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Politique - Décryptage

Paix civile : pourquoi le Hezbollah et Amal tirent la sonnette d'alarme


Ce n’est pas un hasard si Amal et le Hezbollah ont choisi de publier un communiqué au ton assez ferme pour dénoncer les tentatives de « discorde » et appeler à consolider la paix interne, à la veille de la séance plénière du Parlement pour discuter de la politique du gouvernement. Ce communiqué avait d’ailleurs été précédé de plusieurs déclarations du président de la Chambre, Nabih Berry, dans lesquelles il tirait la sonnette d’alarme quant à la situation interne du pays.

Il est ainsi clair que le tandem chiite est inquiet quant à la stabilité interne du pays et a voulu adresser un message aux Libanais sur la nécessité de resserrer les rangs. Ce qui signifie clairement que la situation actuelle est, selon lui, grave. D'autant que les termes utilisés dans le communiqué évoquent, pour la première fois, la possibilité de confrontations internes, puisqu'il est question de « vainqueur » et de « vaincu ». Certains pourront dire que, pendant des années, le Hezbollah s’est comporté à l’égard de l’intérieur libanais comme un vainqueur, ou en tout cas comme le plus fort. Mais c’est certainement la première fois que dans un communiqué officiel, Amal et le Hezbollah font une telle mention. En même temps, les deux formations demandent à l’État libanais d’accélérer le processus de retour des déplacés chez eux et celui de la reconstruction.

L’association des deux idées suggère que le véritable souci du tandem est la situation des déplacés du Sud, de la Békaa et de la banlieue sud de Beyrouth, qui se retrouvent, pour la troisième année consécutive, contraints à vivre dans la précarité, sans pouvoir retourner dans leurs localités. Selon des témoignages recueillis par de nombreux médias, cette situation commence à peser lourdement sur les deux formations, surtout en cette période d’instabilité, voire de turbulences, et de manque de fonds, notamment en provenance de l’Iran. Ce qu’on appelle « l’environnement populaire » des deux formations serait donc actuellement en colère, se retrouvant condamné à vivre dans des conditions difficiles, voire humiliantes, sans aucune perspective positive, puisqu’il est devenu clair que le Liban ne recevra pas de fonds avant de régler la question des armes du Hezbollah, et même l’Iran ne pourra pas en envoyer tant que le conflit actuel avec les États-Unis se poursuivra.

Selon des sources proches des deux formations chiites, leur base vit actuellement dans une situation précaire, à l'heure où de plus en plus d’incidents surviennent entre des déplacés et les communautés d’accueil. Même s’il est clair que, jusqu’à présent, il n’y a pas de véritable volonté d’amplifier ces incidents dans les médias, leur multiplication pourrait dégénérer. C’est d’ailleurs l’une des raisons qui ont poussé le président Joseph Aoun à se rendre récemment à Nabatiyé, et aussi Nabih Berry à continuer de refuser le recours à la rue. Car le président du Parlement (et le Hezbollah, jusqu’à présent en tout cas) ne veut pas prendre le risque qu’il y ait des incidents au moment où les tensions sont extrêmes au sein de la population.

Publié à la veille de la tenue de la séance parlementaire consacrée à la politique du gouvernement, le communiqué cherche aussi à rappeler à ce dernier ses responsabilités face à une communauté gravement éprouvée. Pour le tandem, tous ceux qui disent aujourd’hui que la communauté chiite n’est pas visée, mais seulement le Hezbollah, ne parviennent pas à convaincre la base. Celle-ci se sent, au contraire, mise au ban de la société, punie pour son soutien au Hezbollah. Ce que le communiqué ne dit pas, mais que certaines personnalités chiites expriment, c’est que l’époque de l’ancien secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, est révolue. Ce dernier pouvait calmer toute sa communauté, voire davantage. Aujourd’hui, certains partisans ne répondent plus à personne et, s’ils se sentent provoqués, ils pourraient réagir violemment, ce qui rendrait la situation rapidement incontrôlable. C’est d’ailleurs dans cet esprit qu’un paragraphe du communiqué appelle les différentes parties politiques et confessionnelles à faire preuve « d’un grand sens des responsabilités » et, surtout, d’un sentiment national sincère, tout en maintenant ouvertes les voies de contact et de dialogue entre les différentes composantes du pays.

Et l’armée dans tout cela ? On avait assuré aux Libanais qu’il ne pourrait y avoir de confrontation interne tant que l’armée serait là et qu’elle ferait tout pour empêcher les fauteurs de troubles de sévir. Mais dans le contexte actuel, la troupe est sollicitée pour de nombreuses missions et elle est strictement observée par toutes les parties susceptibles de l’aider sur le plan technique. Elle résiste jusqu’à présent à tous les appels locaux et internationaux voulant la pousser à entrer en confrontation avec le Hezbollah.

Enfin, le communiqué s’inscrit dans la volonté de rappeler aux Libanais, toutes tendances confondues, que les Israéliens souhaitent vivement provoquer des tensions entre eux et les pousser à entrer en conflit au sujet du désarmement du Hezbollah par la force. Il ne faut donc pas leur donner ce qu’ils veulent, laisse entendre le communiqué. Quitte à remettre à plus tard la demande de comptes internes.

Ce n’est pas un hasard si Amal et le Hezbollah ont choisi de publier un communiqué au ton assez ferme pour dénoncer les tentatives de « discorde » et appeler à consolider la paix interne, à la veille de la séance plénière du Parlement pour discuter de la politique du gouvernement. Ce communiqué avait d’ailleurs été précédé de plusieurs déclarations du président de la Chambre, Nabih Berry, dans lesquelles il tirait la sonnette d’alarme quant à la situation interne du pays. Il est ainsi clair que le tandem chiite est inquiet quant à la stabilité interne du pays et a voulu adresser un message aux Libanais sur la nécessité de resserrer les rangs. Ce qui signifie clairement que la situation actuelle est, selon lui, grave. D'autant que les termes utilisés dans le communiqué évoquent, pour la première fois,...
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