Cette photo diffusée le 15 septembre 2026 par le Centre des médias d’Ansarullah montrerait des véhicules militaires en feu, après avoir été ciblés par le groupe à al-Jawf. Photo AFP
Plusieurs voix au Liban - dont celle du Premier ministre Nawaf Salam - et à l'étranger ont condamné l'attaque interceptée de drone ciblant La Mecque dans la nuit de mardi à mercredi et que Riyad a attribuée aux rebelles houthis du Yémen, avec qui l'Arabie saoudite est en guerre. Les miliciens pro-iraniens ont démenti être à l’origine de cette attaque.
Dans un communiqué publié mercredi par l'agence de presse nationale saoudienne (SPA), le ministère saoudien des Affaires étrangères a affirmé que cette « lâche attaque terroriste » constitue une « répétition des pratiques de la milice terroriste houthie visant à prendre pour cible et à violer les lieux saints, ainsi qu’une provocation visant les musulmans dans toutes les régions du monde ». Le ministère a aussi souligné qu'il s'agissait de la « deuxième tentative visant La Mecque, après une première le 27 juillet 2017 ». À l'époque, un missile balistique tiré depuis le Yémen par les houthis avait été intercepté par la défense aérienne saoudienne à quelques kilomètres de la ville.
Le ministère a aussi salué « la vigilance des forces de défense aérienne royales saoudiennes, qui ont fait face à cette attaque et sont parvenues à l’intercepter et à la détruire avant son entrée dans l’espace aérien interdit de la ville sainte de La Mecque ». Le royaume wahhabite a enfin renouvelé son appel à la communauté internationale pour qu’elle condamne ces graves attaques et adopte une position ferme face aux attaques houthies auxquelles Riyad a depuis riposté par des bombardements massifs au Yémen.
Ligue arabe, Pakistan, OCI
Le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil Fahmy, a lui aussi formulé une condamnation. « Porter atteinte à la sécurité de La Mecque et au caractère sacré des lieux saints de l’islam est d’une extrême gravité », a-t-il déclaré dans un communiqué, saluant l’interception de l’attaque par les forces aériennes saoudiennes. Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, est aussi monté au créneau. « Le peuple pakistanais est attristé et consterné par cet acte scandaleux », a-t-il écrit sur X. Les houthis ont démenti avoir attaqué la ville sainte de l’islam.
Le secrétariat général de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) avait été l’une des premières voix à condamner « les attaques odieuses menées par le groupe houthi contre La Mecque et la région de Médine, ainsi que son agression continue contre le royaume d’Arabie saoudite », selon un autre communiqué. Il a averti que l’intensification des attaques des houthis contre le territoire saoudien « menace la sécurité et la stabilité de la région ».
Salam, Hariri, Hamadé
Au Liban, le Premier ministre Nawaf Salam a condamné l'attaque « dans les termes les plus fermes ». « De tels agissements ne menacent pas seulement la sécurité et la souveraineté du royaume d’Arabie saoudite, mais contribuent également à déstabiliser la sécurité et la stabilité de l’ensemble de la région », a-t-il ajouté avant d'exprimer la « pleine solidarité » du Liban avec Riyad, selon un communiqué officiel du Grand Sérail.
L'ancien Premier ministre Saad Hariri est également intervenu pour condamner l'attaque, estimant qu'elle ciblait « tous les musulmans » et « tous les Arabes », dans un message sur X. Dans la matinée, le député du « Rassemblement démocratique » (Joumblattiste) et ancien ministre Marwan Hamadé avait pointé du doigt des attaques « haineuses », ajoutant que « le Royaume a déployé des efforts considérables, au cœur de la guerre en cours, pour consolider la paix, la sécurité et la stabilité politique et économique dans la région et au niveau international ». Le député de Tripoli Ihab Matar a évoqué une tentative de « franchir toutes les lignes rouges politiques ».
Proches alliés de l'Iran et appartenant à une branche du chiisme, les Houthis ont pris cette semaine aux autorités yéménites et aux milices pro-saoudiennes le contrôle du littoral yéménite qui borde la mer Rouge et du détroit de Bab el-Mandeb, contribuant ainsi à la flambée des cours du pétrole qui pèse sur l'économie mondiale.
Les dirigeants saoudien et égyptien Mohammed ben Salmane (MBS) et Abdel Fattah el-Sissi ont appelé mardi depuis Le Caire à « garantir la liberté et la sécurité de la navigation maritime » dans cet axe stratégique.

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