L'ancien gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, photographié en décembre 2021. Joseph Eid/AFP
Encore un report d’audience dans le dossier lié à la plainte déposée en janvier dernier par le gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Karim Souhaid, contre son prédécesseur Riad Salamé et contre l’ex-PDG de Bank Audi Samir Hanna. La juge d’instruction de Beyrouth, Roula Osman, a en effet fixé, jeudi, au 1er octobre la date de la prochaine audience, pour trancher des exceptions de procédure que MM. Salamé et Hanna ont soulevées en début de semaine, à la suite de poursuites engagées contre eux par le procureur général près la Cour d’appel, Raja Hamouche, début septembre, pour infraction au Code de la Monnaie et du Crédit.
Initialement prévue le 27 août pour interroger M. Hanna, l’audience avait été reportée au 3 septembre afin de lui permettre de soulever des premières exceptions de procédure, qui ont été présentées à la date fixée. Une nouvelle audience s’est tenue jeudi, au cours de laquelle un nouveau recours a été déposé. La prochaine séance a été fixée au 1er octobre, afin de laisser à la BDL le temps d’y répondre et à la juge Osman de le trancher.
La magistrate a également rejeté, jeudi, une demande de remise en liberté présentée la veille par M. Salamé. Détenu depuis le 31 juillet, l'ancien gouverneur avait été transféré, en août dernier, de la prison de Roumié à l’hôpital gouvernemental de Dahr el- Bachek.
Les deux anciens responsables mis en cause n’ont pas comparu, et s’étaient fait représenter à l’audience par leurs avocats respectifs, May Azoury et Wassim Ghaoui. Étaient également présents Chucri Haddad, avocat de la BDL, ainsi que Berta Naïm, avocate représentant le département du Contentieux de l'État, qui s’était joint à la plainte portée contre MM. Salamé et Hanna par le gouverneur Souaid.
Cette plainte est relative à une affaire remontant à 2010, et portant sur une souscription, par la Banque du Liban, alors dirigée par Riad Salamé, à des obligations émises par une société offshore, MOSF. Dans le cadre de cette opération, MOSF avait acquis une partie des actions de Bank Audi en émettant des obligations garanties à la fois par les actions ainsi acquises et par le crédit de cette banque. La BDL aurait souscrit à ces obligations à hauteur de 153 millions de dollars, correspondant à la valeur des actions concernées. Selon nos informations, les actions faisaient partie de la participation détenue dans Bank Audi par la société égyptienne EFG Hermes, qui avait finalement cédé l’intégralité de sa participation dans la banque libanaise pour un montant d’environ 900 millions de dollars. Une grande partie de ces actions avait été achetée par un groupe d’investisseurs réunis par Bank Audi.
La plainte de Karim Souhaid se fonde notamment sur les dispositions de la loi libanaise qui interdisent à la BDL de prendre des participations dans des établissements privés, à moins d’une extrême urgence qui serait liée à la stabilité du secteur bancaire. À l’opposé, M. Ghaoui fait souvent valoir dans des communiqués -dont le dernier a été publié mercredi- que le prêt accordé dans le cadre de l’opération en question a été intégralement remboursé, ainsi que plus de 33 millions de dollars d’intérêts.
