud du Liban, le Hezbollah refuse de discuter du démantèlement de son arsenal au nord du Litani, dont une partie importante est fournie et financée par son parrain iranien.

La rencontre intervient au terme d’une semaine d’entretiens diplomatiques menés par le chef du gouvernement libanais, consacrés notamment au soutien international à l’armée libanaise et à la mise en place d’une nouvelle force internationale appelée à remplacer les Casques bleus de la Finul dans le sud du pays, dont le mandat expire à la fin de 2026.

Elle revêt également une dimension diplomatique plus large. Massoud Pezeshkian se trouve à New York alors que l’Iran tente de maintenir ouverts certains canaux de négociation avec Washington, malgré sept mois de conflit avec les États-Unis et Israël. Le président iranien ne doit pas rencontrer Donald Trump, mais sa délégation a reçu pour mandat d’explorer d’éventuelles ouvertures diplomatiques.

MM. Salam et Raggi avaient également rencontré la veille le président syrien Ahmad el-Chareh, alors qu’une réunion interministérielle d’une ampleur inédite s’est ouverte mardi au Liban entre ministres et hommes d’affaires des deux pays, avec pour objectif de relancer la coopération économique.

Ce sur quoi il faut garder un œil

Ce soir à l’ONU, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu doit s’exprimer à la tribune de l’Assemblée générale autour de 14h, heure locale, soit 21h à Beyrouth. Alors que les chefs d’État se succèdent depuis mercredi à la tribune des Nations unies, son discours intervient quelques heures après celui du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

Privé de visa pour les États-Unis pour la deuxième année consécutive, M. Abbas s’est exprimé jeudi dans une vidéo pré-enregistrée. Il y a accusé Israël de mener une « guerre génocidaire » contre les Palestiniens à Gaza et de protéger le « terrorisme des colons » en Cisjordanie occupée. « Le danger ne se limite plus à saper la solution à deux États et à empêcher la création de l’État palestinien. Il en est désormais arrivé à menacer la vie et l’existence même du peuple palestinien sur sa terre natale », a-t-il affirmé.

Le discours de Benjamin Netanyahu intervient également dans un contexte diplomatique tendu. S’il doit rencontrer plusieurs dirigeants internationaux durant son séjour à New York, le Premier ministre israélien ne rencontrera pas le président américain Donald Trump, contrairement à ses précédents déplacements à l’occasion de l’Assemblée générale de l’ONU.

Dans le reste de l’actualité

  • L’armée israélienne réduit ses effectifs dans le sud du Liban. La radio de l’armée israélienne (GLZ) a rapporté jeudi que l’état-major avait décidé de réduire « significativement » le nombre de brigades déployées dans la zone d’occupation israélienne, qui s’étend sur plus de 600 km². Selon une source militaire citée par la radio GLZ, cette décision serait notamment liée à la « crise financière » que traverse l’armée, mais aussi aux « conditions opérationnelles actuelles », après notamment la prise de contrôle de la colline deAli Taher, au sud de Nabatiyé, un point stratégique pour le Hezbollah.
  • Le documentaire israélien « NAZA » sera disponible gratuitement en ligne. Réalisé par deux journalistes israéliens, le film donne la parole à des militaires israéliens sur les tueries de masse perpétrées contre des civils palestiniens à Gaza au cours des trois dernières années. L’un de ses réalisateurs a annoncé jeudi qu’il serait mis en ligne gratuitement en novembre, à l’approche des élections législatives israéliennes. Dans le même temps, le ministère de la Santé de Gaza a annoncé quatre nouveaux morts dans les frappes israéliennes au cours des dernières 24 heures, portant à 1 408 le nombre de Palestiniens tués depuis l’annonce d’un « cessez-le-feu » dans l’enclave, le 11 octobre 2025.
  • L'Arabie saoudite a dit avoir intercepté une attaque de missiles tirés du Yémen. Les défenses aériennes saoudiennes ont abattu six missiles visant les régions de Taëf et de Yanbu, sur la mer Rouge, a indiqué Riyad. Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Volker Türk, s'est quant à lui dit « consterné » par le nombre de civils tués depuis l'intensification de ces combats ces dernières semaines.
  • Le ministre libanais de l’Intérieur, Ahmad Hajjar, a appelé, lors d’une réunion avec le directeur général des Forces de sécurité intérieure (FSI), à «renforcer les mesures de sécurité, notamment à Beyrouth et aux abords de la route menant à l’aéroport », après un incident mortel au cours duquel un homme a lancé une pierre sur une voiture depuis un pont. Les FSI avaient annoncé mercredi l’arrestation d’un suspect.


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