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Moyen-Orient - point actu

Le point à 19h : Pezeskhian défie Trump à l'ONU, Aoun critique Israël qui « ne met pas en oeuvre l'accord-cadre »

Outre le discours très attendu du président iranien, son homologue syrien a centré son intervention sur la relation avec Israël, au deuxième jour de l'Assemblée générale. De son côté, le président libanais a fustigé depuis Beyrouth les attaques israéliennes continues au Liban-Sud. Retrouvez ici les principaux développements de l'actualité au Liban et au Proche-Orient mercredi soir.

Le point à 19h : Pezeskhian défie Trump à l'ONU, Aoun critique Israël qui « ne met pas en oeuvre l'accord-cadre »

Le président iranien Massoud Pezeshkian s’exprime lors de la 81e Assemblée générale des Nations unies, au siège de l’ONU à New York, le 23 septembre 2026. Photo TIMOTHY A. CLARY / AFP

L’info du jour

Dans un discours attendu et finalement offensif à la tribune de l'Assemblée générale de l'ONU, le président iranien, Massoud Pezeshkian, a affirmé mercredi au président Donald Trump que son pays ne « baisserait pas la tête face à l'agression », se disant victime du « terrorisme » américain. Il a prévenu que « la résistance du peuple iranien ne fera que s'intensifier contre les sanctions (américaines), la pression croissante et l'intimidation grandissante ». « Nous n'avons jamais été un agresseur (...) jamais démarré de guerre », a martelé le chef de l'État iranient.

M. Pezeshkian a soutenu que l'Iran ne tolérerait pas que le détroit d'Ormuz soit utilisé pour une « agression » contre son pays. « Ils nous ont fermé l'accès à nos propres eaux territoriales », a lancé le dirigeant de la République islamique au sujet des États-Unis, tout en utilisant de « missiles et technologies létales pour propageant l'insécurité dans toutes les zones bordant cette voie maritime ».

Pourquoi c'est important

À l'heure où le Moyen-Orient craint une nouvelle escalade régionale d'ampleur, M. Pezeshkian répondait plus précisément au locataire de la Maison Blanche qui avait menacé la veille d'« annihiler » son pays. « J'espère qu'ils prendront les bonnes décisions avant qu'il ne soit trop tard », avait dit Donald Trump, au cours d'une réunion avec des dirigeants du Moyen-Orient. Le président iranien est le plus haut responsable iranien à se rendre sur le sol américain depuis le début de la guerre, déclenchée fin février par des frappes israélo-américaines.

La réouverture du détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique par laquelle transitait avant la guerre un cinquième des hydrocarbures mondiaux, reste au coeur du conflit entre Téhéran et Washington. Les crispations sur les répercussions économiques mondiales de ce conflit sont montées d'un cran ces dernières semaines en raison du soutien de la République islamique aux rebelles yéménites houthis en mer Rouge.

Ce sur quoi il faut garder un œil

À New York également, le président syrien Ahmad el-Chareh a centré son discours sur la relation avec Israël. Il a affirmé à l'ONU que la région du Golan, en grande partie occupée par Israël, resterait « un territoire syrien ». « Toute tentative qui viole notre souveraineté et le droit international sera stoppée. Toute autre tentative sera déjouée conformément aux résolutions du Conseil de sécurité », a ajouté le responsable syrien. À noter que les Nations unies considèrent que le plateau est un territoire syrien sous occupation militaire israélienne. En juillet, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres avait réaffirmé que le Golan faisait partie de la Syrie, qualifiant l'occupation israélienne de « totalement inacceptable ». Déjà mardi, Ahmad el-Chareh avait affirmé, sur un ton humoristique, avoir proposé au président américain Donald Trump de « donner l'État du New Jersey à Israël », au lieu du plateau du Golan.

Le président syrien a toutefois affirmé que malgré les « agressions » répétées de son voisin « les chances d'une paix historique demeurent pour ceux qui veulent vivre en paix, une paix juste qui garantit les droits de tous ». Une réponse de la partie israélienne doit être attendue.

À Beyrouth, le président Joseph Aoun a mis en garde contre un « vide sécuritaire » au Liban-Sud si aucune force ne serait présente en 2027, après la fin du mandat des Casques bleus de la Finul en décembre 2026, « en particulier si l’occupation israélienne des villages et localités du Sud se poursuit », selon un communiqué de la présidence libanaise sur X. « Le Liban est favorable à toute force susceptible de (la) remplacer », a-t-il répété devant le principal conseiller du gouvernement britannique pour les affaires de défense au Moyen-Orient, l’amiral Edward Ahlgren. À l'heure où les pourparlers entre le Liban et Israël piétinent depuis août, M. Aoun a accusé Tel-Aviv de ne « pas mettre en oeuvre l'accord-cadre » signé fin juin entre les deux pays. « Israël ne respecte donc pas le cessez-le-feu, ni l’engagement de s’abstenir de détruire et de raser des habitations, de régler les points litigieux le long de la Ligne bleue et de restituer au Liban les prisonniers libanais », a-t-il dénoncé.

Dans le reste de l’actualité

  • Les États-Unis viennent de livrer des munitions au Liban pour une valeur de seize millions de dollars, afin de permettre à l'armée libanaise de « renforcer la souveraineté du Liban, sécuriser ses frontières, faire face aux menaces intérieures et entraver les activités facilitant le terrorisme », selon un communiqué sur X de l'ambassade américaine à Beyrouth. Au cours des six dernières années, les États-Unis ont fourni plus de 800 millions de dollars d’aide militaire à la troupe, rappelle la chancellerie. Washington reste déterminé à « soutenir le gouvernement libanais et les Forces armées libanaises dans le renforcement de l’autorité de l’État », ajoute le communiqué.

  • La Direction générale de la Sûreté générale (SG) a rouvert mercredi son centre de Nabatiyé, destiné aux habitants de la ville et de ses environs, dans un contexte de préoccupations sécuritaires persistantes dans la région. Dans le même temps, les centres régionaux relevant du bureau de la SG au Liban-Sud continueront, « à titre exceptionnel », à accepter les demandes des résidents de Nabatiyé « compte tenu de la situation sécuritaire », a précisé l’institution. L’armée israélienne a poursuivi ses attaques dans la journée dans plusieurs secteurs du Liban-Sud, dont la région de Nabatiyé.


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