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Politique - Diplomatie

L’ONU confie provisoirement le dossier libanais au vétéran de la médiation Jean Arnault

Si sa nomination est provisoire, le profil du remplaçant de Jeanine Hennis-Plasschaert lui confère une portée politique bien plus importante qu’un simple intérim.

L’ONU confie provisoirement le dossier libanais au vétéran de la médiation Jean Arnault

Le diplomate français Jean Arnault, Photo d'archives / AFP

Le diplomate français Jean Arnault prendra à partir du 1er juillet la direction par intérim du bureau du coordonnateur spécial des Nations unies pour le Liban, après le départ de la diplomate Jeanine Hennis-Plasschaert. Derrière cette nomination provisoire, le choix d’un négociateur chevronné traduit la volonté d’Antonio Guterres de préserver une présence politique forte au Liban, au moment où la mise en œuvre de la résolution 1701 et la stabilité régionale demeurent particulièrement fragiles.

Les Nations unies ont choisi de confier temporairement le dossier libanais à l’un de leurs diplomates les plus expérimentés. L’annonce a été faite vendredi par le porte-parole du secrétaire général, Stéphane Dujarric, au cours de son point de presse quotidien au siège de l’ONU. « Jean Arnault se rendra au Liban dans les prochains jours pour servir comme officer-in-charge du bureau de la coordonnatrice spéciale », a indiqué le porte-parole, précisant qu’Antonio Guterres exprimait également sa gratitude à Mme Hennis-Plasschaert « pour son engagement et les services rendus » durant son mandat, marqué par la guerre entre le Hezbollah et Israël.

Aucune annonce n’a en revanche été faite concernant la désignation d’un nouveau coordonnateur spécial permanent. Cette absence de décision confirme le caractère transitoire de la mission confiée à Jean Arnault, appelé à assurer la continuité de la représentation politique des Nations unies à Beyrouth.

Le choix d’un négociateur de premier plan

Si sa nomination est provisoire, le profil de Jean Arnault lui confère une portée politique bien plus importante qu’un simple intérim. À 75 ans, le diplomate français appartient au cercle restreint des médiateurs auxquels les Nations unies confient les crises les plus complexes. Depuis près de quarante ans, il intervient sur les principaux théâtres de négociation de l’organisation, où il s’est imposé comme l’un des artisans les plus respectés de la diplomatie préventive. Il fut l’un des principaux médiateurs des négociations ayant conduit aux accords de paix mettant fin à plus de trois décennies de guerre civile au Guatemala, avant de diriger la mission chargée d’en vérifier l’application. Il a ensuite exercé les fonctions de représentant spécial du secrétaire général au Burundi, en Afghanistan et en Géorgie, avant d’être appelé à jouer un rôle déterminant dans le processus de paix colombien. Entre 2015 et 2018, il a dirigé la Mission de vérification de l’ONU chargée de superviser l’application de l’accord historique conclu entre le gouvernement colombien et les FARC. Au cours des dernières années, Antonio Guterres lui a également confié plusieurs missions particulièrement sensibles en tant qu’envoyé personnel pour la Bolivie, puis pour l’Afghanistan et les questions régionales.

En mars dernier, le secrétaire général l’avait une nouvelle fois choisi comme envoyé personnel pour le conflit au Moyen-Orient afin de soutenir les efforts diplomatiques des Nations unies face à l’escalade régionale. Une nouvelle marque de confiance envers un diplomate régulièrement sollicité lorsque les négociations entrent dans leur phase la plus délicate.

Diplômé en philosophie de l’Université Paris-I Panthéon-Sorbonne et ancien enseignant à Sciences Po Paris, où il dispensait des cours sur la médiation et la résolution des conflits, Jean Arnault maîtrise le français, l’anglais, l’espagnol et le russe.

Au sein des Nations unies, il est reconnu pour sa discrétion, sa capacité d’écoute et sa maîtrise des négociations impliquant des acteurs aux intérêts profondément divergents. Son approche privilégie le dialogue patient, la recherche de compromis et la construction progressive de la confiance entre les parties.

Un moment charnière pour le Liban

Son arrivée à Beyrouth intervient dans un contexte particulièrement sensible. L’ONU demeure fortement mobilisée pour consolider le cessez-le-feu, accompagner la mise en œuvre de la résolution 1701 du Conseil de sécurité et soutenir le renforcement des institutions de l’État libanais. Dans le même temps, les discussions sur l’avenir de la présence onusienne au Liban, notamment celui de la Finul après l’échéance de son mandat actuel, prennent une importance croissante.


Le diplomate français Jean Arnault prendra à partir du 1er juillet la direction par intérim du bureau du coordonnateur spécial des Nations unies pour le Liban, après le départ de la diplomate Jeanine Hennis-Plasschaert. Derrière cette nomination provisoire, le choix d’un négociateur chevronné traduit la volonté d’Antonio Guterres de préserver une présence politique forte au Liban, au moment où la mise en œuvre de la résolution 1701 et la stabilité régionale demeurent particulièrement fragiles.Les Nations unies ont choisi de confier temporairement le dossier libanais à l’un de leurs diplomates les plus expérimentés. L’annonce a été faite vendredi par le porte-parole du secrétaire général, Stéphane Dujarric, au cours de son point de presse quotidien au siège de l’ONU. « Jean Arnault se rendra au Liban...
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