Des partisans du mouvement chiite libanais Hezbollah assistent à une cérémonie commémorative en hommage au guide suprême iranien Ali Khamenei, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 8 juillet 2026. Photo Anwar AMRO / AFP
Les autorités libanaises ont arrêté un proche du Hezbollah soupçonné d'espionnage au profit d'Israël, a indiqué mardi à l'AFP un responsable judiciaire.
« Un agent de premier plan au service d'Israël a été arrêté à Beyrouth », a déclaré ce responsable sous couvert d'anonymat. Il est accusé d'avoir transmis « des informations détaillées à Israël ayant conduit à l'assassinat de cadres du Hezbollah, dont quatre hauts responsables sécuritaires ».
Le suspect était « très proche de responsables du Hezbollah », ce qui lui permettait d'avoir accès à « un vaste éventail d'informations », selon cette source.
Il a été arrêté la semaine dernière à l'aéroport de Beyrouth, alors qu'il s'apprêtait à se rendre en Irak, puis déféré devant le tribunal militaire où il doit être jugé, a ajouté le responsable judiciaire.
Originaire du sud du Liban, il est marié à une Irakienne et faisait régulièrement la navette entre le Liban et l'Irak, avant de se rendre en Turquie « pour rencontrer des officiers et des agents liés au Mossad israélien », d'après la même source.
Il leur « fournissait des informations sur des cibles potentielles dont il collectait des données à Beyrouth, avant qu'elles ne soient ensuite attaquées », a ajouté le responsable, sans préciser l'identité des responsables du Hezbollah visés ni la date de leur assassinat.
Israël a mené des opérations ciblées au Liban contre le Hezbollah depuis que le mouvement chiite a ouvert un front en soutien au Hamas en octobre 2023, puis le 2 mars en soutien à l'Iran. Ces opérations ont conduit à l'assassinat des principaux responsables du Hezbollah, dont son chef Hassan Nasrallah en septembre 2024, ainsi qu'à la destruction d'une grande partie de son arsenal.
En octobre 2025, un responsable judiciaire avait indiqué à l'AFP que les autorités libanaises avaient arrêté, au cours des mois précédents, 32 personnes reconnues coupables ou soupçonnées d'avoir transmis à Israël des informations sur des dirigeants du Hezbollah. Au Liban, officiellement en état de guerre avec Israël, toute prise de contact avec le pays voisin est passible d'emprisonnement.
Au cours des années précédant les deux dernières guerres, des dizaines de personnes avaient été arrêtées et jugées pour collaboration avec Israël, dont plusieurs recrutées sur internet après la crise économique de 2019. Certaines ont été condamnées à des peines allant jusqu'à 25 ans de prison.


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