Rechercher
Rechercher

Société - Colloque

L’école catholique au Liban s’engage à renouveler le métier d’enseignant à l’ère de l’IA

L'événement, qui se tient annuellement durant la première semaine de septembre, est considéré comme la grand-messe de l’éducation.

L’école catholique au Liban s’engage à renouveler le métier d’enseignant à l’ère de l’IA

Un enseignant distribuant à ses élèves des copies lors d’un examen au Collège des Saints-Cœurs Aïn Najm, dans le Metn. Photo d’archives AFP

Comment enseigner à l’ère de l’Intelligence artificielle (IA) ? C’est l’une des questions au cœur du 32e colloque des écoles catholiques du Liban, ouvert jeudi au Collège Notre-Dame de Louaïzé, à Zouk Mosbeh, dans le Kesrouan. Pendant deux jours, responsables éducatifs, religieux et politiques doivent débattre de la place de l’IA à l’école, mais aussi de l’évolution des méthodes d’apprentissage. L’objectif affiché est de faire davantage de place à la réflexion, à l’esprit critique et à la capacité de discernement des élèves, au-delà de la seule mémorisation. Le sujet intervient alors que le secteur éducatif libanais continue de faire face aux conséquences de la crise économique et financière déclenchée en 2019, ainsi qu’aux répercussions des guerres entre Israël et le Hezbollah.

À quelques jours de la rentrée scolaire, le colloque a réuni notamment le patriarche maronite Béchara Raï, la ministre de l’Éducation Rima Karamé, le président de la commission épiscopale des écoles catholiques, Mgr Youssef Soueif, et le secrétaire général des écoles catholiques, le père Youssef Nasr. L’événement, qui se tient annuellement durant la première semaine de septembre, est considéré comme la grand-messe de l’éducation. Les écoles catholiques accueillent environ 190 000 élèves dans 337 établissements, soit 25 % des élèves du secteur privé, selon les statistiques de leur secrétariat général (SGEC-L). Au total, l’enseignement privé scolarisait environ 740 000 élèves au cours de l’année 2024-2025, soit plus de 70% des 1,034 million d’élèves du pays, selon les derniers chiffres du Centre de recherche et de développement pédagogique (CRDP).

« Nous prenons cinq engagements, a annoncé le père Youssef Nasr : intégrer l’IA dans l’éducation, développer un plan durable de formation des enseignants, adopter un mécanisme de dialogue avec les partenaires du secteur éducatif, élaborer un modèle de durabilité de l’école fondé sur les performances et renforcer la coopération entre les écoles catholiques et celles de l’Union des écoles privées, afin de partager ressources et expertises. » Le secrétaire général des écoles catholiques n’a pas manqué de tacler l’État libanais qui avait annulé les épreuves du baccalauréat libanais de 2026 pour cause de guerre, appelant les autorités à la responsabilité. « Il faut reprendre confiance dans l’examen officiel. C’est un contrat de confiance entre l’État et la population qui sert les intérêts de l’élève et qui révèle la qualité de l’enseignement », a-t-il martelé. « Il faut aussi amender la loi 515 », a-t-il ajouté, en référence à une loi obsolète remontant à 1996, fixant le cadre juridique des budgets des écoles privées.

« Les solutions d’urgence ne peuvent devenir une manière permanente de gérer l’éducation. Le défi est de nous transformer pour construire l’avenir, tout en gérant la crise », a rétorqué la ministre Rima Karamé, qui s’était opposée à l’annulation des épreuves du bac, en juin dernier. Mercredi, elle était en visite au Liban-Sud ravagé par la guerre, où elle a pu observer les destructions, et promis à tous un retour à l’école. Sa vision pour l’éducation en 7 points d’ici à 2040 associe plusieurs facteurs à la transformation numérique parmi lesquels « l’autonomisation de l’enseignant ». La ministre a toutefois estimé que « la résilience du système éducatif ne peut continuer à compter sur le sacrifice des droits et de la dignité des enseignants ». Un appel adressé à l’État qui continue d’ignorer les revendications enseignantes, du privé et du public.



Comment enseigner à l’ère de l’Intelligence artificielle (IA) ? C’est l’une des questions au cœur du 32e colloque des écoles catholiques du Liban, ouvert jeudi au Collège Notre-Dame de Louaïzé, à Zouk Mosbeh, dans le Kesrouan. Pendant deux jours, responsables éducatifs, religieux et politiques doivent débattre de la place de l’IA à l’école, mais aussi de l’évolution des méthodes d’apprentissage. L’objectif affiché est de faire davantage de place à la réflexion, à l’esprit critique et à la capacité de discernement des élèves, au-delà de la seule mémorisation. Le sujet intervient alors que le secteur éducatif libanais continue de faire face aux conséquences de la crise économique et financière déclenchée en 2019, ainsi qu’aux répercussions des guerres entre Israël et le Hezbollah.À...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut