Pistolet d’une pompe à carburant dans une station-d'essence au Liban. Photo João Sousa / L'Orient-Le Jour
Les prix des carburants ont enregistré une hausse significative cette semaine, dans un contexte marqué par la reprise mardi du blocus américain sur les ports iraniens ainsi que l'annonce par l'Iran de la « fermeture » du détroit d'Ormuz dans la foulée. Le ministère de l’Énergie a annoncé vendredi, dans sa mise à jour bihebdomadaire des tarifs, une hausse de 49,52 dollars du prix du kilolitre de mazout pour les générateurs, ainsi qu'une nouvelle série de hausses des prix des autres carburants, qui s’ajoutent à une augmentation déjà enregistrée mardi. Et ce alors que l'escalade régionale a fait grimper en flèche les prix mondiaux du pétrole et suscité des inquiétudes quant à l'inflation, y compris dans des pays éloignés du conflit.
Voici les nouveaux tarifs :
– 20 litres d’essence à 95 octanes : 2 277 000 livres libanaises, soit une augmentation de 56 000 LL depuis le dernier tarif publié la semaine dernière.
– 20 litres d’essence à 98 octanes : 2 294 000 livres libanaises, soit 55 000 LL d'augmentation par rapport à la fin de la semaine dernière.
– 20 litres de diesel (pour les véhicules) : 1 938 000 LL, soit une hausse significative de 91 000 LL par rapport à mardi, et 126 000 LL par rapport à la semaine dernière.
– Bonbonne de gaz domestique : 1 150 000 LL, soit le même prix que la semaine dernière.
– Kilolitre de mazout (utilisé pour approvisionner les générateurs électriques privés) : 996,17 dollars, soit une hausse de 49,52 dollars par rapport à mardi.
Pas de hausse des prix de l'alimentaire au Liban
La reprise des hostilités dans la région ne devrait pas toutefois avoir d'impact sur les prix des denrées alimentaires au Liban, selon le président du syndicat des importateurs Hani Bohsali. Le responsable avait déclaré jeudi que « l'impact direct de la fermeture dans le détroit d'Ormuz se limiterait à la hausse des prix du pétrole, et à l'augmentation qui en découlerait des coûts de l'énergie, du transport et des primes d'assurance », sans entraîner de « hausse des prix alimentaires au Liban ».
La majorité des importations libanaises ne transitent pas par le détroit d'Ormuz », avait-il rappelé. Concernant l'approvisionnement alimentaire, M. Bohsali a affirmé que « les denrées alimentaires et les biens de consommation resteront disponibles sur les marchés libanais », soulignant que « même durant les étapes les plus difficiles de la guerre, les marchés n'ont connu aucune pénurie de biens essentiels ». Il a souligné que « le risque est devenu un facteur fondamental dans le calcul des prix », expliquant que « la tarification ne repose pas uniquement sur les coûts réels, mais tient également compte des risques commerciaux et logistiques susceptibles d'imposer des charges supplémentaires aux importateurs ». Il a néanmoins insisté sur le fait que cela « ne justifie aucune hausse de prix arbitraire ou injustifiée qui ne reposerait pas sur une augmentation réelle des coûts ».
Les États-Unis ont effectué plusieurs frappes contre l'Iran cette semaine, provoquant des attaques iraniennes de représailles contre des intérêts américains dans le Golfe, alors que les deux camps s'affrontent autour de la route maritime stratégique du détroit d'Ormuz. Le directeur exécutif de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), Fatih Birol, a estimé que le monde « devrait s'inquiéter pour sa sécurité énergétique » si les États-Unis et l'Iran n'augmentent pas rapidement les flux de pétrole transitant par le détroit. « La sécurité pétrolière reste un enjeu crucial, a affirmé le haut responsable au cours d'un événement organisé par le Council on Foreign Relations. Nous devrions être préoccupés, et je le suis, si la situation ne s'améliore pas dans les prochaines semaines. » Malgré la forte hausse des prix de l'énergie, M. Birol a estimé que plusieurs facteurs avaient permis d'en limiter l'augmentation. Il a notamment cité les stocks stratégiques de la Chine, qui dépassaient un milliard de barils de pétrole avant le début de la guerre, les économies de pétrole réalisées grâce au recours accru aux véhicules électriques et aux transports publics, ainsi que la libération coordonnée par l'AIE de quelque 400 millions de barils de pétrole. Mais ces mesures « ne peuvent pas durer éternellement », a averti le haut responsable, qui a qualifié la guerre contre l'Iran de « pire perturbation énergétique de l'histoire ».


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