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Politique - Débat De Politique Générale

Les armes du Hezbollah au coeur d'échanges houleux, le budget 2027 dans tous les esprits

Walid Joumblatt a estimé que « ce flot d’accusations et d’invectives échangées au Parlement ne mène à rien ».

Les armes du Hezbollah au coeur d'échanges houleux, le budget 2027 dans tous les esprits

Les députés lors du débat de politique générale au Parlement, le mercredi 16 septembre 2026. Photo Hussein Ibrahim / site du Parlement libanais

La seconde séance plénière au Parlement mercredi a été, sans surprise comme la veille, le théâtre d'échanges houleux autour de la question du désarmement du Hezbollah. Mais elle a également tourné autour d'enjeux socio-économiques, à l'heure où le budget 2027 devrait être prochainement discuté à la Chambre. Des élus de différents bords ont notamment fait part de leurs craintes face à l'imposition de nouvelles taxes, le député des Forces libanaises (FL) Melhem Riachi allant jusqu'à mettre en garde contre un « hiver dur » et « une nouvelle thaoura », en référence au soulèvement populaire de 2019. Le député Simon Abi Ramia, ex-Courant patriotique libre (CPL, aouniste), a, lui, souligné que le pays était « aux portes d’une explosion sociale ».

Peu avant la séance, Michel Moussa, du bloc du président du Parlement Nabih Berry, estimait cependant déjà peu probable qu'une motion de censure soit présentée lors de la séance. « Cela n’est pas à l’ordre du jour pour l’instant. La priorité doit être de renforcer l’action gouvernementale et non d’ouvrir une confrontation politique interne », a-t-il déclaré à la radio Sawt Kel Lebnan.

Altercation entre FL et Hezbollah, Joumblatt réagit

C'est une prise de parole de Michel Moawad qui a donné lieu à une passe d'armes entre les Forces libanaises et le Hezbollah. Le député indépendant de Zghorta a estimé que « les guerres perdantes du Hezbollah amènent l'occupation (israélienne) » et fustigé le fait que « même Ali Taher, pourtant présentée comme étant Stalingrad, a été remis aux Israéliens par le Hezbollah au lieu de l’armée libanaise ». Le député du parti chiite, Ihab Hamadé, a demandé à ce que certaines phrases de la prise de parole de M. Moawad soient retirées. « Ce n’est pas permis de dire des choses pareilles au Parlement. Allez voir qui a ramené les Israéliens dans le pays. Vous avez menti aux gens », s’est emporté le député FL Ziad Hawat. « Certains de nos confrères pensent qu'Israël n'est pas un ennemi », a lancé pour sa part le député du Hezbollah Hussein Jachi, coupant la parole à Ziad Hawat.

Réagissant vraisemblablement à cet échange sur son compte X, le leader druze Walid Joumblatt a estimé que « ce flot d’accusations et d’invectives échangées au Parlement ne mène à rien ». « La feuille de route pour l’avenir doit donc se fonder sur les propos (du président de la République Joseph) Aoun et (du Premier ministre Nawaf) Salam, tant dans leur diagnostic de la situation actuelle que dans la manière d’y remédier », a-t-il écrit.

Plus largement, le clivage entre les députés du Hezbollah et ses opposants s'est fait entendre tout au long de la séance parlementaire. « Pourquoi le Liban-Sud non occupé n'est pas remis au gouvernement et à l'armée libanaise », a demandé la députée indépendante de Beyrouth Paula Yacoubian. « Pourquoi le Hezbollah ne remet pas la carte de ses armes aux négociateurs libanais pour qu'ils puissent obtenir un retrait et le retour des déplacés ? », a-t-elle ajouté.

« Nous entendons des critiques du Hezbollah, mais après tout ce qui s’est passé ils doivent reconnaitre leurs responsabilités », a ajouté par la suite un autre élu indépendant de Beyrouth, Ibrahim Mneimné. Le député du Metn des Kataëb, Elias Hankache, a appelé à « la mise en œuvre de la résolution sur le désarmement dans le Metn, comme à Beyrouth et dans les autres régions libanaises ». « Comment peut-on tolérer la présence, dans nos montagnes, de camps d'entraînement appartenant aux vestiges du régime d'Assad et à d'autres groupes ? », a-t-il souligné. Du côté des FL, Melhem Riachi s'est demandé « quand et comment pourra-t-on mettre en œuvre la décision du gouvernement sur le monopole des armes », alors que Antoine Habchi a accusé « certains responsables d’avoir couvert les armes du Hezbollah ».

Ibrahim Moussaoui, député du Hezbollah, a ironisé en lançant à M. Habchi d'aller « acheter des armes et d'armer l'armée libanaise ». Un autre élu du parti-milice pro-iranien, Raed Berro, a rendu quant à lui hommage aux « résistants » du parti chiite dans la colline de Ali Taher, estimant que son parti a « empêché l’ennemi de réaliser un exploit », malgré la prise de la crête plus tôt ce mois-ci par l'armée israélienne, ainsi que la destruction de tunnels du Hezbollah sous la colline. Le parlementaire a en outre critiqué le gouvernement qui prévoit « un budget zéro » pour l'armée dans le budget 2027.

Le dossier de l'électricité pointé du doigt

Les dossiers socio-économiques étaient l'autre thématique principale des prises de parole. Dès le début de la séance, le député du Akkar, Sajih Attié, a critiqué la gestion de l'électricité, estimant qu'« il y a des factures d'électricité d'une valeur de 2,5 millions de dollars par mois dans les camps palestiniens, mais le gouvernement n'a pas pris de mesures pour les recouvrer ». Si on n'arrive pas à avoir de l'électricité, le gouvernement n’aura rien fait », a-t-il dit, alors que l'établissement public Électricité du Liban (EDL) ne fournit en moyenne que 6 heures d’électricité par jour. Sur la même thématique, l'élu indépendant, Adib Abdel Massih, a demandé aux autorités de « mettre en place un plan sur le court terme pour que les citoyens puissent ressentir la différence de l'alimentation au niveau du courant ». Le député de la Jamaa islamiya, Imad Hout, a déclaré que le peuple libanais avait « besoin d'électricité » et qu'imposer de nouvelles taxes dans une économie en stagnation était « inacceptable ».

L’efficacité et le coût des prestataires de services d'Électricité du Liban font régulièrement débat depuis leur arrivée en 2012. Ceux-ci invoquent la succession de crises dans le pays depuis 2019, mais aussi leur trop grande dépendance aux décisions d’EDL, qui auraient entravé leur travail.

Le député de Beyrouth, Waddah Sadek, a critiqué le « culot » de certains responsables politiques en poste depuis des années « qui demandent aujourd'hui où on en est au niveau de l'électricité et de l'eau ». « Certains devraient avoir honte de demander ce que le gouvernement a fait. Bien sûr que j’ai des critiques à formuler, mais ce gouvernement n'a connu que la guerre depuis le début », a-t-il plaidé.

Pierre Bou Assi (FL) a affirmé « douter que des investissements étrangers arrivent au Liban », tandis que Raed Berro a critiqué le fait que le gouvernement prévoierait « un budget zéro » pour l'armée. Il a ajouté avoir « peur pour le gouvernement », confronté dès la première année de son existence à la reprise de la guerre entre Israël et le Hezbollah, arguant que « dans ces conditions, aucun autre gouvernement ne pourra travailler ».

La seconde séance plénière au Parlement mercredi a été, sans surprise comme la veille, le théâtre d'échanges houleux autour de la question du désarmement du Hezbollah. Mais elle a également tourné autour d'enjeux socio-économiques, à l'heure où le budget 2027 devrait être prochainement discuté à la Chambre. Des élus de différents bords ont notamment fait part de leurs craintes face à l'imposition de nouvelles taxes, le député des Forces libanaises (FL) Melhem Riachi allant jusqu'à mettre en garde contre un « hiver dur » et « une nouvelle thaoura », en référence au soulèvement populaire de 2019. Le député Simon Abi Ramia, ex-Courant patriotique libre (CPL, aouniste), a, lui, souligné que le pays était « aux portes d’une explosion sociale ». Peu avant la séance, Michel Moussa, du...
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