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Moyen-Orient - Défense

La Syrie a commencé à détruire les armes chimiques de l'ère Assad


Un drapeau syrien flotte à Damas, le 4 juin 2025. Photo AFP

La Syrie a commencé à détruire du matériel lié à son ancien programme d'armes chimiques, a annoncé jeudi son représentant permanent à l'ONU devant le Conseil de sécurité, une étape hautement symbolique près de deux ans après la chute de Bachar el-Assad. « Il s'agit de la toute première opération de destruction depuis notre libération de l'ancien régime », a commenté l'ambassadeur syrien à l'ONU, Ibrahim Olabi, saluant un « moment historique ».

Le dossier des armes chimiques syriennes reste étroitement associé à l'une des pages les plus sombres de la guerre civile. Le 21 août 2013, une attaque chimique attribuée au gouvernement syrien - lequel avait nié toute implication - dans la Ghouta orientale, banlieue de la capitale Damas, avait fait plus de 1.400 morts selon les services de renseignement américains.

Les images d'hommes, de femmes et surtout d'enfants inanimés, l'écume aux lèvres, avaient choqué le monde entier. Sous la pression de Washington et de Moscou, Damas avait ensuite adhéré à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) et accepté de déclarer puis de remettre ses stocks d'agents toxiques en vue de leur destruction.

Mais les inspecteurs internationaux ont estimé par la suite que le régime Assad n'avait jamais révélé l'intégralité de son programme et multiplié les entraves à leurs investigations. En 2021, l'OIAC avait pris la mesure sans précédent de priver la Syrie de ses droits de vote après avoir conclu que son armée de l'air avait utilisé du gaz sarin et du chlore gazeux contre sa propre population, dans des localités relevant de factions de l'opposition.


Première destruction depuis 2014

Depuis la chute de Bachar el-Assad fin 2024, les nouvelles autorités syriennes se sont engagées à coopérer avec l'organisation pour détruire les armes chimiques de l'ère Assad. Elles ont notamment autorisé les inspecteurs de l'OIAC à établir une présence permanente dans le pays pour documenter les sites suspects, sécuriser les stocks encore existants et recueillir des témoignages sur les attaques passées au cours des treize années de guerre. « Nous voulons protéger le peuple syrien afin que ces armes ne tombent pas entre de mauvaises mains », a affirmé Ibrahim Olabi, ajoutant que chaque site sécurisé contribuait à la sécurité de la région et du reste du monde.

La haute représentante de l'ONU pour le désarmement, Izumi Nakamitsu, a indiqué qu'une équipe de l'OIAC avait le mois dernier « vérifié la destruction irréversible de 42 bombes aériennes ». « Cette avancée significative signifie que, pour la première fois depuis 2014, l'OIAC a vérifié la destruction de munitions chimiques de la République arabe syrienne », a-t-elle souligné.

Au Conseil de sécurité, les Etats-Unis ont appelé les nouvelles autorités syriennes à poursuivre leur coopération avec l'OIAC. « C'est aussi une manière d'honorer la mémoire des hommes, des femmes et des enfants syriens qui ont perdu la vie », a déclaré l'ambassadrice américaine adjointe, Tammy Bruce. « Que leur souvenir nous pousse à poursuivre nos efforts pour bâtir une Syrie et un monde enfin débarrassés des armes chimiques. »

La Chine et la Russie ont également salué les progrès réalisés par Damas dans la destruction de l'ancien arsenal chimique syrien. Bachar el-Assad s'est enfui à Moscou en décembre 2024, avant la prise de Damas par les nouvelles autorités.

La Syrie a commencé à détruire du matériel lié à son ancien programme d'armes chimiques, a annoncé jeudi son représentant permanent à l'ONU devant le Conseil de sécurité, une étape hautement symbolique près de deux ans après la chute de Bachar el-Assad. « Il s'agit de la toute première opération de destruction depuis notre libération de l'ancien régime », a commenté l'ambassadeur syrien à l'ONU, Ibrahim Olabi, saluant un « moment historique ».Le dossier des armes chimiques syriennes reste étroitement associé à l'une des pages les plus sombres de la guerre civile. Le 21 août 2013, une attaque chimique attribuée au gouvernement syrien - lequel avait nié toute implication - dans la Ghouta orientale, banlieue de la capitale Damas, avait fait plus de 1.400 morts selon les services de...
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