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Nos lecteurs ont la parole

L’hospitalité de la MEA en perte d’altitude

Travailler sous des températures caniculaires en plein mois de juillet constitue le meilleur moyen de savourer pleinement son évasion estivale.

Direction l’aéroport Paris-CDG.

Après un déjeuner rapide dans le micro lounge du Terminal 2C, au menu frugal et au choix très limité, me voilà embarqué sur le vol MEA en direction de Beyrouth.

Comme toujours, je suis heureux de rentrer voir ma petite et grande famille, notre maison, nos oliviers.

Je peux prendre l’avion tous les jours, je reste fasciné et attiré par les voyages et par l’aviation.

En attendant le départ retardé de 20 minutes (c’est devenu une tradition, surtout le départ de Paris) j’essaye de me concentrer sur mon organigramme de vacances.

Impossible. L’écran de la télévision en face de moi n’arrête pas de vociférer des publicités qui ne m’intéressent pas. Et le pire, c’est que je n’arrive pas à éteindre l’écran, ni à baisser le volume, ni à changer de « programme ». L’écran est bloqué.

Vous êtes condamnés à vous taper 10 minutes de publicités.

Merci la MEA, je connais maintenant par cœur les nouvelles cartes de crédit au Liban.

Et je conclus que ces 10 minutes doivent rapporter un bon pactole à la MEA, en se vantant sûrement auprès des publicitaires, que les passagers seront obligés d’entendre ces publicités…

Enfin on décolle.

Les hôtesses arrivent avec le repas de midi.

N’ayant pas faim, mais par curiosité je demande le menu à bord : crevettes ou bœuf.

Même si le choix du « micro lounge » du Terminal 2C est pauvre, je constate qu’il est beaucoup plus varié que le menu à bord, qui est le même depuis des années et dont la qualité ne cesse de baisser.

Vous pouvez vous défouler toujours sur les fromages néerlandais de qualité moyenne servis à titre de dessert (sur un vol Paris-Beyrouth !). Et toujours pas de pain frais.

Et les matins, c’est le même petit déjeuner : omelette ou knefeh. Bis repetita !

Aucune inventivité, aucun investissement, aucune variation. Une pauvreté culinaire.

Ayant malheureusement oublié mon bouquin préféré, je me rabats sur les films présentés à bord.

J’ai le choix entre des pseudo-

nouveaux films inchangés depuis des mois, ou des vieux films dont la moitié sont uniquement en anglais, et même pas sous titrés en français (sur un vol Paris-Beyrouth !). Tenez-vous bien : il y a même trois films de Noël en plein mois d’août. Oubliés dans les fonds de tiroirs ?

Tout ça au prix de 1 420 dollars le billet.

Pour se donner un ordre d’idées, c’est le prix d’un billet aller-retour Paris-Tokyo, ou Paris-Brasilia, au mois d’août, en classe économique.

Heureusement qu’il y a la gentillesse et la disponibilité du personnel à bord à travers lesquelles ça fleure bon le pays : rihit el-balad.

Je ne veux pas jouer la nostalgie et me rappeler les années 1970-1980 où la MEA était une des perles du Proche et du Moyen-Orient.

Ni non plus les périodes de crises (Covid, guerres au Liban) pendant lesquelles le personnel eut un comportement courageux, en prenant des risques.

En tant que voyageur fréquent (frequent flyer), j’ai le droit de poser des questions à la direction de la MEA.

Quelle est la raison pour laquelle vous n’arrivez pas à varier depuis des années les menus et les films ?

Pourquoi vous ne renouvelez pas ces services qui peuvent être agréables aux passagers et peuvent positiver votre image ?

Avez-vous enquêté sur certains cas de gastro-entérites suspectes, dont les symptômes sont apparus dans les 24 heures qui ont suivi un vol ?

Pourquoi doit-on payer aussi cher le prix des billets ?

Savez-vous que vous êtes un maillon essentiel entre la diaspora et le Liban ?

Savez-vous que du fait de la cherté des billets, vous empêchez une partie des Libanais de rentrer chez eux, et que d’une certaine façon, vous participez à la dégradation économique du pays ? Parce que vous les empêchez de venir dépenser leur argent au Liban.

Vous ne pensez jamais à ces milliers d’étudiants libanais qui font leurs études à l’étranger et qui se serrent les dents pour arriver à payer leurs études ?

Ou à ces jeunes familles qui habitent un peu partout dans le monde, dont les moyens sont limités et qui aimeraient rentrer au pays et de le faire connaître à leurs enfants ?

Ou vous surfez sur la soif des Libanais de vouloir à tout prix rentrer chez eux, quitte à payer cher le billet ?

Pouvez-vous nous transmettre la décomposition détaillée du prix du billet (la ventilation tarifaire) : tarif de base, charges, taxes etc.

- Où sont les investissements et les améliorations promises ?

Il est clair que vous avez le choix de faire le dos rond et de vous taire, ou de nous raconter que les assurances sont chères, parce que la région est à haut risque, ou que vous avez investi dans l’achat de tel ou tel modèle d’avion, etc. On connaît la rengaine.

Peut-on vous proposer certaines idées : pourquoi ne pas coopérer avec des chefs cuisiniers libanais, pour créer des menus originaux ?

Pourquoi n’y a-t-il pas des grands noms de la pâtisserie libanaise dans vos menus ?

Pourquoi vous ne mettez pas en valeur des artistes libanais dans les ustensiles, dans le tissage, dans les boissons ?

Ne rêvons pas. Il n’y a qu’une seule chose qui fera baisser le prix des billets et améliorer la qualité des services : une concurrence ouverte.

Ouvrir le ciel du Liban à d’autres compagnies. Qu’elles soient low cost ou pas.

À bon entendeur, salut !

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

Travailler sous des températures caniculaires en plein mois de juillet constitue le meilleur moyen de savourer pleinement son évasion estivale.Direction l’aéroport Paris-CDG.Après un déjeuner rapide dans le micro lounge du Terminal 2C, au menu frugal et au choix très limité, me voilà embarqué sur le vol MEA en direction de Beyrouth.Comme toujours, je suis heureux de rentrer voir ma petite et grande famille, notre maison, nos oliviers.Je peux prendre l’avion tous les jours, je reste fasciné et attiré par les voyages et par l’aviation.En attendant le départ retardé de 20 minutes (c’est devenu une tradition, surtout le départ de Paris) j’essaye de me concentrer sur mon organigramme de vacances.Impossible. L’écran de la télévision en face de moi n’arrête pas de vociférer des publicités qui ne...
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