Le secrétaire général du Conseil norvégien pour les réfugiés, Jan Egeland, s'exprime lors d'une interview avec l'AFP à Kaboul le 10 septembre 2026. Photo Wakil Kohsar / AFP
Quarante-trois pays ont lancé mercredi un appel depuis l'ONU exhortant les dirigeants talibans « à lever immédiatement toutes les restrictions aux droits des femmes et des filles » en Afghanistan.
Les talibans ont célébré le mois dernier le cinquième anniversaire de leur retour au pouvoir, marqué selon l'ONU par des « restrictions suffocantes » pour la population, en particulier les femmes. Environ 2,4 millions de jeunes Afghanes sont notamment privées d'enseignement secondaire, selon l'Unesco.
« Depuis août 2021, les talibans ont instauré une politique de ségrégation fondée sur le genre, effaçant pratiquement les femmes et les filles de la vie publique et restreignant sévèrement leur accès à l'éducation, aux soins de santé et à l'emploi », a détaillé Jérôme Bonnafont, représentant de la France à l'ONU, s'exprimant au nom des signataires. Parmi ceux-ci figurent de nombreux pays européens, mais également le Liberia, les Emirats Arabes Unis, le Mexique ou encore le Japon.
« Les femmes qui refusent, ou sont perçues comme refusant, de se conformer à ces restrictions sont exposées à des arrestations et à des détentions arbitraires », tout comme « leurs soutiens et les personnes perçues comme critiques du régime », a poursuivi l'ambassadeur, en amont d'une réunion du Conseil de sécurité sur la situation dans le pays. « De telles violations généralisées et systématiques des droits humains ne dévastent pas seulement la vie, la dignité et les perspectives d'avenir des femmes et des filles afghanes: elles entravent également le développement, la paix et la stabilité de l'Afghanistan dans son ensemble », a-t-il ajouté.
Les signataires du texte appellent les talibans « à lever immédiatement toutes les restrictions aux droits des femmes et des filles, dans toute leur diversité, et à mettre fin à toutes les violations des droits humains ».
Malgré la situation dramatique du pays, où une grande partie de la population est également plongée dans la pauvreté, les retours forcés se poursuivent, avec plus de 400.000 Afghans renvoyés de force cette année selon l'ONU, principalement depuis l'Iran et le Pakistan.