Le pianiste, compositeur et musicologue libanais Elia Koussa lors de son récital à Beit Tabaris, consacré à cinq siècles de musique pour clavier. Photo Beit Tabaris
Le pianiste, compositeur et musicologue libanais, Elia Koussa, a donné un récital de piano le 7 juillet à Beit Tabaris avec des œuvres de Scarlatti, Gibbons, Debussy, Rameau et Chopin.
Il existe des programmes qui ne cherchent ni l'effet spectaculaire ni la démonstration de virtuosité. Ils invitent simplement à écouter, à respirer et à voyager à travers quelques siècles de musique. Tel était l'esprit de ce petit récital.
Les sonates de Scarlatti ouvrent la soirée avec leur fraîcheur, leur vivacité et leur élégance. Sous leur dimension modeste se cache un art raffiné où chaque note semble danser avec naturel.
C'est à Glenn Gould que l'on doit la redécouverte d'Orlando Gibbons, dont les pages rares nous transportent dans l'Angleterre de la Renaissance. Leur écriture limpide, presque austère, révèle une poésie intérieure qui touche par sa simplicité. Avec Claude Debussy, le paysage change. Les harmonies deviennent des couleurs, les sonorités évoquent la lumière, l'eau ou le vent. La musique suggère des impressions fugitives qui disparaissent comme elles sont nées.
L'oreille n'écoute plus seulement les notes, elle contemple les paysages. La présence de Rameau renforce encore la cohérence du programme. Gibbons représente les origines de l'art du clavier anglais, Scarlatti et Rameau en incarnent les deux grands sommets à l'époque baroque. Debussy, lui, ouvre la voie à la modernité. Enfin, le récital s'achève avec la Quatrième Ballade de Chopin, apogée du romantisme. Un récital qui est donc tout le contraire d'un divertissement anodin mais bien une leçon d'histoire de la musique.


