Des personnes déplacées reçoivent une assistance médicale dans une école publique transformée en abri, à Beyrouth, au Liban, le 7 mars 2026. Photo Claudia Greco
La ministre libanaise de l’Éducation, Rima Karamé, s’est adressée mardi aux élèves et au corps enseignant à l’occasion de la rentrée scolaire, annonçant que celle-ci se ferait de manière « progressive, en tenant compte de la réalité de chaque établissement ».
Des milliers d’élèves, de parents et d’enseignants ont été déplacés à plusieurs reprises au cours des trois dernières années en raison des attaques et des menaces israéliennes. Dans un système éducatif déjà fragilisé par une succession de crises, la guerre a « exacerbé les inégalités structurelles et les vulnérabilités profondément enracinées », indique le rapport Education Justice in Times of War du Center for Lebanese Studies, publié en avril 2026. L’occupation israélienne de vastes zones du Liban-Sud et la poursuite des attaques risquent désormais de creuser davantage ces inégalités.
« La reprise se fera progressivement, en tenant compte de la réalité de chaque établissement, afin de rétablir le processus éducatif aussi rapidement que les circonstances le permettront », a déclaré Rima Karamé. « Des évaluations diagnostiques nous aideront à identifier les besoins de nos élèves et à orienter le soutien qui leur est destiné. » Elle a également ajouté que « notre retour à l'école marque ainsi le début d’un chemin vers le redressement et la restauration de ce que nous avons perdu en termes d’apprentissage et de sécurité ».
« Quant à notre responsabilité au ministère de l’Éducation, elle ne s’arrête pas à la réouverture des écoles. Notre devoir consiste à garantir la continuité de l’apprentissage, à aider nos établissements à se relever, à fournir aux enseignants et aux élèves le soutien nécessaire, et à nous appuyer sur les évaluations et les données pour identifier les lacunes et orienter l’aide là où elle est la plus nécessaire », a encore déclaré la ministre. Elle a souligné que l’objectif du ministère « n’est pas de revenir à la situation qui prévalait au Liban avant la crise, mais de récupérer ce qui a été perdu en matière d’apprentissage et de bâtir des écoles mieux à même de protéger le droit de chaque élève à l’éducation ».
Début septembre, Rima Karamé s’était rendue dans plusieurs établissements scolaires du Liban-Sud, soulignant qu’aucun élève ne devait rester en dehors de l'école à la rentrée 2026. Lors de cette tournée, elle avait indiqué que la priorité était de maintenir « en présentiel, partout où c’est possible », tout en reconnaissant que certains établissements devraient commencer l’année à distance. L’Unicef, le Fonds des Nations unies pour l'enfance, craignait il y a deux mois qu’au moins 100 000 élèves libanais ne puissent pas être scolarisés à la rentrée prochaine si une action urgente de réhabilitation des écoles endommagées par la guerre n'était pas entreprise avant septembre.