Des partisans du mouvement chiite libanais Hezbollah assistent à une cérémonie commémorative en hommage au guide suprême iranien Ali Khamenei, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 8 juillet 2026. Photo Anwar AMRO / AFP
L'Irak a placé le Hezbollah et les entités qui lui sont affiliées sur la liste des « sanctions bancaires » dans le pays, conformément aux dernières sanctions américaines à l'encontre du parti chiite, selon un document ayant fuité dans la presse libanaise et irakienne mercredi. Dans une missive signée par le Fonds irakien pour le développement extérieur, les autorités irakiennes annoncent avoir pris cette décision conformément au décret présidentiel américain 13224 révisé, une mesure antiterroriste datant de 2001. Fait notoire, cette décision intervient au lendemain de la visite du Premier ministre irakien Ali Zaïdi à Washington, où il s'est entretenu avec le président Donald Trump. Celui-ci avait évoqué les sanctions contre le Hezbollah devant la presse au cours de cet entretien.
Le document irakien est adressé aux ministères, banques, agences et entreprises affiliés au ministère des Affaires étrangères, suite aux décisions des 18 et 22 juin 2026 de l’Office de contrôle des avoirs étrangers (OFAC), l’agence du département du Trésor américain chargée des sanctions financières. « L'OFAC avait annoncé des sanctions contre trois personnes et six entités en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique de l'Ouest, pour avoir facilité des transferts financiers de Daech (acronyme arabe de l'État islamique). Il a également imposé des sanctions à plusieurs personnes et entités liées au Hezbollah, afin de continuer à viser les réseaux de financement et de soutien logistique du parti », expliquent les autorités irakiennes.
Bagdad se réfère à la dernière salve de sanctions annoncées en juin contre le chef du courant des Marada Sleiman Frangié, ainsi que le vice-président du bureau politique du Hezbollah, Mahmoud Comati. Dans la foulée, des sanctions avaient également été annoncées contre Waël Constantine, un individu établi entre Bagdad et Beyrouth. L'OFAC avait accusé Sleiman Frangié d'avoir « utilisé son alliance stratégique avec le Hezbollah pour servir ses propres ambitions politiques ». Il est désigné « pour avoir fourni, directement ou indirectement, une assistance matérielle, parrainé ou fourni un soutien financier, matériel ou technologique, ou des biens et services au ou en soutien au Hezbollah ».
Concernant Mahmoud Comati, le Trésor américain avait indiqué qu'il « coordonne la contrebande d’argent liquide en provenance d’Iran pour le Hezbollah et défend les intérêts du Hezbollah au Liban ». Il est désigné « pour avoir agi ou prétendu agir au nom du Hezbollah, directement ou indirectement », est-il souligné. Plusieurs sociétés rattachées au parti pro-iranien avaient également été visées par ces sanctions. L'Irak est une source importante de revenus pour le Hezbollah, notamment après la chute du régime de Bachar el-Assad en Syrie. Cette décision pourrait donc impacter ses rentrées.
Début décembre 2025, le Comité irakien pour le gel des avoirs terroristes était vite revenu sur une décision qui avait placé le Hezbollah et les houthis du Yémen – aux côtés de 24 autres entités – sur la liste des organisations terroristes, ordonnant le gel de leurs avoirs financiers conformément aux exigences du Conseil de sécurité des Nations unies (ONU).


