Les discussions précéderont la visite du président Joseph Aoun à Washington, attendue plus tard ce mois-ci à l'invitation de Donald Trump.
Les pourparlers libano-israéliens, tenus mardi et mercredi à Rome, se sont achevés en début d'après-midi après des discussions sur plusieurs dossiers en suspens entre les deux parties, notamment ceux relatifs aux zones pilotes qui devraient être remises à l'armée libanaise. Le président Joseph Aoun, qui s'apprête à rencontrer le président américain Donald Trump le 21 juin à Washington, a insisté à dire pour sa part que « la formule de l'accord-cadre » conclu le 26 juin avec Israël est « la meilleure possible et commence à porter ses fruits », estimant que « Washington est désormais à l'écoute du Liban ».
« Nos objectifs sont clairs et nous ne transigerons pas sur les droits du Liban », a martelé le chef de l’État devant une délégation du Rassemblement orthodoxe. Israël s'est dit prêt mardi à avancer dans le projet de retrait de ses troupes de « deux zones pilotes » du Liban-Sud au profit de l'armée libanaise. Si Beyrouth insiste sur le retrait des troupes israéliennes du Sud, Tel-Aviv réclame d’abord le désarmement du Hezbollah et insiste pour que les premières « zones pilotes » où l’armée libanaise doit se déployer, selon les termes de l’accord-cadre, soient des localités où l’armée israélienne n’est même pas présente.
Concernant la polarisation interne, M. Aoun a souligné que « le droit à la divergence est légitime, mais pas le conflit », appelant à un dialogue entre les Libanais « sous le signe de l'intérêt national et non des intérêts personnels ». Le Hezbollah, ses alliés et plusieurs partis et mouvements politiques critiquent l'accord avec Israël et la question des « zones pilotes ». Le président a estimé que « la haine ne construit ni un État ni des institutions, mais les détruit », invitant les Libanais à « choisir ce qui sauvera leur pays et le protégera des convoitises extérieures ». Reconnaissant que « le chemin n'est pas sans difficultés », il a néanmoins affirmé qu'il gardait « un grand espoir de parvenir à des résultats qui mettront fin au bain de sang ».
Tirs et dynamitages au Liban-Sud
Sur le terrain, les forces israéliennes accroissent ces derniers jours la pression au Liban-Sud, parallèlement aux discussions de Rome avec la poursuite des frappes et des opérations de dynamitage systématique des villages frontaliers.
Des tirs de mitrailleuse ont ainsi atteint mercredi Zaoutar el-Gharbiyé dans le caza de Nabatiyé, une des régions qui devraient faire partie des « zones pilotes », tandis que des troupes israéliennes ont avancé vers les abords de Haddatha, en direction de Haris, dans le caza de Bint Jbeil, rapporte notre correspondant au Liban-Sud, Mountasser Abdallah. Des tirs d'artillerie ont par ailleurs touché Houla (Marjeyoun), tandis qu'un dynamitage israélien a été rapporté à la périphérie de Kounine (Bint Jbeil). Un drone a en outre lancé une grenade sonore sur l'autoroute de Kfar Remmane (Nabatiyé).
Dans un communiqué publié mercredi, la municipalité de Froun, également évoquée parmi les « zones pilotes », a réaffirmé son « rejet total, ainsi que celui des habitants de la localité » de ce projet, affirmant qu'il « sert les intérêts de l'ennemi en prolongeant sa présence sur le sol libanais et en semant la discorde entre l'armée et le peuple ». La municipalité a par ailleurs réaffirmé son soutien aux prises de positions du tandem chiite.
L'armée israélienne a aussi poursuivi ses opérations au Liban-Sud dans la nuit de mardi à mercredi, multipliant les dynamitages dans plusieurs villages frontaliers. Vers 22h30, les forces occupantes ont fait sauter des habitations à Haddatha (caza de Bint Jbeil), avant de nouvelles opérations similaires visant des maisons à Beit Yahoun et dans la ville de Bint Jbeil. Un important dynamitage a également été signalé aux abords de Qantara (Marjeyoun) vers 6 heures, et son souffle a été entendu dans plusieurs villages voisins, tandis que, plus à l'Est, des maisons ont été détruites à l'explosif à Khiam. Dans le même temps, des tirs de mitrailleuses ont atteint des quartiers résidentiels situés près de Zaoutar el-Gharbiyé et de Mayfadoun dans le caza de Nabatiyé, tandis que des drones israéliens ont survolé plusieurs secteurs du Sud.


Ainsi, des sudistes préfigureraient voir leur village occupé par le Hezbollah, et donc, servir de cible aux missiles israéliens, plutôt qu'être libérés par l'armée libanaise? Un tel masochosme laisse pantois!
07 h 17, le 16 juillet 2026