Des personnes à moto près de la vieille ville de Sanaa, au Yémen, le 24 septembre 2026. Photo REUTERS/Adel Al Khader
Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme s'est dit jeudi « consterné » par le nombre de civils tués par les combats qui s'intensifient au Yémen entre rebelles pro-iraniens houthis et les forces pro-gouvernementales et leurs alliés.
« Comme si le peuple yéménite n'avait pas déjà enduré assez, les civils subissent aujourd'hui de plein fouet cette nouvelle flambée de violence », a déploré Volker Türk dans un communiqué. Le Haut-Commissariat affirme qu'au moins 125 civils ont été tués ou blessés depuis début août, et dit avoir documenté le décès de 32 civils, dont 15 enfants et trois femmes sur la période.
Le pays a replongé dans la guerre en juillet après plusieurs années d'accalmie, entraîné dans le conflit régional déclenché fin février par l'offensive américano-israélienne contre l'Iran. Les houthis, qui contrôlaient jusque-là une grande partie du nord du pays, dont la capitale Sanaa, ont progressé sur la côte ouest en quelques jours. Depuis, l'Arabie saoudite bombarde quotidiennement les zones contrôlées par les combattants au Yémen, accentuant la pression sur les populations. Les combats ont fait des centaines de morts et provoqué une crise humanitaire, avec selon l'ONU 130.000 personnes déplacées au Yémen et quelque 3.000 à Djibouti, de l'autre côté de la mer Rouge.
Le Haut-Commissaire s’est déclaré « consterné par le bilan humain croissant parmi les civils ». « Les civils ne doivent jamais être pris pour cible et leur protection doit constituer la priorité absolue », a-t-il exhorté. Dans son communiqué, le Haut-Commissariat indique avoir documenté trois attaques attribuées aux forces d'Ansar Allah (« Partisans de Dieu »), le nom du mouvement des houthis, « contre des sites accueillant des personnes déplacées à l’intérieur du pays », dans la région de Ma'rib (centre), le 7 août, et les 7 et 9 septembre. « Les belligérants doivent, à tout moment, faire la distinction entre civils et combattants ainsi qu'entre biens civils et objectifs militaires ; respecter les principes de proportionnalité et de précaution ; et prendre toutes les mesures possibles pour prévenir ou minimiser les dommages causés aux civils », a rappelé le Haut-Commissaire. « De même, les avertissements ou la désignation de zones dites +zones de mise à mort+ (+kill zones+), telles que récemment déclarées par le gouvernement yéménite, ne suppriment en rien la protection dont bénéficient les civils et les biens civils », a-t-il ajouté.
Mercredi, le porte-parole militaire des houthis a affirmé que l'aviation saoudienne avait mené 52 raids au Yémen au cours des dernières 24 heures, tuant 10 civils selon la télévision des houthis Almassirah.
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