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Politique - Sanctions

Plusieurs « infrastructures-clés » du Hezbollah ciblées par les États-Unis et les pays du Golfe

« Ces mesures coordonnées soulignent la volonté perturber la capacité du Hezbollah à exploiter le système financier international », écrit le Centre de lutte contre le financement du terrorisme.

Plusieurs « infrastructures-clés » du Hezbollah ciblées par les États-Unis et les pays du Golfe

Des fidèles chiites tiennent des pancartes avec des images de plusieurs figures de la République islamique d’Iran et du Hezbollah, alors qu’ils commémorent Achoura, le jour le plus sacré du calendrier musulman chiite, dans la banlieue sud de Beyrouth, au Liban, le 26 juin 2026. REUTERS/Mohamed Azakir

Les États membres du Centre de lutte contre le financement du terrorisme (Terrorist Financing Targeting Center, TFTC) ont annoncé mardi une série de sanctions visant plusieurs « infrastructures-clés du Hezbollah ».

Cinq entités et seize personnes sont concernées, dont les principales institutions du Hezbollah, al-Qard al-Hassan (organisme de microcrédit) et Bayt al-Mal, que Washington considère comme la « trésorerie officieuse » du parti chiite, ainsi que leurs principaux dirigeants.

« Le TFTC mène des actions conjointes, notamment des désignations au titre des sanctions, échange des informations exploitables sur les réseaux de financement du terrorisme et renforce les capacités de ses États membres à lutter contre les réseaux terroristes qui menacent la sécurité et la stabilité. Les réseaux visés aujourd'hui par le Centre représentent une menace pour la stabilité régionale, la sécurité internationale, les intérêts communs et le commerce mondial », rapporte le communiqué qui a été publié.

« Ces mesures coordonnées soulignent l’engagement commun des membres du TFTC à perturber la capacité du Hezbollah à exploiter le système financier international. Toutes les personnes et entités visées aujourd’hui avaient déjà été désignées par les États-Unis », ont indiqué les membres du Centre, fondé en 2017 et regroupant les États-Unis et les six pays du Conseil de coopération du Golfe : Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Bahreïn, Oman, Qatar et Koweït.

Le TFTC précise que ces cibles avaient déjà été inscrites sur les listes américaines de sanctions, notamment par l’Office de contrôle des avoirs étrangers (OFAC), l’agence du département du Trésor américain chargée des sanctions financières. Cela ne signifie pas automatiquement que l’ensemble des pays membres ont adopté individuellement les mêmes sanctions, mais que ces désignations sont alignées politiquement et coordonnées avec les sanctions américaines.

Cette mesure intervient alors que l’Iran et les États-Unis sont sur le point de reprendre des discussions afin de tenter de transformer le protocole d’accord conclu à la mi-juin en un accord formel et durable de cessation des hostilités. Le Hezbollah, comme son allié chiite Amal, rejettent quant à eux l’accord-cadre signé la semaine dernière entre Israël et les autorités libanaises, qui conditionne le retrait israélien des territoires occupés au Liban-Sud au désarmement du parti chiite par l’État libanais.

La liste des entités et des personnes visées

Outre al-Qard al-Hassan (sanctionnée depuis le 24 juillet 2007) et Bayt al-Mal (depuis le 7 septembre 2006), la liste des entités comprend :

  • The Auditors for Accounting and Auditing, qui fournit des services financiers à l’unité financière centrale du Hezbollah (sanctionnée depuis le 1er décembre 2022) ;
  • Tashilat SARL, qui fournissait des prêts au nom du Hezbollah et constituait un élément central des opérations d’al-Qard al-Hassan et de Bayt al-Mal (depuis le 3 juillet 2025) ;
  • Et enfin al-Khobara for Accounting, Auditing, and Studies, détenue, contrôlée et/ou dirigée par Adel Mansour et située dans les locaux d’al-Qard al-Hassan, qui fournit des « services comptables » (depuis le 1er décembre 2022).


La liste des personnes sanctionnées inclut :

  • Ibrahim Ali Daher, décrit comme « le chef de l’unité financière centrale du Hezbollah qui supervise le budget global et les dépenses du groupe », est sanctionné depuis le 11 mai 2021 par l’OFAC. Il co-dirigeait également The Auditors for Accounting and Auditing.
  • Adel Mohammad Mansour, « directeur exécutif d’al-Qard al-Hassan », est sanctionné depuis le 1er décembre 2022. Le TFTC l’accuse d’avoir « utilisé ses comptes bancaires personnels pour effectuer des transactions avec diverses institutions du Hezbollah ».
  • Ahmad Mohammad Yazbeck, directeur financier d’al-Qard al-Hassan, est sanctionné par Washington depuis le 11 mai 2021.
  • Samer Hassan Fawaz, responsable de la division administrative d’al-Qard al-Hassan, est sous sanctions depuis le 3 juillet 2025.
  • Ali Mohamad Karnib, cadre supérieur d’al-Qard al-Hassan et responsable du département des achats, est sanctionné depuis le 3 juillet 2025. « En juillet 2024, il supervisait l’achat de plus de 1 000 onces d’or pour le compte d’al-Qard al-Hassan », précise le TFTC.
  • Abbas Hassan Gharib, responsable informatique d’al-Qard al-Hassan, est visé par l’OFAC depuis le 11 mai 2021. Il aurait contribué, avec Ahmad Mohammad Yazbeck, Hassan Chehadé Osman, Ezzat Youssef Akar et Moustapha Habib Harb (tous inscrits sur la liste de l’OFAC depuis le 11 mai 2021), à « maintenir des comptes bancaires communs dans des banques libanaises, y compris la Jammal Trust Bank (JTB) », sanctionnée par les États-Unis en 2019 et fermée depuis, et à « transférer plus de 500 millions de dollars vers le système financier formel au cours de la dernière décennie ».
  • Nehmé Ahmad Jamil, « haut responsable d’al-Qard al-Hassan et chef des départements d’audit et des affaires de l’organisation », est inscrit sur la liste de l’OFAC depuis le 1er décembre 2022.
  • Issa Hussein Kassir, autre « haut responsable » de l’organisme chargé de superviser le département d’approvisionnement en équipements, ainsi que les activités d’achats et de logistique, est accusé d’avoir « ouvert des comptes bancaires dans le système financier formel afin de mener des activités commerciales pour le compte de l’AQAH ». Il aurait transféré près d’un million de dollars à Yazbeck, Gharib et Osman entre 2007 et 2019. Il est sanctionné par les États-Unis depuis le 3 juillet 2025.
  • Ali Ahmad Krisht, ancien « directeur de la branche d’al-Qard al-Hassan à Tyr », est accusé d’avoir « détenu au moins trois comptes bancaires au nom du Hezbollah ». Il est sanctionné par Washington depuis le 3 juillet 2025.
  • Nasser Hassan Neser, qui a dirigé la société Auditors for Accounting and Auditing aux côtés d’Ibrahim Daher, est sanctionné par l’OFAC depuis le 1er décembre 2022.
  • Wahid Mahmoud Subayti est un responsable d’al-Qard al-Hassan qui serait impliqué dans des transactions via des « comptes clandestins » au nom du Hezbollah et qui aurait participé à la gestion de comptes bancaires ouverts à son nom avec d’autres responsables de Bayt al-Mal ». Il est sanctionné par l'OFAC depuis le 11 mai 2021.
  • Imad Mohammad Bezz, responsable du département d’évaluation et de stockage d’al-Qard al-Hassan, supervise les opérations liées à l’or. Il est sous sanctions US depuis le 3 juillet 2025.
  • Mohammed Suleiman Badr a été directeur adjoint d’al-Qard al-Hassan sous Wahid Mahmoud Subayti dans la branche de Nabatiyé Il a aussi été sanctionné le 3 juillet 2025, pour avoir agi, directement ou indirectement, pour le compte de l’AQAH.


Les États membres du Centre de lutte contre le financement du terrorisme (Terrorist Financing Targeting Center, TFTC) ont annoncé mardi une série de sanctions visant plusieurs « infrastructures-clés du Hezbollah ».Cinq entités et seize personnes sont concernées, dont les principales institutions du Hezbollah, al-Qard al-Hassan (organisme de microcrédit) et Bayt al-Mal, que Washington considère comme la « trésorerie officieuse » du parti chiite, ainsi que leurs principaux dirigeants.« Le TFTC mène des actions conjointes, notamment des désignations au titre des sanctions, échange des informations exploitables sur les réseaux de financement du terrorisme et renforce les capacités de ses États membres à lutter contre les réseaux terroristes qui menacent la sécurité et la stabilité. Les réseaux visés aujourd'hui...
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