Le rôle du médecin demeure, du moins jusqu’à ce jour, inchangeable : il consiste à prévenir, diagnostiquer, soigner et guérir. Jules Héricourt se posait des questions sur les frontières de la maladie en 1904, publiant en 1913 chez Flammarion, à Paris, son ouvrage novateur intitulé Les frontières de la maladie.
Toutes les maladies ne sont pas identiques. Certaines guérissent complètement : ce sont des affections qui ont des frontières bien définies, comme la pneumonie, la tuberculose ou le paludisme. D’autres maladies, en revanche, ne guérissent pas ou ne font que sembler de guérir : ce sont des maladies sans frontières, qui sont, depuis plusieurs décennies maintenant, de plus en plus connues.
Il s’agit de pathologies dont le diagnostic est parfois omis, du moins pour un certain temps, et qui se manifestent par des guérisons partielles, temporaires ou prolongées, appelées rémissions. On peut citer la sarcoïdose, certains rhumatismes inflammatoires, le lupus érythémateux disséminé et d’autres collagénoses ou connectivites.
Dans ces affections dites auto-immunes, le système immunitaire déréglé du patient interfère de manière anormale avec les différents tissus de son organisme. On estime aujourd’hui que 5 à 10 % de la population mondiale est touchée par une maladie auto-immune – on en dénombre désormais plus de quatre-vingt. Outre la corticothérapie, plusieurs traitements récents sont actuellement disponibles sur le marché, parmi lesquels figurent les immunosuppresseurs et les biothérapies.
Il convient enfin de souligner que ces maladies peuvent toucher l’individu à tout âge et affecter les deux sexes. Vu leur chronicité, une assistance psychologique s’avère bien souvent nécessaire.
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