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Politique - Discours

Geagea: Nous soutenons le pouvoir, mais...

A la messe annuelle des « martyrs » des FL, le leader chrétien a défendu son protégé, le ministre Joe Raggi, et reproché aux autorités la « lenteur » de la mise en œuvre des réformes.

Geagea: Nous soutenons le pouvoir, mais...

Le chef des FL, Samir Geagea, lors de son discours, le 6 septembre 2026. Capture d'écran.

Dans un discours fleuve prononcé à l’occasion de la messe annuelle pour les « martyrs » du parti, le chef des Forces libanaises Samir Geagea s'est présenté en fer de lance du camp anti-Hezbollah. Il a salué les décisions prises par le pouvoir en place au sujet du monopole des armes et des négociations avec Israël, tout en critiquant la « lenteur » de leur exécution et en dénonçant de nouveau la mise à l'écart du ministre des Affaires étrangères Joe Raggi, proche de son parti.

Samir Geagea a estimé que « l’aube de la souveraineté » allait bientôt se lever sur le Liban. Il s’est longuement penché sur la guerre en cours, déclenchée par le Hezbollah contre Israël le 2 mars. « Ce qui surprend le plus, c'est que certains responsables font comme le Hezbollah en dirigeant leurs critiques uniquement contre Israël, a-t-il souligné. Or, on peut insulter Israël autant qu’on veut, cela ne permettra ni de reconstruire une maison au Liban-Sud ni d’arrêter le conflit ».

Le chef des FL a estimé que le processus de négociations directes lancé par le président Joseph Aoun depuis avril, qui a mené à la signature d’un accord-cadre en vue d’un retrait progressif de l’armée israélienne des zones occupées, est le seul moyen de sortir du cycle de violence. « Mais il ne faut pas se faire d’illusions, cet accord-cadre ne peut mener à des résultats que si les milices libanaises et palestiniennes sont désarmées, avec à leur tête le Hezbollah », a-t-il dit.

La majorité des Libanais

Il a également estimé que le désarmement du Hezbollah est une revendication de la « majorité des Libanais », ainsi que de la communauté internationale et du monde arabe, non seulement d’Israël ou des États-Unis. « Le Hezbollah attendait l'Iran. Maintenant, l'Iran lui-même est encerclé, a-t-il dit. Il doit donc démanteler lui-même ses branches armées, ou alors c’est à l’État libanais de le faire, d'une façon ou d'une autre ». Commentant les menaces de Naïm Kassem, qui avait récemment mis en garde le gouvernement contre la « colère » de sa base populaire, Samir Geagea a répondu: « Et la colère de la majorité des Libanais, qu'est-ce-que nous devons en faire ? »

Sur un ton plus critique à l’égard du pouvoir, le chef chrétien a appelé les dirigeants libanais « à ne plus perdre de temps » pour rétablir la souveraineté de l’État. « C’est le temps des actes pas des paroles, l’État doit se montrer à la hauteur des défis, afin de retrouver la confiance des Libanais, et saisir une occasion qui ne se renouvellera pas », a-t-il martelé. Tout en soutenant les décisions « souverainistes » de MM. Aoun et Salam, M. Geagea a adressé aux deux responsables des reproches concernant les réformes, qu’il a jugées beaucoup trop lentes, surtout dans le domaine financier.

« Nous pensions qu'avec l'élection de Joseph Aoun à la présidence et la désignation de Nawaf Salam au poste de Premier ministre, le moment de l'État de droit avait sonné, a-t-il poursuivi. Mais nous nous sommes peut-être trompés ». Samir Geagea a d'abord cité l'incident de Raouché en septembre dernier, lorsque le Premier ministre Nawaf Salam avait refusé que le portrait de l'ancien chef du Hezbollah Hassan Nasrallah soit projeté sur la Grotte aux pigeons. Mais n'ayant pas bénéficié du soutien du chef de l’État et de l'armée, il n'a pas pu appliquer sa décision. Le numéro un des FL s'est également interrogé sur la manière dont le commandant de l'armée, le général Rodolphe Haykal, pouvait ignorer « par tous les moyens possibles » les décisions du Conseil des ministres concernant le désarmement du Hezbollah.

Enfin, il a reproché à MM. Aoun et Salam d'avoir mis le ministre Joe Raggi à l'écart. « Oubliez son nom et sa personne. Joe Raggi représente une institution, celle du ministère des Affaires étrangères », a-t-il martelé, estimant que son protégé paye le prix de ses positions. « Sa seule faute est de s’être attaché à la véritable politique de l’État, là où les autres se sont abstenus d’agir, depuis le discours d’investiture, en passant par la déclaration ministérielle, jusqu’aux décisions gouvernementales pertinentes», a-t-il lancé.

Samir Geagea est revenu sur un autre incident : celui de la décision du Palais Bustros de déclarer persona non grata l’ambassadeur d’Iran Mohammad Reza Chibani, alors que la Sûreté générale s’est permis en août dernier de lui renouveler son permis de séjour. « Nous soutenons le mandat, mais nous pensons que certaines actions doivent être rectifiées », a-t-il lancé.

Dans une volonté de mettre en avant sa position nationale, Samir Geagea a indiqué que les Forces libanaises avaient « soutenu les sunnites face à l'injustice en favorisant l'adoption de l'amnistie générale ». Quant aux chiites, il a rappelé avoir passé son enfance « parmi (eux) » à Chiyah. « Je suis originaire de Bécharré et de Deir el-Ahmar, donc l'épaule et le cœur de la Békaa », a-t-il ajouté. S'adressant aux habitants de la plaine, il les a appelés à ne pas croire les rumeurs répandues par l’axe pro-iranien, selon lesquelles le nouveau pouvoir syrien (en place depuis décembre 2024, après la chute du régime pro-iranien de Bachar el-Assad) interviendrait au Liban pour combattre le Hezbollah. « Le nouvel État créé en Syrie n'a pas du tout ce projet », a-t-il dit, ajoutant toutefois : « Mais si par improbable on en arrive là, la protection des frontières relève de la responsabilité de l’armée libanaise et des forces de sécurité. Et si le devoir l’exige, nous n’hésiterons pas un seul instant à défendre l’ensemble du territoire libanais».

Dans un discours fleuve prononcé à l’occasion de la messe annuelle pour les « martyrs » du parti, le chef des Forces libanaises Samir Geagea s'est présenté en fer de lance du camp anti-Hezbollah. Il a salué les décisions prises par le pouvoir en place au sujet du monopole des armes et des négociations avec Israël, tout en critiquant la « lenteur » de leur exécution et en dénonçant de nouveau la mise à l'écart du ministre des Affaires étrangères Joe Raggi, proche de son parti.Samir Geagea a estimé que « l’aube de la souveraineté » allait bientôt se lever sur le Liban. Il s’est longuement penché sur la guerre en cours, déclenchée par le Hezbollah contre Israël le 2 mars. « Ce qui surprend le plus, c'est que certains responsables font comme le Hezbollah en dirigeant leurs critiques uniquement...
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