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Politique - Négociations

Aoun : Le Liban veut un accord de sécurité avec Israël, qui pourrait préluder à la paix

Lors d'un entretien à l'AFP, le président libanais s'est dit déterminé à désarmer le Hezbollah pro-iranien, mais « sans confrontation ».

Aoun : Le Liban veut un accord de sécurité avec Israël, qui pourrait préluder à la paix

Le président libanais Joseph Aoun lors d'un entretien avec l'AFP au palais présidentiel de Baabda, le 15 septembre 2026. Photo Joseph Eid / AFP

Le président libanais Joseph Aoun a dit vouloir parvenir à un accord de sécurité avec Israël une fois que son armée se sera retirée du sud du pays, et s'est dit déterminé à désarmer le Hezbollah pro-iranien, mais « sans confrontation ». Lors de cet entretien à l'AFP, qui s'est déroulé mardi, le chef de l'Etat a demandé aux Européens, aux Américains et aux Arabes de soutenir l'armée libanaise, appelée à se déployer dans le sud du pays pour l'heure en partie occupé par Israël. Il a aussi plaidé pour une force de l'ONU - dont le mandat expire bientôt - d'ici à ce que l'armée libanaise soit prête, afin d'éviter un « vide sécuritaire ».

Joseph Aoun se rend mercredi à Paris où il participe jeudi, aux côtés d'Emmanuel Macron et du roi Abdallah II de Jordanie, à une réunion visant à préparer un soutien international au déploiement de l'armée libanaise sur l'ensemble du territoire. « Nos partenaires arabes et européens, ainsi que les États-Unis et nos amis, doivent assumer avec nous la responsabilité de soutenir l'armée et de renforcer l’État libanais », a-t-il déclaré. « Nous ne voulons pas d'un soutien temporaire » à l'armée. « Nous voulons un calendrier à long terme et un plan global », a ajouté l'ancien commandant en chef de l'armée.

Pas d'autre option que les négociations

Les troupes libanaises doivent se déployer dans le Sud après un retrait progressif des forces israéliennes, conformément à un accord-cadre conclu entre le Liban et Israël en juin sous parrainage américain, qui prévoit le désarmement du Hezbollah. Mais l'application de cet accord-cadre, qui met fin à un conflit qui dure depuis des décennies, piétine. Les deux parties sont censées l'appliquer « sans imposer un fait accompli par la force », a affirmé le président, en référence à l'occupation par l'armée israélienne d'une partie du Sud et à ses frappes continues malgré le cessez-le-feu.

Le chef de l’État a toutefois défendu les négociations avec Israël, rejetées par le Hezbollah, affirmant que la seule autre option serait la guerre. « Nous n'avons pas d'autre option que les négociations, car l'alternative est la guerre, qui serait très coûteuse pour nous », a souligné M. Aoun. Le Hezbollah a entraîné le Liban dans deux guerres successives contre Israël, la première en 2023 pour soutenir le Hamas palestinien et la deuxième en mars dernier en appui à l'Iran, qui ont fait au total près de 9.000 morts selon les autorités. « Nous œuvrons en premier lieu à un accord de sécurité visant à mettre fin à l'état d'hostilité et à permettre le déploiement de l'armée à la frontière », a expliqué le président. « Cela pourrait constituer le prélude à un accord de paix ultérieur, mais (..) nous devons avancer étape par étape », à commencer par un retrait israélien, a-t-il ajouté.

Force temporaire

Le président a par ailleurs affirmé que le Liban voulait une nouvelle force dans le Sud après le départ des Casques bleus. « L'essentiel, c'est qu'il n'y ait pas de vide », a-t-il dit, ajoutant que cette force serait « temporaire, jusqu'à ce que l'armée soit en mesure de se déployer ». Il a ajouté qu'il évoquerait cette question avec Emmanuel Macron, dont le pays est un important contributeur à la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul). « Quelle que soit la nature de cette force, cela ne me pose aucun problème : européenne, non européenne, américaine, une autre force des Nations unies, asiatique, ou encore un mélange de forces européennes, arabes et asiatiques », a-t-il ajouté. « Bien sûr la meilleure option est de proroger le mandat de la Finul (..) », a ajouté le président libanais. Mais sous pression américaine, le Conseil de sécurité de l'ONU avait décidé en août 2025 de fixer à décembre la fin du mandat de cette force, témoin impuissant des violences dans le sud depuis 1978.

« Pas négociable

Le chef de l’État a par ailleurs affirmé que la décision du pouvoir libanais de désarmer le Hezbollah n'était « ni négociable ni sujet à débat ». Mais dans le même temps, « l'objectif n'est pas la confrontation (..) Nous sommes déterminés à régler ce dossier de manière pacifique », a-t-il dit, ajoutant qu'il « ne s'agit pas de construire un État au prix d'un conflit sanglant au Liban ou d'une nouvelle guerre civile ». Il a affirmé avoir « été clair avec les Iraniens », parrains du Hezbollah: « vos relations avec le Liban doivent être fondées sur le respect mutuel et la non-ingérence dans les affaires intérieures des Libanais ».

Interrogé au sujet des prochaines élections législatives en Israël, il a affirmé qu'il s'agissait d'une question intérieure israélienne. « Mais la question que nous souhaitons adresser au peuple israélien, à l'État d'Israël et à tout futur gouvernement est la suivante : veulent-ils la stabilité, la sécurité et l'absence de guerre à leurs frontières, ou pas ? », a-t-il dit, soulignant que seul le retrait d'Israël et un déploiement de l'armée libanaise pourrait le réaliser.

Peu après son arrivée dans la capitale française, le président libanais s’est entretenu avec le roi de Jordanie Abdallah II, selon un communiqué de la présidence de la République. Au cours de l’entretien, M. Aoun a « condamné les attaques qui ont récemment visé la Jordanie » et remercié le royaume pour son soutien à l’armée libanaise ainsi que pour ses efforts en vue de la tenue d’une conférence internationale destinée à soutenir l’armée et les Forces de sécurité intérieure. Il a également salué le « pont terrestre d’aide » mis en place par la Jordanie au profit du Liban après les attaques israéliennes. Le roi Abdallah II a, de son côté, « réaffirmé le soutien continu de la Jordanie au Liban » et condamné, selon le communiqué, les attaques israéliennes contre le territoire libanais. Il a également exprimé son soutien aux positions libanaises visant à « réaliser la sécurité et la stabilité au Liban », notamment aux négociations en cours pour mettre fin à l’état de guerre avec Israël.


Le président libanais Joseph Aoun a dit vouloir parvenir à un accord de sécurité avec Israël une fois que son armée se sera retirée du sud du pays, et s'est dit déterminé à désarmer le Hezbollah pro-iranien, mais « sans confrontation ». Lors de cet entretien à l'AFP, qui s'est déroulé mardi, le chef de l'Etat a demandé aux Européens, aux Américains et aux Arabes de soutenir l'armée libanaise, appelée à se déployer dans le sud du pays pour l'heure en partie occupé par Israël. Il a aussi plaidé pour une force de l'ONU - dont le mandat expire bientôt - d'ici à ce que l'armée libanaise soit prête, afin d'éviter un « vide sécuritaire ». Joseph Aoun se rend mercredi à Paris où il participe jeudi, aux côtés d'Emmanuel Macron et du roi Abdallah II de Jordanie, à...
commentaires (12)

@Jean-Paul Belaich : Israël veut cette paix et construire ce rêve. But it takes two (not three) to tango !!

ehaiat@aol.com

10 h 10, le 17 septembre 2026

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Commentaires (12)

  • @Jean-Paul Belaich : Israël veut cette paix et construire ce rêve. But it takes two (not three) to tango !!

    ehaiat@aol.com

    10 h 10, le 17 septembre 2026

  • « l'objectif n'est pas la confrontation (..) Nous sommes déterminés à régler ce dossier de manière pacifique » . Bien sûr, la confrontation n'est pas l'objectif … mais elle est le seul moyen! Étrange, comme, au Liban, le principe de base de la politique est: "On ne change pas une méthode qui échoue". Pendant un an, Qassem a mené Aoun en bateau, faisant semblant de "dialoguer", pendant qu'il renforçait sa milice afin de déclencher la guerre actuelle, et notre président veut poursuivre la méthode "pacifique", sachant parfaitement qu'elle a échoué et échouera encore!

    Yves Prevost

    08 h 22, le 17 septembre 2026

  • Aoun se dit "déterminé à désarmer le Hezbollah pro-iranien, mais « sans confrontation »". Si un fait est certain, c'est que la milice iranienne ne se désaisira JAMAIS volontairement de son arsenal qui est sa SEULE raison d'existence. Outre les avertissements de ses dirigeants, ses actes l'ont amplement prouvé. Un an de "dialogue" bidon, un simulacre de désarmement au sud du Litani, et, récemment, la remise d'Ali Taher à Tsahal plutôt qu'à l'armée libanaise. Aoun nous promet donc une omelette, mais à la condition impérative de ne pas casser un seul œuf!

    Yves Prevost

    08 h 01, le 17 septembre 2026

  • Et comment allez vous vous y prendre pour désarmer l'armée Iranienne et les commercants de drogue et de mort que sont les membres du Hezbollah? Avec des bisous? Ils ne veulent pas vous obéir. Alors agissez. La majorité du peuple libanais veut voir l'armée faire son travail, et non pas négocier avec les terrorristes.

    Corto

    01 h 45, le 17 septembre 2026

  • DANGER : Ceux qui nie aux AUTRES la qualité d'HOMME ne peuvent et ne veulent pas faire la PAIX....

    aliosha

    20 h 20, le 16 septembre 2026

  • Il n,y a qu,a se debarrasser des ILLICITES !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    19 h 35, le 16 septembre 2026

  • Sans confrontation.... Peut être quand le Liban aura complètement disparu... President de M....

    Emile

    16 h 21, le 16 septembre 2026

  • La preuve que ce qui se conçoit bien s’énonce clairement. Un discours clair et cohérent, qui bien sûr, n’est pas du goût de tous….

    Mago1

    16 h 02, le 16 septembre 2026

  • Malheureusement pour le président, ses paroles peinent à être entendues tant qu’elles ne reflètent pas sa propre position, mais plutôt des décisions venues de l’extérieur.

    Hitti arlette

    15 h 24, le 16 septembre 2026

  • La paix. Un bien pour tous. Israël et Liban peuvent construire ce rêve. Il temps que les membres du Hezbolla envisagent une autre vie et arrêtent d'alimenter cette machine infernal qui sert une minorité et des intérêts étrangers. N'écoutons plus les oiseaux de malheurs...

    Jean-Paul Belaich

    15 h 18, le 16 septembre 2026

  • Pour l’instant, le liban n’a proposé QUE des paroles… AU DELÀ des PAROLES, y aura t-il UN JOUR une action convaincante ? Pour IMPOSER son autorité et non marchander, mendier pour que 3 jeeps ou une poignée de soldats s’installent dans les zones du Hezbollah.Ces soldats ne jouant qu’in rôle de police sur « ce tronçon autorisé «  uniquement ??? Puisque, NOUS LIBANAIS,nous ne vous prenons pas au sérieux.comment voudriez-vous que le monde entier ait confiance ??ACTION .. IMPOSEZ VOS DECISIONS sans implorer BERRI et sans le chouchouter…80% des libanais subissent la volonté des 20% . M AOUN !!!

    LE FRANCOPHONE

    14 h 27, le 16 septembre 2026

  • Comme c'est Israel qui dicte toutes les règles, avec l'aval de de l'Amérique, le Liban n'est pas écouté. Quand un papier est prêt, on lui demande de le signer, le pistolet sur la tempe. La règle est : signe et tais-toi ! Et le Liban signe.

    MeK

    13 h 24, le 16 septembre 2026

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