Des soldtas de l’armée syrienne à Hamidiya, dans la province de Quneitra, dans le sud du pays, le 26 juillet 2018. AFP/SANA
Damas a annoncé mercredi l'arrestation d'un ex-officier, spécialiste des armes chimiques, accusé d'avoir supervisé la fabrication de bombes au gaz sarin utilisées contre des civils sous le président déchu Bachar el-Assad.
Depuis leur arrivée au pouvoir en 2024, les nouvelles autorités islamistes ont procédé à plusieurs arrestations d'anciens responsables et entamé des procès pour leurs crimes.
Le ministère de l'Intérieur a annoncé dans un communiqué avoir « arrêté le colonel Ahmad Habib Ali, spécialiste des armes chimiques ».
Il a « occupé le poste de directeur du Centre d'études et de recherches scientifiques et était responsable des entrepôts de gaz sarin et de la production chimique au sein de l’unité (417) », l'une des principales unités de stockage et conservation de l'arme chimique près de Damas, a indiqué le texte.
Selon le ministère, il est « l'un des officiers qui ont supervisé la fabrication d'environ 20 bombes chargées de gaz sarin, pesant chacune 250 kilogrammes, ayant été utilisées dans des attaques contre des villes et villages syriens en 2013 et 2017 ».
Au cours de cette période, les forces de Bachar el-Assad ont plusieurs fois été accusées d'avoir mené des attaques à l'arme chimique. La plus dévastatrice fut dans la Ghouta orientale, en banlieue de Damas, le 21 août 2013. Elle a coûté la vie à 1.429 personnes, selon Washington et des organisations de droits de l'Homme.
Par la suite, la Syrie avait rejoint l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), et accepté de révéler et de remettre ses stocks de produits toxiques en vue de leur destruction sous la pression de la Russie et des Etats-Unis, qui avaient menacé de frappes aériennes.
Entre 2014 et 2017, des experts de l'OIAC et de l'ONU ont affirmé que le régime Assad a mené quatre attaques au gaz sarin, agent neurotoxique, et au chlore gazeux contre des localités relevant de factions de l'opposition dans le nord et le nord ouest du pays.
Cette arrestation survient moins d'une semaine après l'annonce par l'OIAC de la restauration du droit de vote de la Syrie, qu'elle lui avait retiré en 2021 après avoir constaté l'usage du sarin et du chlore contre sa propre population.
Depuis la chute du régime d’Assad, Damas a annoncé l'arrestation de dizaines de personnes liées à l’ancien pouvoir. Une première audience du procès du président déchu et de figures clés de son entourage s'est tenue le 26 avril devant un tribunal, en présence d'un seul accusé.

