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Société - Liban

Dans les ruines du Liban-Sud, la ministre de l’Éducation promet le retour à l’école pour tous

Des directrices d’écoles de villages toujours menacés par les frappes israéliennes ont fait part à Rima Karamé de leurs inquiétudes quant à l’avenir de leurs établissements.

Dans les ruines du Liban-Sud, la ministre de l’Éducation promet le retour à l’école pour tous

La ministre de l'Éducation, Rima Karamé, en tournée dans plusieurs établissements scolaires au Liban-Sud, en amont de l'entrée scolaire pour l'année 2026-2027, le 2 septembre 2026. Photo Matthieu Karam / L'Orient-Le Jour

Malgré l’ampleur du défi, la ministre de l’Éducation, Rima Karamé, a voulu faire passer un message d’espoir lors d’une importante tournée mercredi dans plusieurs établissements du Liban-Sud : pas un élève ne doit rester en dehors de l’école à la rentrée 2026. Pour la ministre, l’essentiel est de maintenir l’enseignement « en présentiel, partout où c’est possible », tout en reconnaissant que certains établissements devront commencer l’année à distance.

« Nous devons prendre en compte la singularité de chaque établissement pour adapter la réponse, entre présentiel pour tous, partiel ou cours à distance », a déclaré Mme Karamé à notre journaliste sur place, Emmanuel Haddad.

« Continuer à investir dans l’éducation de nos enfants est une réponse à la politique de la terre brûlée israélienne », a-t-elle insisté, alors que les attaques israéliennes se poursuivent dans cette vaste zone de plus de 600 km² occupée. Des centaines de milliers de personnes restent déplacées au Liban. Pour les habitants qui ne peuvent pas rentrer dans leur région, la ministre a assuré qu’une « solution leur serait proposée ».

Des salles préfabriquées à Bourj Qalaway, des déplacés encore dans les écoles

La ministre de l'Éducation, qui fait partie de la quote-part du Premier ministre Nawaf Salam et qui avait essuyé des critiques lors de ses récentes visites dans le Sud, a précisé à L’Orient-Le Jour que son engagement concernait « aussi la région de Bint Jbeil », située en grande partie dans la vaste zone occupée et dévastée par Israël. Elle s’est notamment rendue à Froun et Bourj Qalaway, deux villages de la région. Après une rencontre avec le gouverneur (mohafez) du Liban-Sud, Mansour Daou, la ministre a également visité deux établissements à Nabatiyé, puis des écoles dans le caza de Tyr, à Srifa et dans la ville de Tyr. Froun et Srifa sont deux villages non occupés qui faisaient partie des trois « zones pilotes » annoncées par Washington.

Une autre problématique soulevée par la ministre est celle des déplacés ayant trouvé refuge dans les écoles. À Froun, par exemple, l’établissement a été réhabilité grâce à des fonds de l’ONG NRC, et les personnes déplacées qui y sont hébergées devront laisser la place aux élèves dans les prochaines semaines. « Personne ne sera évacué d’une école sans se voir proposer une alternative », a toutefois promis Mme Karamé lors de sa tournée. La directrice de l’école de Srifa, Naïfa Fakiha, tout en rappelant l’importance de l’accueil des déplacés dans son établissement, a souligné que « l’éducation est aussi une forme de résistance face aux destructions israéliennes ». Réhabilitée par le Conseil du Sud, l’école a ouvert les inscriptions mercredi, tandis que les déplacés qui y étaient hébergés ont été relogés dans une école privée de la localité.

La visite a été bien accueillie par les élus locaux. « Votre déplacement nous donne le sentiment que nous ne sommes pas abandonnés », a ainsi affirmé le président de la municipalité de Bourj Qalaway. En lieu et place de l’école rasée du village, 17 salles de classe préfabriquées vont être installées en coopération avec le Conseil du Sud pour accueillir les élèves à la rentrée. La ministre a encouragé tous les élèves à retourner dans leurs régions et leurs écoles, soulignant oeuvrer à « fournir des salles préfabriquées pour assurer la continuité de l'enseignement ».

De nombreuses directrices d’écoles situées dans des villages toujours menacés par les frappes israéliennes sont par ailleurs venues à la rencontre de la ministre Karamé, inquiètes pour l’avenir de leurs établissements si les inscriptions n’étaient pas au rendez-vous. « Toutes les écoles resteront en activité », leur a-t-elle répondu, proposant que les élèves des écoles situées dans des zones à risque soient provisoirement accueillis dans les bâtiments d’autres établissements proches, situés dans des zones plus sûres.

L’Unicef, le Fonds des Nations unies pour l'enfance, craignait il y a deux mois qu’au moins 100 000 élèves libanais ne puissent pas être scolarisés à la rentrée prochaine si une action urgente de réhabilitation des écoles endommagées par la guerre n'était pas entreprise avant septembre.

Malgré l’ampleur du défi, la ministre de l’Éducation, Rima Karamé, a voulu faire passer un message d’espoir lors d’une importante tournée mercredi dans plusieurs établissements du Liban-Sud : pas un élève ne doit rester en dehors de l’école à la rentrée 2026. Pour la ministre, l’essentiel est de maintenir l’enseignement « en présentiel, partout où c’est possible », tout en reconnaissant que certains établissements devront commencer l’année à distance.« Nous devons prendre en compte la singularité de chaque établissement pour adapter la réponse, entre présentiel pour tous, partiel ou cours à distance », a déclaré Mme Karamé à notre journaliste sur place, Emmanuel Haddad.« Continuer à investir dans l’éducation de nos enfants est une réponse à la politique de la terre brûlée...
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